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 Rendez-vous

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La boule de poils sadique.

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Personnages: Harmonie des Enfers ♀ Guérisseuse de l'Ombre • Serres d'Aigle ♂ Solitaire
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MessageSujet: Rendez-vous   Sam 11 Mai - 11:34

« Chacun a en lui son petit monstre à nourrir. »
Madeleine Ferron



La belle guérisseuse le savait. Elle avait fait une énorme bêtise. Cela faisait à présent une lune qu'elle le sentait. Ou plutôt les sentait. Des coups de pattes, des petits œufs qui avaient pris racine et commençaient à grandir en elle... des chatons. Oui, elle allait être mère, à moins que quelque chose ne modifie le cours des choses. Dans un sens, la minette bicolore tenait à ce qu'ils pourrissent de l'intérieur, l'emportant avec eux s'il le fallait. Mais elle ne pourrait le cacher à son Clan, non. Ils le découvriraient tôt ou tard. Pour l'instant son ventre n'avait pas trop gonflé et son épais pelage masquait l'affaire. De plus, cela faisait un petit moment qu'elle l'avait compris, avec horreur toute fois. Alors pour tenter de cacher la vérité elle avait mangé comme jamais. Mais de toute façon, ça n'allait pas dans son ventre mais dans les leurs, et ils grandissaient vite. Bientôt ils prendraient tant de place qu'elle serait grosse comme un ballon et on lui poserait des questions sur cette étrange... obésité soudaine ? Non, ils n'étaient pas cons. Chiants, mais pas cons. Alors ils comprendraient. Et à ce moment là elle dirait quoi ? Qu'elle ne savait pas d'où venaient ces chatons ? Genre... elle, se faire piéger ? Enfin... il fallait qu'elle voie Discorde pour discuter de tout ça avec lui. Après tout, il était le père, c'est lui qui avait engrossé, qui l'avait foutu dans cette merde. Alors il allait prendre ses responsabilités de paternel. Non pas qu'elle ne l'aime pas, elle l'aimait ça oui... mais elle était dans une mauvaise posture, avec cette maudite Assemblée qui arrivait. La guérisseuse se sentait de plus en plus mal, de plus en plus ballonnée.
Elle rit. Il avait fait son affaire avec celle qui l'avait traité de serpillière et lui avait foutu un point. Mais elle l'aimait, et ils avaient rendez-vous. Il ne savait pas. En tout cas elle ne pensait pas. Il allait être père... enfin père. Père de bébés qui vont crever dès leur naissance, joyeux la famille.

Non, elle ne pouvait pas les garder, c'était leur vie ou la sienne ! Alors il fallait faire un choix. Elle était unique, ils ne devaient pas vivre. Néanmoins ce choix déchirait le coeur de la belle chatte bicolore. Elle repensait à sa mère, Mélopée des Cieux qui était morte pour sauver ses petits à naître. Allait-elle subir le même sort ? Personne n'était au courant... sauf elle, et peut-être sa mère de là où elle était. Enfin, elle doutait que le Clan des Etoiles approuve cet acte qu'elle avait délibérément commis, en connaissance de cause. Elle voulait juste enfreindre ce maudit code et elle se retrouvait avec des rejetons dans le ventre. Des petits monstres qui une fois dehors réveilleraient une fois de plus son amour enfoui au fond d'elle. Elle ne pouvait courir ce risque. Elle devait les tuer rapidement.
Rageuse, elle grogna et avala un morceau avant de partir en courant. Ça lui faisait un peu mal, mais qu'importe, si ça se trouve le beau solitaire noir l'attendait déjà, près de l'arbre brûlé qu'ils avaient élu comme point de rendez-vous secret. Ils en avaient parlé une lune plus tôt et tous deux avaient décidé qu'ils se reverraient plus tard. Une lune après, elle était pleine. Ironie du sort ? Ou simple hasard. Quoi qu'il en soit elle était dans de beaux draps maintenant.

Elle courait dans la pinède, ne savourant même pas les odeurs de pins. Le printemps était là, mais elle n'était pas heureuse, non. Elle était presque malheureuse. Bientôt, dans une lune encore elle allait commettre un meurtre. Quatre pour le prix d'un. Elle le sentait. Il y en avait quatre. Les larmes coulaient sur ses joues blanches à l'idée de faire cela. Elle les aimait déjà... mais elle n'avait pas le droit de les garder ! Elle pouvait encore les confier à sa soeur, Flèche d'Argent, mais elle n'avait même pas de compagnon. Leur supercherie tomberait à l'eau et les deux seraient punies. Encore fallait-il que la chatte blanche soit d'accord. Naturellement, la guérisseuse savait que si elle lui en faisait part, sa couverture d'insensible serait détruite et sa petite soeur saurait alors qu'elle avait un coeur, et en plus elle se ferait enguirlander par sa cadette. Non, elle devait trouver un moyen de faire tout ça discrètement.
Discorde aurait forcément une solution, n'est-ce pas ? Après tout, les solitaires ont l'habitude de se vautrer dans de beaux draps, alors il saurait quoi faire !

L'arbre brûlé apparut, toujours aussi calciné. Il n'avait pas changé en une lune. Pas plus qu'en trois ans ou quatre. Il était mort, point à la ligne. Cependant, des herbes médicinales poussaient encore près de son tronc. La terre était fertile et l'air pur. La belle s'assit près de l'arbre et ferma les yeux. Il fallait qu'elle se calme. En plus le félin noir n'était pas encore arrivé. Harmonie devait penser à quelque chose de beau, sinon elle y laisserait sa peau, stressée comme elle était. Jamais elle n'avait eut un coup de retard sur la vie, elle en avait toujours deux d'avance.
Son souffle rapide se détendit et redevint doucement régulier. Son flanc qui se levait et se rabaissait à la vitesse de deux fois par seconde au moins avait lui aussi un rythme plus calme.
Son esprit divaguait dans des endroits qu'elle avait vu autrefois. La rivière du Clan des poiscailles comme elle les appelait. Le doux clapotis de l'eau sur la berge, le vent qui souffle dans les arbres à proximité et emporte les fleurs roses des cerisiers pour qu'elles viennent s'échouer dans le cours d'eau. Emportées au loin, elles donnent une couleur douce à cet endroit si pur. Les feuilles vertes des arbres les rejoignaient pour le plus bel effet, et une chatte bicolore lapait doucement l'eau fraîche, pure et cristalline. Gambadant dans l'herbe elle était heureuse.

Cette vision apaisa grandement la guérisseuse qui souffla de soulagement. Il s'en était fallu de peu pour qu'elle perde les pédales.
Soudain, une forte douleur la prit au bas ventre, l'obligeant à pousser un miaulement strident à fendre le coeur. Elle se sentait de nouveaux mal, à croire que ces petits cherchaient à la rendre malade.
Elle se leva et marcha afin de faire partir la douleur, mais c'eut l'effet inverse. Elle s'effondra au milieu de la clairière en appelant un nom, un seul. Celui qu'elle était sûre qu'il l'entendrait et qu'il l'aiderait :

- Discorde !!

Allongée sur le flanc, elle attendit, la respiration saccadée. Elle priait pour qu'il l'ait entendue et qu'il vienne au plus vite. Les yeux dans le vide, elle vit une forme noire s'approcher d'elle. Sauvée...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous   Sam 11 Mai - 18:39




« Fais moi vivre l'Enfer car tu es la seule à me mener au Paradis. »


Discorde. Huit lettres qui assemblées dans le bon ordre donnent un nom. Un nom qui offre une identité à un solitaire, chat fuyant humains comme chats de clan. Mais Discorde c'était aussi un coeur, enfouis sous les ronces de la solitude, mangé par les termites du désespoir, envahi par la neige de la haine et de la souffrance. Mais un coeur bien vivant, qui battait la chamade dès que son esprit lui envoyait l'image d'une certaine minette bicolore. Discorde c'était aussi toute une histoire, triste ou joyeuse, une histoire qui, fil rouge de la vie, continuait son court : Tantôt long fleuve tranquille, tantôt rivière déchaînée. Mais Discorde c'était aussi un futur père, qui n'en avait pas encore conscience, mais un père qui aimerait ses descendants avant même de les voir en chaire et en os. Mais ce que ce même père ne savait guère, ce sont les plans de celle qui avait réussit à réchauffer ce coeur perdu.

Le solitaire n'avait donc aucune idée de ce qui se tramait pendant la lune où il ne vit pas sa belle. Une lune entière... Autant vous dire qu’il comptait les nuits. Chaque jour il chassait pour deux, et chaque jour la moitié de sa chasse restait de coté parce qu'il n'avait personne avec qui partager. Corbeaux, renards et autres charognards ne s'étaient pas gênés et le noiraud regardait ces animaux dévorer les fruits d'une chasse qui ne leur était pas destinée. Discorde avait mit du temps à se rendre à l'évidence : Harmonie des Enfers lui manquait. Harmonie des Enfers était partout dans ses pensées, ses nuits, ses rêves éveillés. Il avait finit par l'aimer. Etait-ce réellement un crime que d'aimer celle qui avait percer sa carapace ? Etait-ce seulement un crime d'avoir des sentiments, d'avoir quelque part au fond de lui une part d'humanité...

Pendant plusieurs semaines il avait beaucoup réfléchi, longuement, intensément. Et il avait finalement comprit que quoi qu'il fasse il aurait toujours la guérisseuse dans le coeur et dans la peau. Le mâle avait donc dut se battre contre lui-même pendant longtemps : Aller au rendez-vous et tout lui avouer ? Ou l'abandonner et souffrir d'un amour inavoué... Il n'en savait rien, et il devait bien dire, il avait affreusement peur qu'elle ne lui pose un lapin, sans mauvais jeux de mots. Il avait peur que tout ceci ne soit qu'une histoire d'une fois qui aurait réveillé des sentiments qui n'avaient pas lieu d'être. Et pour la première fois de sa vie, le solitaire connu la peur de perdre quelqu'un. Pour la première fois de sa vie, il se rendit compte que quelqu'un possédait une part de lui entre ses pattes, une part si importante que sans cette même personne il se sentait incomplet, vide...

La veille du rendez-vous, le mâle était parti chasser dans les environs de l'arbre brûlé, comme pour repérer les environs, pour chercher quelque part, sur une herbe, contre une pierre, une odeur, un poil de la guérisseuse. Plusieurs fois il dut s'enfuir pour ne pas être repéré par des patrouilles, et ces chats qui se promènent en bande l'énervèrent plus qu'à l'accoutumée. Il se sentait... Lion en cage, tigre piégé dans un espace restreint, Roméo sans sa Juliette, poisson sans eau. Il voulait seulement sentir son odeur, la voir une dernière fois juste au cas ou, juste au cas ou elle ne viendrait pas le lendemain. Plusieurs fois une partie de lui-même se trouvait idiot, comme si tous les sentiments et toutes les pensées qui l'agitaient étaient contraires à tout ce qu'il était. Alors il abandonna sa quête avec comme seul espoir de la revoir. Pitoyable...

Le jour-dit, Discorde se leva très tôt pour partir chasser et ne pas revenir chez sa belle la gueule vide, alors qu'elle passait son temps à soigner des chats qui lui amenaient juste de quoi survivre... Du moins c'était ce qu'il pensait, sa haine envers les guerriers de clan prenant souvent le dessus sur sa raison. Il s'était imaginé moult scénarios avec comme personnage principal la belle Harmonie des Enfers. Et si son clan ne voulait plus d'elle, elle qui rentrait avec l'odeur d'un solitaire incrustée jusque dans son pelage ? Il s'en était donner mal à la tête à force de chercher toutes les possibilités. Revenons-en à nos moutons. Le mâle noir avait donc préféré partir tôt afin d'être certain de trouver de quoi nourrir sa belle. Il avait finit par attraper un merle assez gros pour deux ainsi qu'un petit campagnol. Il estima cela suffisant et se mit en route pour rejoindre sa belle à temps.

Mais le chemin ne fut pas aussi calme qu'espéré. Un renard assez imposant avait renifler l'odeur des proies du félin et s'était interposé entre Discorde et la route qu'il devait suivre. Le matou estima ses chances à zéro ou presque, alors il tenta par tous les moyens d'éviter l'affrontement : Peine perdue. Il s'en sortit vivant mais le campagnol avait finit dans l'estomac de la bête et le félin s'était fait mordre à l'épaule. Ni de une ni de deux, le matou avait filer avec son merle, pas trop amoché.

Lorsque Discorde arriva à l'arbre calciné, il était légèrement en retard et son épaule douloureuse le lançait au fur et à mesure que le sang continuait de couler. C'était moche à voir et il le savait, mais plus rien ne comptait dès la seconde où il vit une boule de poils noire et blanche effondrée près de l'arbre. Il s'élança vers Harmonie et s'arrêta tout près d'elle, laissant tomber sa proie comme une vulgaire chaussette. Il ne savait pas quoi faire, ni ce qu'il se passait, mais il avait peur, affreusement peur. Discorde posa son nez contre celui de sa belle, la respiration au moins tout aussi archaïque que celle de la guérisseuse. Il souffla doucement :

« Harmonie... Que se passe-t-il ? Que dois-je faire ? »

Affolé et un peu perdu aussi, il chercha des marques de blessures sur le corps de sa belle, lui tournant autour sans que son coeur ne ralentisse ses battements violents et désordonnés. Il ne trouva rien, et il pria pour qu'elle ne soit pas empoisonnée. Le mâle ne remarqua pas le gonflement de ses flancs, sans doutes à cause du stresse intense qu'il subissait. Alors il s'allongea près d'elle, oubliant son épaule douloureuse, et posa son nez contre le sien, tentant de la calmer et de se calmer lui même.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous   Sam 11 Mai - 19:41

« Chacun a en lui son petit monstre à nourrir. »
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Il était là. Près d'elle, l'odeur de la peur si marquée qu'on pourrait croire qu'il était plus inquiet qu'elle. Bien sûr. Il ne savait rien de ce qu'il se passait, rien du tout, il n'était pas encore au courant. Il tourna autour de la guérisseuse après avoir pressé son museau contre le sien.
La chatte bicolore se sentait agitée de sanglots tant elle avait mal. Maudits chatons... à croire que le Clan des Etoiles en personne lui avait donné des petits cruels qui s'amusaient à lui mettre des coups de pattes dans le ventre. Oui ! Oui ce qu'elle avait fait était interdit, mais la belle partait du principe qu'il était interdit d'interdire. De toute façon, il était impossible d'arrêter les choses maintenant qu'elles étaient en marche. Alors il n'y avait qu'à attendre. Attendre que la douleur quitte son corps, et que les boules de poils naissent. Et alors elle les tuerait rapidement, afin de ne pas éprouver un trop grand amour à leur égard, auquel cas il lui serait impossible de mettre fin à leur jour.
Mais même si elle le faisait, on l'accuserait d'avoir commis l'irréparable et on risquait de la renvoyer du Clan. De toute façon, elle avait Discorde, il l'aiderait quoi qu'il arrive hein ? Il était venu... il était là et c'est tout ce qui comptait. Mais une fois qu'elle lui aurait expliqué qu'elle ne pouvait les garder, la quitterait-il, voyant le monstre qu'elle était réellement ? Elle ne lui avait pas caché le fond de sa personne, mais ça, c'était un véritable meurtre ! Sur des chatons tout juste nés ! Un monstre... un vrai.

« Harmonie... Que se passe-t-il ? Que dois-je faire ? »

La guérisseuse ferma les yeux, savourant le contact de sa fourrure noir contre la sienne. Sa truffe vint se poser sur son museau à elle. Cet échange redonna de la chaleur au corps de la minette noire et blanche qui sentit sa respiration ralentir pour redevenir plus régulière. Enfin... la douleur s'estompait et à nouveau elle était libre de ses mouvements. Libre était un bien grand mot, mais elle pouvait bouger.
Doucement elle se colla encore plus au solitaire, appréciant sa fourrure chaude et douce. Elle ouvrit les yeux, remarquant son épaule blessée. Qu'avait-il pu lui arriver ? Harmonie des Enfers allongea le cou afin de pouvoir lécher sa plaie. Guérisseuse dans un Clan à soigner des bons à rien, elle pouvait bien guérir l'élu de son coeur de glace.
Que se passait-il ? Elle ne se sentait pas le courage de le lui annoncer. Quant à ce qu'il devait faire, elle l'ignorait elle-même. Ils allaient être parents, mais parents de petits qui allaient mourir alors qu'ils seraient encore imprégnés du liquide maternel. Pourquoi avaient-ils pris racine ? Pourquoi avaient-ils grandit ? Pourquoi vivaient-ils tout simplement ?

Elle se leva, la mine grave et attendit que Discorde fasse de même. Alors elle baissa les yeux, la tête. Deux larmes coulèrent tant le chagrin la gagnait ces derniers temps. Tuer des boules de poils si mignonne ? Elle ne pouvait pas... Non elle ne pourrait pas. Vraiment, ce serait au-dessus de ses forces, alors que devait-elle faire ?
Elle ramena sa queue autour de ses pattes, gênée.

- Tu... Tu vas être père Discorde. J'attends des chatons.

D'un bond, elle se leva et alla frotter sa tête contre le poitrail du félin noir. Ni ronronnement ni miaulement joyeux ne s'échappa de sa gorge. Il n'y avait pas de quoi se réjouir et ce geste n'avait pour but que de lui donner du courage, le courage de continuer ce qui deviendrait un vrai cauchemar. Alors elle passa sa tête contre la joue de son prince charmant - bien qu'elle n'y ait jamais cru - et se recula d'un pas pour se dandiner sur ses pattes, mal à l'aise.

- Le code du guérisseur stipule que nous ne pouvons ni tomber amoureux, ni avoir de petits, mâle ou femelle. Je risque d'être bannie pour ça ! Je... Je suis obligée de tuer ces chatons lorsqu'ils naîtront. Je ne peux pas les garder.

Et le pire dans tout cela, c'est qu'il y allait bientôt y avoir une Assemblée, si bien que tous les Clans se rendraient compte qu'elle avait enfreint le code du guérisseur, code tout aussi sacré que celui du guerrier. La belle chatte bicolore se demandait quand même pourquoi ils ne pouvaient avoir de petits. Pourquoi interdire quelque chose à quelqu'un et l'autoriser à un autre ? Ca n'avait pas de sens, et si le solitaire lui posait la question, elle ne saurait quoi répondre.

- Seulement, il va y avoir une réunion des Clans aux Quatre Chênes à la pleine lune. Tous le verront, je ne sais pas ce que je pourrai dire s'ils me questionnent, et c'est sans doute ce qu'il va arriver. J'ai peu Discorde, j'ai très peur.

Lentement elle se coucha, les pattes devant elle et s'approcha de lui en rampant, se collant tout contre lui dans l'espoir qu'il lui donne du courage et un peu d'espoir juste par ce contact. Ca relevait de l'esprit, mais elle voulait y croire, elle voulait espérer de l'aide venant de sa part. Pour l'instant, il était sûrement choqué d'apprendre tout ça d'un coup, comme on vous annonce qu'il faut dormir le soir pour être en forme. C'est si simple à dire, mais pourtant on y arrive pas.
Harmonie des Enfers craignait qu'il ne se mette en colère. Les solitaires en général n'ont pas de port d'attache. Là il avait une sorte de compagne mais en plus il allait avoir des petits, avec une chance sur deux pour qu'ils survivent, leur mère ayant une soudaine pulsion appelée amour maternel. Elle n'en avait pas besoin, elle devait accomplir son devoir. Dans une lune, il lui faudrait agir vite.
Et lui, le moment venu serait-il là pour la soutenir ? Elle ne pouvait décemment pas mettre pas dans son antre, au camp... Il leur faudrait trouver une solution, de toute urgence.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous   Lun 20 Mai - 10:53




« Fais moi vivre l'Enfer car tu es la seule à me mener au Paradis. »


Le mâle restait blotti tout contre sa belle, tout contre celle qu'il aimait, celle qui avait percer l'écrin de crasse et de douleur qui entourait son coeur meurtri mais bien vivant. Vivant, mais tellement timide de battre pour une personne autre que lui... Une femelle, une chatte de clan et une guérisseuse qui plus est. Il avait réellement fait fort sur ce coup là, vraiment très fort. Ou était-ce Harmonie qui avait fait fort, en s'appropriant le coeur du matou solitaire ? Jamais personne ne le saurait, ces deux là étaient aussi incompréhensibles l'un qui l'autre. Discorde se mit à lécher doucement la tête de la guérisseuse, se calmant peu à peu en ne la voyant pas souffrante. Il sentait quelque chose bouger contre son ventre, mais il en déduit qu'il s'agissait de la respiration de la femelle. Il ne se doutait pas un instant que ses enfants grandissaient dans le ventre de sa belle, et encore moins qu'elle souhaitait tuer ses descendants. Lorsque la bicolore se colla tout contre lui il frémit et se colla contre elle à son tour, lui faisant des lèches sur les oreilles. Sa belle se redressa et il en fit de même. Devant sa mine grave il sentit son coeur se serrer et son ventre se nouer. Que se passait-il ?

« Tu... Tu vas être père Discorde. J'attends des chatons. »

Alors là, le mâle ne s'y attendait pas du tout. Il ouvrit de grands yeux et fixa sa belle, mal à l'aise. Il baissa la tête, la joie remplissant peu à peu son coeur de glace. Il allait être père, il allait avoir des enfants de celle qu'il aimait. Quoi de plus beau pour lui que de réaliser son rêve ? Il la laissa se frotter contre lui, un léger ronronnement provenant de sa gorge. Il ne savait pas trop comment réagir car celle qu'il aimait ne semblait pas heureuse. Il colla sa joue à la sienne, fermant les yeux en souriant. Quand elle se recula il rouvrit les yeux et le regarda dans les yeux, surpris.

« Le code du guérisseur stipule que nous ne pouvons ni tomber amoureux, ni avoir de petits, mâle ou femelle. Je risque d'être bannie pour ça ! Je... Je suis obligée de tuer ces chatons lorsqu'ils naîtront. Je ne peux pas les garder. »

Au fur et à mesure que sa belle parlait, la mine et le coeur du matou se décomposait. Il sentit même les larmes menacer dans ses yeux mais jamais elles ne couleraient. Il se redressa violemment et se mit à tourner en rond comme un tigre en cage, le coeur encore plus brisé qu'il ne l'avait jamais été. A ce moment là il n'aurait pas pu dire s'il était triste ou en colère, ni pourquoi ou contre qui. Il lança un regard douloureux à celle qu'il aimait mais ne parla pas, il ne dit rien, se contentant de souffrir en silence, encore. Il finit par s'immobiliser et se laissa tomber au sol, ruminant ses idées noires. Il ressemblait à un cadavre sans vie, avec son regard vide, ses flancs qui se soulevaient à peine. Puis Discorde finit par se redresser légèrement et s'assit sans un mot.

« Seulement, il va y avoir une réunion des Clans aux Quatre Chênes à la pleine lune. Tous le verront, je ne sais pas ce que je pourrai dire s'ils me questionnent, et c'est sans doute ce qu'il va arriver. J'ai peur Discorde, j'ai très peur. »


Discorde la laissa venir vers lui, il la laissa se blottir contre lui, mais tout ce qu'elle pouvait trouver contre lui c'était de la tristesse, de la colère et une tonne de regrets. Il finit par se coucher contre elle et il cacha sa tête contre le ventre de sa belle, cherchant à sentir ses enfants, ceux qu'il avait peur de ne jamais voir. Il finit par murmurer :

« Je ne veux pas que tu les tues... Tu es tout ce que j'ai, ils seront tout ce que j'aurais... Je t'en prie Harmonie je sais que tu peux comprendre... J'ai confiance en toi... il se redressa et posa son nez contre le sien, quelques larmes coulant sur ses joues. Tu n'auras qu'à leur dire que tu as été violée, personne n'ira chercher plus loin, si ? Je serais là le jour de la naissance je te le promet, je... Je pourrais en prendre un ou deux avec moi, je connais une chatte qui pourrait leur donner du lait... Ou, je sais pas, on trouvera un moyen pour se voir ! Mais... Mais je veux une famille avec toi, j'aimerais tant envisager mon futur près de toi ! »

Le mâle se recroquevilla sur lui-même, ressemblant soudain à un chaton dépassé par la vie. Il sentit qu'il avait envie de réconfort, de trouver enfin ses marques. A force de refuser la sédentarité il avait finit par se perdre, par perdre son identité. Et quand enfin il avait trouver un repère tout le monde fragile qu'il tentait de construire, tout s'effondrait a cause des clans. Il allait finir par craquer.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous   Sam 25 Mai - 18:12

« Chacun a en lui son petit monstre à nourrir. »
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Il parut heureux. Au début. C'était nouveau pour lui. Père. On ne le devenait pas tous les jours, à moins d'être un coureur de jupons mais c'était une toute autre histoire. Ses yeux, si beaux dans l'esprit de la minette s'agrandirent. Si grand qu'on aurait cru qu'ils sortaient de leurs orbites.
Elle ne voulait pas continuer. Et pourtant il le fallait. Ne pas lui laisser le faux espoir de voir les frimousses de ses chatons plus longtemps qu'une ou deux minutes tout au plus. Elle devait les tuer, impérativement.
Il est des crimes qui sont impardonnables. Et plus qu'un régicide, un parricide ou n'importe quoi d'autre, mettre fin aux jours de sa progéniture dès sa naissance était plus qu'affreux. Discorde ne semblait pas comprendre sa mine déconfite. Comment le pouvait-il ? Il ignorait tout des Clans, leurs mœurs et traditions tout comme leur hiérarchie. Enfin presque car elle lui avait un peu parlé de tout cela avant. Toujours est-il que passée la joie, il risquait de s'énerver... Et ça elle ne le voulait pas.

Pourtant, qu'elle imaginait le futur à leur côté ! Des chatons heureux et épanouis. Elle ne vivrait plus dans ce Clan de stupides félins paresseux. Abandonnant tout pour ses enfants et son compagnon, son roi. Mais c'était un rêve. Qui ne deviendrait jamais réalité. Elle ne survivrait pas longtemps à une vie de solitaire, même avec son cher Discorde près d'elle. Et alors leurs petits mourraient de faim, sans le lait maternel. Il valait mieux qu'ils meurent rapidement, plutôt que de vivre un instant, quelques mois avant leur tragique mort. Et si elle ne les tuait pas, ils causeraient également son décès à elle. Non. Il valait mieux qu'ils meurent...
Ses yeux se perdirent dans le vide tandis que sa tête était appuyée contre le poitrail du matou noir. Elle pensait. Les aimer était son souhait le plus cher. Toute fois il était impossible à atteindre. Comme si on voulait décrocher la lune, on y arriverait pas. Leur survie ou leur mort était entre ses pattes, son choix déciderait de l'avenir de ces boules de poils.

Elle recula alors, laissant le solitaire la fixer, étrangement surpris. Comprenait-il que quelque chose clochait ? Ou bien se demandait-il ce qu'il lui prenait ? Sans doute ne le saurait-elle jamais. Mais qu'importe après tout.
Harmonie lui annonça donc qu'elle ne pouvait laisser les petits en vie, et que dès leur naissance elle devrait les tuer. La princesse sadique laissa apparaître une lueur de tristesse dans ses yeux de saphir. Elle ne le voulait pas ! Mais c'était ainsi. Maudits codes. Maudits ancêtres. Maudits crétins...
Le noiraud se leva d'un bond. Il tournait, faisait les cent pas comme un fauve prisonnier dans un cirque, dans sa cage, attendant juste le moment où il pourrait se jeter sur son dresseur, sur les spectateurs afin de se libérer de leur joug.
La guérisseuse ferma les yeux, trop honteuse pour affronter son regard qu'elle soupçonnait d'être chargé de reproches, voire de tristesse. Oui c'était de sa faute, oui. Elle n'avait pas à tomber amoureuse. Mais on dit bien "tomber" n'est-ce pas ? Voilà. Ca lui était tombé dessus et elle n'avait pas pu changer le cours des choses.
Alors il se laissa écraser comme une crotte sur l'herbe verte. La femelle bicolore ouvrit les yeux et le regarda. Si on ne voyait ses flancs se soulever légèrement au rythme de sa respiration - irrégulière d'ailleurs - on l'aurait pensé mort. De chagrin ? De colère ? Allez savoir... il semblait furieux, et désespéré. Croyait-il être le seul ?
Loin de là, Harmonie des Enfers tremblerait volontiers tant elle voyait son petit monde monotone se détruire, lentement. Tellement lentement que c'en devenait rapide. Des nuits elle rêvait, croyant que tout cela n'était qu'un cauchemar. Heureux. Mais un cauchemar quand même. Elle risquait la mort, le bannissement. Ce qui équivalait à une lente mort donc. Pour lui cependant elle mourrait bien.
Pour Discorde elle ferai tout. Même garder ces chatons, contre toutes les lois, toutes les attentes et contre elle même. Alors il n'était pas le seul à être désespéré. Partagé entre deux choses.

Puis il se releva et s'assit. La pauvre guérisseuse exprima sa crainte concernant l'Assemblée. Cette chose à laquelle elle devait assister en tant que guérisseuse du Clan de l'Ombre. Il y aurait les chefs, les lieutenants et les autres ramasseurs d'herbes. Des guerriers pathétiques et des apprentis aussi bêtes que leurs coussinets. Et surtout... Cette stupide boule de poils qui se croit être à la tête du plus beau Clan de la forêt : Etoile des Illusions. La meneuse du Vent qu'Harmonie avait déjà eu l'occasion de rencontrer. Une demoiselle très à cheval sur le code du guerrier. Aussi leurs relations n'étaient pas au beau fixe. Et la jeune chatte était prête à parier que la peste verrait qu'elle était pleine, et prendrait soin de le révéler à son propre chef.
Enfin bref, elle était dans de beaux draps, et elle vint se coller contre lui. Naturellement, vu ce qu'elle venait de lui annoncer il restait de marbre face à sa peine masquée. Lui ne bougea pas, laissant la malheureuse seule dans sa détresse. Quelques instants plus tard il se pencha lui aussi, posant sa tête tout contre le ventre de la belle chatte.
Il avait de la chance... ou non, cela dépendait du point de vue. En tout cas, Harmonie sentit un des petits mettre un coup de patte dans son ventre. Discorde aussi avait dû le sentir. Était-il triste de repérer des signes de vie de ces futurs chatons ? Petits qui bien sûr allaient mourir...

« Je ne veux pas que tu les tues... Tu es tout ce que j'ai, ils seront tout ce que j'aurais... Je t'en prie Harmonie je sais que tu peux comprendre... J'ai confiance en toi... Tu n'auras qu'à leur dire que tu as été violée, personne n'ira chercher plus loin, si ? Je serais là le jour de la naissance je te le promet, je... Je pourrais en prendre un ou deux avec moi, je connais une chatte qui pourrait leur donner du lait... Ou, je sais pas, on trouvera un moyen pour se voir ! Mais... Mais je veux une famille avec toi, j'aimerais tant envisager mon futur près de toi ! »

Discorde se fit tout petit, si bien que la femelle noir et blanche sentit son coeur se serrer. Tout était de sa faute... si elle était sagement restée dans son antre ce jour là, lui comme elle ne seraient pas dans cet état.
Elle se mit debout, s'approchant de lui, le visage et les yeux empreints de désolation.

- Je leur dirai cela... je te comprends. Mais sache que je ne peux les garder. Nous verrons le moment venu. Je te promets juste de t'attendre avant de prendre une décision.

C'était la moindre des choses, et la seule qu'elle pouvait promettre. Lui aussi avait juré être là pour la naissance. Alors ils étaient sur la même longueur d'onde.
Néanmoins, ils devaient se voir pour bavarder, or là ils ne faisaient - encore une fois par sa faute - que parler de sombres détails. Aussi Harmonie passa sa langue sur son poitrail et regarda autour d'elle, cherchant un rongeur, son odeur ou celle d'un oiseau. Elle ne repéra rien de proche et alla dans un buisson avant de revenir en fixant Discorde d'un oeil implorant. Estomac sur pattes...

- On a faim ! miaula-t-elle joyeusement.

Non non, elle n'était pas schizophrène. Elle avait faim, un peu comme toujours d'ailleurs. Mais elle avait en plus au moins un petit à nourrir. Et au fond d'elle elle sentait qu'ils étaient bien trois, à avoir élu domicile pour un temps dans son ventre. Au moins, ils étaient à l'abri le temps pour elle de trouver une solution à cet épineux problème.
Ronronnant, elle alla se frotter encore une fois contre Discorde, tentant de lui faire comprendre qu'elle ne voulait pas le perdre. Et encore moins qu'il lui fasse la tête !
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MessageSujet: Re: Rendez-vous   Lun 12 Aoû - 12:39





« Fais moi vivre l'Enfer car tu es la seule à me mener au Paradis.  »


Le chaos régnait en maître dans le coeur du solitaire. Un chaos monstrueux. C'était à peine s'il sentait son coeur battre tellement il s'était fait petit dans sa poitrine, tellement il s'était compressé. Si on y entrais on peut s'imaginer qu'il s'agirait d'une terre désolée, rouge comme le sang, parcourue de cratères, de brèches et de fissures en toute sa surface. Le ciel serait noir, noir comme la nuit en toute heure, un ciel sans étoiles un ciel d'encre comme les abîmes des océans les plus profonds. Sur cette terre stérile plus de vie, plus rien ne semblait vouloir pointer le bout de son nez. Tel était l'état du muscle cardiaque du noir. Il avait de plus en plus l'impression que jamais son coeur ne battrait de nouveau normalement, que plus jamais il ne réussirait à aimer, à ressentir des émotions comme avant, alors qu'il en possédait déjà si peu. Dans un recoin de son coeur subsistait pourtant cet amour ardent qu'il portait pour la femelle de l'ombre, mais la douleur semblait ronger cette flamme comme l'ombre ronge les quelques parcelles de lumière lorsque la nuit tombe. En bref il ne pensais plus pouvoir ressentir aucune émotion positive alors qu'au fond de lui, c'est tout ce qu'il demandait.

Il resta contre sa belle en silence, un silence aussi lourd que pesant pour les deux amoureux. Mais pouvait-on seulement les nommés ainsi ? Amour interdit amour qui enfreint un code juste bon à emmerder le monde, amour qui dépasse les limites de lois aussi idiotes les unes que les autres, mais un amour vrai, un amour véritable qui ne demande qu'à éclore, et grandir mais surtout, qui ne demande qu'à vivre.

Alors que la tête du mâle était encore tout contre le ventre de sa belle, un petit coup de patte contre la paroi fit frémir Discorde. Un de ses enfants venait de se manifester, un enfant qui ne respirera qu'une ou deux fois. Ce simple fait fit naître de nombreuses larmes dans le regard bicolore du père. Il les laissa couler sans honte cette fois, il les laissa mouiller son pelage, celui de sa belle, et le sol aussi. Rien que le fait de penser que jamais ses enfants ne grandiraient, jamais il ne les verrait lui sourire.

« Je leur dirai cela... je te comprends. Mais sache que je ne peux les garder. Nous verrons le moment venu. Je te promets juste de t'attendre avant de prendre une décision. »

Il se redressa légèrement et la regarda dans les yeux, longuement, cherchant quelque chose dans le regard de sa belle qu'il ne sembla pas trouvé. D'un coup il souffla, déterminé :

« Je ne te laisserais pas les tuer. S'il faut que je les prenne tous avec moi pour qu'ils aient une chance de survivre, je le ferais. Je ne veux pas me battre contre toi, mais s'il faut que je souffre des jours durant après t'avoir fait du mal pour leur survie, s'il faut que tu m'en veuille au point de ne plus vouloir entendre parler de moi, je prendrais le risque. Je ne veux pas te perdre, mais ces chatons sont la preuve de mon amour pour toi, si tu les tues c'est condamner mes sentiments. Comprends le, s'il faut que tu me détestes pour que je garde un semblant d'humanité, s'il faut que je souffre pendant des lunes, pendant peut être des saisons... Je le ferais. Je le ferais parce que je t'aime, et que cet amour à ton égard pourrait déplacer des montagnes... Alors je t'en prie, ne les tues pas, donnes leur une chance, donnes nous une chance. »

Il reprit le silence et se rallongea contre son ventre, s'attendant à un déluge de reproches, peut être même à un abandon. Il ferma les yeux et une larme, une seule coula, amère et pleine de reproches à sa propre personne.

La minette se leva et fila dans les buissons comme pour chercher à manger... Mais déjà qu'elle n'était pas très discrète avant, avec on-ne-sait combien d'enfants dans le ventre ça équivalait à croiser un éléphant dans un couloir de marbre. Quand elle revint bredouille, Discorde ne put empêcher un tendre sourire d'étirer ses lèvres malgré la douleur toujours présente dans son coeur.

« On a faim ! »

Le m'ale se leva péniblement, comme si son chagrin représentait des tonnes, des poids sur son corps et son âme qui le ralentissaient constamment. Il s’aplatit contre terre et chercha autour de lui pour trouver un repas afin de nourrir sa belle et ses enfants.

Après quelques minutes de chasse il revint avec un mulot curieusement dodu mais en bonne santé apparente, comme si c'était un don du ciel fait pour cette femelle pleine. Il posa le rongeur aux pattes d'Harmonie et s'allongea un peu plus loin, l’appétit coupé.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous   Mar 13 Aoû - 20:41


« Chacun a en lui son petit monstre à nourrir. »

Madeleine Ferron

Il serait dur d'oublier.
Il les voulait. Il voulait de cette famille et ses paroles faisaient presque culpabiliser la femelle. Tandis qu'il chassait, elle observa les nuages qui filaient à l'horizon, poussés par le vent du printemps.
Il faisait bond, même sous le couvert des arbres. La vie était si belle, pourquoi avait-il fallu qu'une ombre se profile, vienne masquer la tranquillité de la reine. Une ombre au tableau. Comme une tache dans sa vie trop parfaite.
Il y avait toujours des hauts et des bas, mais tomber aussi profond dans un gouffre, ça ne lui était jamais arrivé. Toute sa vie elle avait méprisé les autres, s'était trouvée au-dessus d'eux, en sécurité et jamais menacée comme aujourd'hui. Elle ne regrettait rien, mais elle se sentait en danger de mort à chaque instant. Pourquoi avait-il fallu que son ventre grossisse...
Le temps que son cher solitaire chassait, sans doute abattu par ses dires, elle réfléchit.

« Je ne te laisserais pas les tuer. S'il faut que je les prenne tous avec moi pour qu'ils aient une chance de survivre, je le ferais. Je ne veux pas me battre contre toi, mais s'il faut que je souffre des jours durant après t'avoir fait du mal pour leur survie, s'il faut que tu m'en veuille au point de ne plus vouloir entendre parler de moi, je prendrais le risque. Je ne veux pas te perdre, mais ces chatons sont la preuve de mon amour pour toi, si tu les tues c'est condamner mes sentiments. Comprends le, s'il faut que tu me détestes pour que je garde un semblant d'humanité, s'il faut que je souffre pendant des lunes, pendant peut être des saisons... Je le ferais. Je le ferais parce que je t'aime, et que cet amour à ton égard pourrait déplacer des montagnes... Alors je t'en prie, ne les tues pas, donnes leur une chance, donnes nous une chance. »

Ses mots avaient été durs, cependant elle avait encaissé le choc. A vrai dire, elle n'y avait guère prêté attention et avait laissé couler comme si de rien était. Mais au fond, son cerveau était en ébullition. Pour lui elle aurait fait n'importe quoi.
Mais les garder était au-dessus de ce n'importe quoi. Les garder c'était signé son arrêt de mort... On la rejetterait et peut-être qu'on prendrait soin de tuer ses petits. Et franchement, elle préférait les éliminer elle-même que de les voir détruits par son Clan. De plus, inutile de compter sur Etoile de la Salamandre depuis bien longtemps maintenant. Il l'avait trahie et c'en était fini de leur entende d'autrefois.

Lorsque Discorde revint, il posa un mulot bien gros au pied de la guérisseuse avant d'aller se coucher à l'écart, comme s'il la boudait.
Elle s'en voulut sur le coup, mais des coups de pattes et un estomac qui criait famine eurent raison de sa volonté et elle se jeta sur la nourriture. C'est les babines rouges de sang qu'elle vint s'allonger près de son amour, amour qu'elle était sur le point de perdre selon elle.
Les garder ou non. Le garder ou non. Elle était face à un dilemme mais elle savait que la réponse était simple à trouver. Si elle ne les voulait pas, elle les donnait à Discorde et acceptait de les voir avec lui. Le Clan n'en saurait rien et ça s'arrêterai là. Si son orgueil refaisait surface, elle les lui confierait en prétendant ne plus jamais vouloir le revoir. Ce qui serait faux, et sa vie alors ne serait plus qu'un enfer, une ruine. Elle serait finalement son prénom.
Restait à les garder et le garder en même temps. Si son Clan ne voulait plus d'elle, elle le suivrait jusqu'à la mort. Mais restait le fait que faible, elle serait une bouche à nourrir inutile.
Cependant, elle l'aimait tellement qu'elle ne voulait pas du tout le laisser filer. Et l'air triste et effondré qu'elle voyait sur son visage lui donnait envie de pleurer à son tour. Tout cela était de sa faute, tout cela parce qu'elle ne voulait pas se rendre au plus simple. Mais n'était-ce pas là la seule et unique solution valable ?
Après un long soupir, elle donna un coup de patte sur le dos du solitaire et d'un signe de la queue, lui demandait de se lever.

- Tu as gagné... je les garderai. Mais si mon Clan me jette. Il faudra que je t'accompagne, nous devrons fuir les terres de l'Ombre et ne plus jamais y revenir à moins de vouloir mourir. Je t'aime Discorde. Je ne veux pas te perdre alors je ferai ce que tu veux. A mes risques et périls cependant.

Elle se frotta contre lui, inquiète néanmoins. Elle savait qu'elle était protégée par le matou noir, mais elle ne pouvait s'empêcher de voir l'avenir en noir. Elle qui jadis vivait dans un monde tout rose où tout le monde la craignait et où elle était heureuse tant elle faisait le mal, la voilà plongée dans un univers de doutes. Harmonie ne savait plus vraiment où elle en était, tout ce qu'elle savait, c'est que le solitaire serait là pour elle, quoi qu'il arrive, s'il l'aimait autant qu'il le prétendait.

La guérisseuse ronronna de joie. Repue et enfin libérée de son hésitation, elle n'aurait plus sur la conscience que le poids de son choix. De toute façon il était trop tard et revenir sur sa décision c'était risquer de s'attirer les foudres ou les larmes de crocodile de son bien-aimé. En partant du fait qu'il se mettrait à pleurer bien sûr.
Et, en vérité, maintenant qu'elle l'avait dit, elle se sentait rassurée, allégée et prête à repartir du bon pied en cessant de se tourmenter. Ces petits... ses petits, la reine bicolore les aimait soudain davantage, alors qu'elle s'était presque juré de ne jamais leur accorder autre que sentiment que du mépris et de la haine. Elle n'y était bien sûr pas parvenue, mais elle n'avait prêté attention à leurs coups de pattes que parce que cela lui faisait mal. Les aimer, ce n'était pas pour elle. Mais aujourd'hui, aujourd'hui elle se sentait prête à devenir ce pour quoi elle admirait Mélopée des Cieux : mère.

- Mais... si nous devions quitter ce territoire. Je serai un fardeau pour toi. Je veux que tu en prennes conscience Discorde. Tu le sais, tu l'as toujours su dès que tu m'as vue je pense : je suis faible. Je ne peux me défendre, ni chasser. Je serai une bouche à nourrir.

Elle baissa les yeux, cessant soudain son ronron joyeux. Ses yeux s'assombrirent car à nouveau elle sentait sa détermination faillir.
Elle, Harmonie des Enfers, la déesse des ténèbres chutait peu à peu dans l'ombre. Dire que des lunes auparavant elle aurait zigouillé sans hésitation ces petiots...
Néanmoins, elle le deviendrait. Elle réussirait cette épreuve avec son compagnon. Elle serait une bonne mère, et lui, un bon père !
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