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 « REMEMBER » Pv. Etoile Abyssale

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MessageSujet: « REMEMBER » Pv. Etoile Abyssale   Lun 18 Fév - 1:38



    « Il parait que les choses ont changé. Que de nouveaux chefs ont été récemment nommés. Que les clans se reformatent sous l’égide de leurs supérieurs. Que tout semble à la fois hors de contrôle, et désagréablement planifié. Qu’il faudra observer et retenir, à la prochaine assemblée. »

    Il parait.
    Il suffit de deux mots pour lancer la rumeur, pour paramétrer les ’ on dit ’ et pour formater les esprits. Les citations vont bon train et circulent plus vite que la maladie ; l’oreille du négligent aboulique aura tôt fait de s’en emparer sans en vérifier les sources. Ainsi se créent les ragots, puis les mensonges apocryphes. Fabulations d’impotents trop laxistes pour vérifier leurs thèses, et qui laissent aller le flux de leurs discours erronés.
    Cela n’était pas de ton cru.

    Nouvellement nommé, tu découvrais peu à peu toi aussi les fonctions du chef de clan, et les avantages et inconvénients qui en découlaient naturellement. Solitude brisée et égoïsme repoussé, émietté aux quatre vents, tu te devais de penser à eux avant toi-même, inculquant un Nous au Je que tu avais toujours revendiqué. Adieu, journées en solitaire et errances stériles ; la productivité devait être ton maître mot et tu étais à présent l’exemple, celui qu’il fallait suivre et imiter pour vivre et non survivre. Si tu étais dominant, tu n’étais selon toi, pas créé pour gouverner un clan aussi bien organisé. Une bande de maraudeurs plutôt, sans codes ni règles, que tu aurais remis à leur place à coups de griffes autoritaires. Mais Eux ! Eux ! Pour qui le prix du sang n’était pas un gagne de victoire mais de défaite, Eux qu’il fallait guider avec douceur et fermeté, logique et constance ! Eux !
    Ta famille.
    Ton peuple désormais.

    Etais-tu le seul à vivre de tels troubles ? Parfois, la solitude de ton cas t’oppressait. Pour ceux qui avaient élu place sur le rocher du chef, la tache était-elle naturelle ? Avaient-ils ce don dans le sang, pouvoir inné que tu n’avais pas hérité ? Toi, plus viking que britannique distingué, tu n’avais peut-être pas été codé génétiquement pour mener un peuple à la victoire, mais pour triompher seul, illustre dans ta gloire et dans ton allocentrisme. Toi, tyrannique baron et non délicat monarque, toi, fils du feu et impétueux comme le brasier, n’étais-tu pas tombé dans ce corps par erreur ? T’avait-on alloué ce destin par inadvertance ? Ou était-ce cette différence qui te glorifierait, toi et ton clan ? Le doute n’était peut-être qu’un rite de passage pour devenir leader, où ceux qui se pensaient trop parfaits échouaient lamentablement. On ne pouvait nier ta confiance en toi ; elle était inébranlable. C’était tes actions qui t’effrayaient. Ta perte ne t’angoissait pas ; c’était causer la leur qui te rongerait dorénavant.

    Ainsi t’étais-tu aventuré en terres ennemies.
    Pour vérifier certaines de tes théories.

    Tes pas te menèrent tout naturellement vers les terres du clan de l’ombre ; étrangement, tu te sentais plus affilié à ce clan plus qu’à un autre. Il ne t’effrayait guère, pour ne pas dire aucunement. Tu avais cette flamme sombre qui te dévorait les entrailles, et cette marée obscure que formait leur territoire te semblait comme une ancienne amie. Parfois, tu venais à te demander si tu n’étais pas plus Ombre que Rivière ; et puis il te suffisait de penser aux membres de ton clan pour réaliser les différences et les similitudes qui faisaient de toi ce que tu étais. Chaton dans le clan de l’ombre, orphelin comme tu avais pu l’être, tu serais devenu un monstre. Aujourd’hui, tu étais un roi.

    Il ne te fallut guère longtemps pour dépasser la frontière, que tu avais maintes fois bravé lorsque tu étais plus jeune. D’anciennes réminiscences, altérées par le temps, dansaient à la périphérie de ta vision. Comment aurais-tu pu deviner que ce jeune chaton – Nuage Chaotique – avait suivi la même voie que toi ? Comme si vous étiez frères d’âme et non de sang. Il était Etoile Abyssale, alors que tu étais Etoile Obséquieuse. Son odeur ne tarda pas à le trahir, et si la maturité l’avait corrompue, tu ne fus pas dupe, et un semblant de rictus releva tes lèvres sombres.
    Destins croisés.

      « Quand comptais-tu te montrer ?


    Sans frémir d’un muscle, tu le laissais percevoir tes paroles et te sonder d’un regard que tu supposais inquisiteur, comme le tien le serait lorsqu’il daignerait se présenter à toi. Dédaignant toute recherche, tu ne tournais pas même la tête, et te laissais tomber au sol, l’attendant passivement, assis sur l’herbe d’obsidienne que tu pervertissais de ton intrusive présence.

    Que l’étoile noire se travestisse en spectre ne te dérangeait guère.
    Tu étais pourvu d’une exaspérante patience.
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MessageSujet: Re: « REMEMBER » Pv. Etoile Abyssale   Lun 18 Fév - 12:00

Il paraît. Il paraît qu’il va bientôt falloir s’habituer à des printemps sans hirondelles. Il paraît que les Clans sont faibles, il paraît qu’un fléau immense va s’abattre sur Cerf-Blanc.
Il paraît.
Ramassis de rumeurs, mensonges sans queue ni tête, dénués de sens et de preuves. Imagination affligeante de guerriers qui s’ennuient, se lassent, se fourvoient. Tissus d’absurdités, racontars pour chatons dormant encore dans les pouponnières, sans limites. Il faut imposer des limites, strictes, carrées. Sans quoi, c’est la porte ouverte à l’anarchie la plus totale, la discorde parmi n’importe quelle communauté. Que ce soit eux, chats, ou autres espèces quelles qu’elles soient, toutes avaient un point commun : elles ne pouvaient se passer d’un chef. Et cette fois, ce serait lui.

Étoile Abyssale était seul. C’était un choix, tout d’abord, mais ensuite les rangs épars de son Clan ne lui permettaient pas de patrouiller correctement le long de ses frontières. Mais le « il paraît » qui courait, rumeur sournoise s’infiltrant dans tous les esprits, lui apprenait que la plupart des autres clans n’avaient pas une situation bien plus glorieuse que la sienne. Les effectifs étaient restreints, l’hiver était rude. Il n’avait pas de quoi se plaindre, le clan de l’Ombre n’était presque jamais sujet à la famine, même lors des hivers les plus durs, le charnier offrait, au milieu de sa puanteur pestilentielle, quantité de rongeurs, d’oiseaux et de cadavres de toutes espèces. Mais il ne tenait pas que l’Ombre soit en désavantage par rapport aux autres clans, et ce à cause de ses rangs. Il devait donc se hâter de renflouer le Clan, et délimiter ses frontières. Voilà pourquoi il était seul, ce matin-là, le long de cette frontière Ombre-Rivière. Son regard s’était perdu quelques instants de l’autre côté, suivant des yeux ce mince filet brillant qu’était la rivière gelée, pensées perdues dans ce vaste territoire à la recherche d’une âme, une seule. Etoile Abyssale n’affectionnait aucun Clan en particulier. Peut-être même les haïssait-il tous. Le Clan du Vent n’était pour lui qu’un Clan sans envergure, condamné à chasser des lapins toute sa vie, sans projets, sans honneur. Le Clan du Vent était pour lui une sorte de parc à moutons, êtres vides et sans idées, qui oubliaient tout une fois la tempête passée, se jetant bêtement en bêlant à la suite de leurs congénères, sans plus réfléchir. Quant au Clan du Tonnerre, ce n’était qu’un ramassis d’êtres impurs, le Clan des Sangs-Mêlés, des chats domestiques ou des solitaires trop faibles pour subsister seuls, dans la nature. Le Clan du Tonnerre était un clan impur, constitués de faibles et d’abrutis, au sens propre. Le seul Clan qui bénéficiait de la clémence du chat bicolore, était celui de la Rivière. Non pas que ces mangeurs de poissons éveillent une quelconque sympathie chez Etoile Abyssale, mais leur meneur n’était pas monsieur tout le monde. Ils avaient combattus ensemble, sans jamais être dans les mêmes guerres, ils avaient joués ensemble, sans jamais être dans le même clan, il avait été frères, sans jamais avoir les mêmes parents. Ce qui comptait, c’était l’âme, et pas le sang.
Des lunes et des lunes s’étaient écoulées depuis leur dernière rencontre. Leur parcours était similaire, chacun avait acquis dans le même temps les capacités, la rage de vaincre, l’ambition nécessaires pour devenir lieutenants, puis dans un second temps, chefs. Il se souvenait parfaitement de Présage Obséquieux, le chat un peu solitaire, obnubilé par sa petite personne, oubliant un peu trop souvent l’esprit d’équipe. Apparemment s’était-il acquitté de ces défauts, puisque le voilà à présent Meneur du Clan de la Rivière, avec tout le prestige qui lui est dû. Étoile Abyssale s’arracha à la contemplation du territoire de la Rivière et, levant les yeux, s’aperçut que le soleil était presque déjà à son zénith. Il allait falloir rentrer au camp. Il marqua la frontière rapidement sur le tronc de l’arbre brûlé, qui se dressait de toute sa hauteur vers le ciel, ombre menaçante. L’esprit ailleurs, ne vérifiant même pas les marquages précédents. Il se détourna. Quand comptais-tu te montrer? Ses poils se hérissèrent instantanément sur son échine, et il se retourna brutalement vers l’endroit où, quelques instants auparavant, il se croyait pourtant seul. Il était là. Le toisant de son air un peu trop fier, un peu trop hautain, une mimique narquoise sur le bord des lèvres, le dévisageant de ses grands yeux pâles, dépassant de quelques pas à peine la frontière, comme dans une sorte de défiance. Leurs regards se croisèrent. Le bicolore tourna la tête à droite à gauche, pour être certains qu’ils étaient seuls. Quel genre de chef était-il s’il permettait aux autres clans de s’immiscer sur son propre territoire ? Il s’avança de quelques pas vers Étoile Obséquieuse, s’asseyant en face de lui, la queue battant le sol poussiéreux, seul signe extérieur de sa légère irritation. « J'attendais que tu te décide à sortir de ta rivière bien-aimée, à vrai dire. » Sourire ironique.



Dernière édition par étoile abyssale. le Ven 1 Mar - 18:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « REMEMBER » Pv. Etoile Abyssale   Lun 18 Fév - 13:31

    Tes yeux s’emparèrent de sa silhouette dégingandée, chétive, la happant en un regard que tu savais mitigé, entre feu et glace, suave mélange où tournoyaient à parts égales facétie et provocation. Qu’il semblait maigre ! Pas squelettique, mais fin et pourvu de muscles noueux ; il ressemblait à certaines branches de l’arbre brûlé sur lequel il venait d’exprimer sa territorialité. Chatons, vous étiez du même gabarit : deux boules de fourrures ébouriffées aux yeux pétillants et aux griffes encore roses. Et puis du jour au lendemain, tu avais eu une brutale poussée de croissance alors que lui continuait de croître sagement, de façon posée et mesurée, comme une plante lascive laissée au soleil. Il te semblait bien frêle à présent, mais tu n’étais pas non plus un monstre constitué de muscles et de fourrure ; pourtant tu étais plus grand et sans doute plus lourd que lui. Si un combat venait à avoir lieu, il t’esquiverait sans peine. Cependant, si tu venais à poser ta patte sur son ossature légère, il ne pourrait s’en défaire, comme une mouche écrasée par un doigt impatienté. Pas de combat à l’horizon pourtant ; bien sûr, tu étais sur ses terres et il était en droit de te chasser. Si le cas venait à se présenter, tu partirais sans histoires ; la bêtise se reconnaissait en ceux qui niaient leurs torts en les sachant réels. Avec un peu de chance, tu t’éloignerais de ton plein gré, après quelques paroles que tu espérais riches en informations.

    Tout était différent, mais semblable à la fois. Comme si vos doubles s’étaient matérialisés à vos côtés et joutaient ensemble par jeu, redevenus chatons le temps d’un duel éphémère entre deux formes spectrales. Tu les voyais presque, tu vous voyais presque, roulant sur l’herbe et la pliant sous votre poids infime, hésitant entre feulements simulés et véritable fou-rire. Tout semblait si loin. Tes pupilles ancrées dans les siennes, tu cherchais l’enfant qui y était enfoui, curieux de voir ce qu’il en restait après toutes ces années de maturité. S’était-il renié ? N’était-il plus qu’un stéréotype du clan de l’ombre, un matou sombre, silencieux et sarcastique, qui se fondait dans la moindre flaque obscure pour fuir les rayons du soleil ?
    Et toi, avais-tu changé ?

      « J'attendais que tu te décides à sortir de ta rivière bien-aimée, à vrai dire. »


    Il t’aurait presque arraché un sourire s’il n’était pas déjà présent sur tes lèvres. Un rien de sa part t’amusait beaucoup, et c’était un jeu que de noter ses mimiques alors que tu étais aussi immobile qu’un bloc de marbre. Il fouillait les alentours du regard, oppressé à l’idée qu’un de ses sbires découvre son chef parlementer avec un intrus sur leurs terres, effrayé quant au fait d’être renié peu de temps après sa nomination. Il s’agitait, fébrile, masquant son incertitude du présent par ses mouvements saccadés et quelques torsions de queue qu’il tentait de réguler. La différence entre vous se marquait encore plus ; plus petit que toi, il remuait certes peu, mais remuait quand même, alors que tu le dominais d’une demi tête, trop confiant pour avoir à craindre toute éventualité. Si l’un des tiens te surprenait ? Eh bien tu trouverais une explication. Si l’un des siens débarquait ? Tu en trouverais une aussi. Menteur invétéré, les prétextes n’étaient qu’une seconde vérité à tes yeux, et il fallait bien te connaître pour dissocier le vrai du faux.

      « Préférerais-tu que nous nous retrouvions en terrain neutre ? »


    Tu l’avais presque ronronné, susurrant ton demi venin d’un ton bas et grave, d’une exquise politesse. Le défi était lancé. Il te suffisait d’une phrase pour l’appréhender, et sa réponse t’intéressait au plus au point. En dépit des implications politiques que ta suggestion impliquait de prime abord – tu l’invitais à aller sur un terrain favorable, à sa convenance, et pliais donc devant lui – tu cherchais en réalité à le cerner via un choix lourd de conséquences. S’il acceptait, c’était qu’il ne se sentait pas assez sur de lui pour risquer de croiser un membre de son clan avec un chef potentiellement ennemi. S’il refusait, c’était qu’il était au final plus confiant, mais qu’il ratait une occasion d’asseoir sa domination sur un adversaire qui était extrêmement difficile de tempérer.

    Que prônerait-il ?
    Une impression de dominance et une relative sécurité, ou une prise de risque inconsidérée pour lui démontrer son assurance ?


    Les dilemmes psychologies te passionnaient.
    Au grand dam de tes cobayes.
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MessageSujet: Re: « REMEMBER » Pv. Etoile Abyssale   Ven 1 Mar - 19:01

❝ La mort c’est la finale, le sommeil c’est l’entraînement. ❞

Depuis combien de temps se connaissaient-ils? Le temps, chose bien complexe à définir, insaisissable, intraitable avec la vie. La vie elle-même qui semblait effrayée devant le temps qui passe, impuissante face à sa fuite inexorable. Vie, symbole de puissance à l’état pur, domination suprême, n’était inquiétée que de cela, cette chose qu’on avait appelé le temps. Elle-même s’était condamnée à mourir, en découvrant le temps. Si le temps n’avait pas été découvert, le temps n’existerait pas. Ce temps qui passait, s’effilochait sous son nez, l’inquiétait aussi, bien sûr. Celui qui ne s’inquiétait de rien était un imbécile, ou un ignorant. A choisir, mieux valait encore avoir peur de ce temps. Dans cette notion qui lui échappait parfois pourtant, Étoile Abyssale se remémorait ce que le temps avait pu lui apporter. Ces rires étouffés à la lisière des frontières, sous les taillis, la peur de se faire surprendre, le cœur qui bat à tout rompre, les courses-poursuites dans les prés. Enfantillages, innocence. Qu’était-il advenu de cette complicité secrète, fomentée à l’abri des regards? C’était peut-être ça qui avait conservé ce rapport de connivence qu’ils avaient réussi à créer : la discrétion. Et lorsqu’il le voyait assis là, en face de lui, nonchalant, roi des rois, mû par une sorte de supériorité qui agaçait le bicolore, il se rappelait que la discrétion avait pris une part importante de leur vie commune. Et Étoile Abyssale persistait à croire que cette même discrétion était la clé de leur fragile amitié, qu'elle permettrait à cette même amitié de survivre, dans le temps. « Préfèrerais-tu que nous nous retrouvions en terrain neutre? » Le ton narquois et hautain d’Étoile Obséquieuse irrita davantage encore le félin bicolore. Il reconnaissait dans ces paroles une sorte de défi, de mise à l'épreuve. Alors, Nuage Chaotique, cap ou pas cap? De leur enfance déjà, remontait ce genre de défi. Mais à cet instant, les enjeux n'étaient pas les mêmes qu'autrefois. Que croyait-il? Que la place de chef de Clan lui permettait tous les excès? Que ce statut allait lui permettre d'outrepasser les frontières et les lois? Il restait là, sans esquisser le moindre mouvement, statue de marbre que rien ne semblait pouvoir ébranler. Étoile Abyssale le toisa de haut en bas, toujours sujet à cette même agitation qu'il ne parvenait pas à réfréner, balancier du bout de la queue qui produisait un bruit sourd contre le sol, à chaque battement. Mais ne nous méprenons pas sur cette agitation. A la peur d'être surpris en compagnie du chef de la Rivière avait succédé une légère irritation qui pouvait se lire sur ses traits crispés. Le défi du meneur tonnait dans sa tête, mélodie insidieuse et infernale. Le bicolore devait faire des efforts considérables pour prendre sur lui et ne pas réagir impulsivement à la moquerie de son compagnon. Il leva la tête le plus lentement qu'il pu vers le chat tacheté, et fixa ses prunelles dans les siennes, arborant l'air le plus tranquille qu'il eusse souhaité avoir.
« Non, je ne voudrais pas manquer une éventuelle intrusion sur mon territoire. Le ton était un peu trop sec, trop précipité. Étoile Abyssale manquait encore de tact et d'expérience en matière de discours. Il tenta d'améliorer sa chute, en abordant quelques mots avec un sourire hypocrite. Mais je te remercie de ta proposition et de ton attention à mon égard.»
Ils avaient acquis tous deux de l'expérience dans l'art des sous-entendus, mais pas que. L'expérience était une vertu essentielle à un meneur, et Étoile Abyssale avait clairement l'impression d'en avoir beaucoup moins que le félin en face de lui, qui le contemplait d'un air satisfait, tout miel, ce qui le conduisait à un sentiment d'infériorité. Être inférieur, manquer de confiance en soi, étaient les pires tares qu’Étoile Abyssale pouvait cauchemarder de posséder. Or, face à l'imposant meneur du Clan de la Rivière, fin manipulateur, menteur de première classe, Étoile Abyssale ne pouvait se sentir que faible, impuissant. Et cette impression l'exaspérait au plus haut point. Il se redressa, espérant sans doute paraître plus digne de son rang, ridicule tentative qui ne le rendait que plus pathétique qu'il ne l'était déjà.

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