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 A new life begins. (PV Serres d'Aigle)

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MessageSujet: A new life begins. (PV Serres d'Aigle)   Lun 3 Mar - 6:24

As I walked out the door toward the gate that would lead to my freedom, I knew if I didn't leave my bitterness and hatred behind, I'd still be in prison. - Nelson Mandela

Mon départ ne fut pas le fruit de mon impulsivité, mais bien d’une mûre réflexion. Avant même que mes chatons naîssent, je savais que je serais contrainte de les quitter un jour. Le décès de mes deux premiers rejetons furent pour moi la confirmation que le Clan des Étoiles approuvaient ma décision, car il me serait alors plus facile de ne pas trop m’attacher à mon unique fils. Je ne dis pas que je n’ai pas été chagrinée par cette perte, détrompez-vous, mais j’ai simplement reconnue que certains sacrifices étaient nécessaires à l’équilibre des choses. Pour ce qui est du survivant, il était d’autant plus facile de ne pas remettre mon plan en question le concernant, car il était malgré lui le portrait tout craché de Flocon d’Avoine, son père.

Puisque c’était l’hiver et que la Cabane à Couper le Bois serait innocupée, je décidai de m’éclipser au beau milieu de la nuit, là où peu de chats sillonnaient la forêt et où je n’aurais pas à m’inquiéter de me faire suivre par mon fils. Il était encore jeune, mais il était déjà très téméraire. C’était l’âge de la découverte, après tout... Comment lui en vouloir? J’étais donc soulagée de ne pas avoir à affronter une horde de colosses enragés. Durant la saison des feuilles vertes, leur maître les détachait avant d’aller se coucher, ce qui rendait cet endroit très dangereux à fréquenter. Même si cet obstacle bien connu des Clans n’allait pas être un problème, j’étais tout de même très inquiète de m’y retrouver à nouveau, car je savais que de mauvais souvenirs allaient probablement resurgir dans mon esprit et me dévorer complètement. J’eus un frisson à cette pensée et je me promis de traverser cet endroit très rapidement.

Autant les bipèdes qui m'avaient reccueillis que mon fils n’auraient pas pu soupçonner quoique ce soit, car ils savaient tous très bien que je détestais être enfermée entre quatre murs et que je n’hésitais jamais à aller chasser quand j’en avais l’occasion, même lorsque la neige encombrait le sol et que le gibier se faisait rare. Je m'obstinais à le faire même si j'avais plus de difficulté qu'auparavant, car une de mes pattes arrières était blessée depuis le jour où Flocon d'Avoine m'avait férocement attaqué. Mes maîtres avaient été visiblement étonnés de constaster que je refusais toute nourriture de leur part, mais cela ne les avait heureusement pas empêchés de prendre soin de moi et de m’adopter. Je craignais, de plus, qu’ils me jettent dehors dès qu’ils découvriraient que j’étais enceinte, mais il n’en fut pas ainsi. Je n’aurais auparavant jamais cru penser une telle chose, mais malgré nos différences, je ne pouvais qu’être reconnaissante envers ces humains qui m’avaient sauvés la vie.

J’étais donc sortie par la chattière comme à tous les jours et m’étais retournée un moment pour contempler mon fils à travers la fenêtre. Il dormait profondément dans son panier. Je savais évidemment que ces mots seraient inutiles puisqu’il ne les entendrait jamais, mais ils sortirent de ma bouche naturellement : « Je suis désolée... » Le reste de mes pensées resta coincé dans ma gorge et je me dirigeai vers la forêt, le coeur lourd. Je ne m’y étais pas réellement aventurée depuis tellement de lunes! Combien? Je n’aurais su le dire, mais bien assez pour ressentir une profonde nostalgie. Mais avant toute chose, je devais me diriger vers l’endroit redouté: la Cabane à Couper le Bois. Bien rapidement, l’odeur infecte des canidés vint titiller mes narines et mes poils se hérissèrent sur mon échine. Je savais que ces odeurs n’étaient plus récentes, mais c’était une réaction que je ne pouvais pas contrôler. Ils étaient après tout le plus grand ennemi des félins depuis des siècles. Ma patte boiteuse fut pénible à traîner, ce qui ne me permis finalement pas de me distancer rapidement de la Cabane que j’évitais de regarder. Lorsque j’arriva enfin tout près de la lisière des bois, les parfums familiers de la nature me submergèrent agréablement et je fermai les yeux un moment pour les savourer. Ils se mélangèrent cependant bien rapidement aux parfums du Clan de la Rivière. Effectivement, je serais contrainte de pénétrer sur leurs terres, ce qui ne m’enchantait guère. Je devrais passer à travers les Rochers du Soleil qui, contrairement aux Grands Pins, ne m’obligeraient pas à faire un détour inutile. Avant de poursuivre ma route que je savais dangereuse, je jettai un coup d’oeil furtir à la Cabane derrière moi, interdite. J’avais essayée de l’ignorer, mais c’était trop tard, le geste était posé. Une seule chose à sa vue me rendait inconfortable : je n’arrivais pas à croire que j’avais pu vivre aussi près de celle-ci après ce qui s’était produit. Je fronçai le nez, dégoutée. J’aurais pu jurée à cet instant même avoir sentit l’odeur caractéristique de mon ancien mentor entremêlée à toutes les autres! Mais c’était probablement mon imagination qui me jouait des tours. Un traumatisme pouvait créer ce genre d’impression. Je m’efforçai alors de détourner mon regard et d’avancer droit devant moi. Tout ceci était très significatif, car c’était comme si je tournais le dos à mon passé, littéralement et figurativement à la fois. Je pris conscience qu’à chacun de mes pas, je me rapprochais de plus en plus de mon camp et que, cette fois-ci, la lâcheté ne serait pas une option. Même si j’étais dans un piètre état, j’allais faire ce voyage et retrouver la famille qui me manquait tant.

Mon estomac était noué par l’inquiétude, car je craignais de tomber sur une patrouille du Clan de la Rivière, mais je ne me laissai pas dominée par mes émotions négatives. Tout ce courage était nouveau pour moi et je compris que les épreuves que j’avais dû affronter m’avaient transformés. Je n’étais plus l’apprentie intolérante et malaimée que j’avais été ou l’Épines de Rose abattue par la mort de son bien-aimé. J’étais bien plus que ça: j’étais une survivante. Mes ancêtres ne m’avaient jamais abandonnés et je savais que Plume d’Ébène veillait sur moi. Je m’arrêtai un moment et leva les yeux vers la Toison Argentée. Dans un murmure, je m’adressai à ce dernier : « Je te fais confiance, mon amour. Je ne désire que deux choses: que le coeur d’Étoile des Illusions ne soit pas trop endurci par nos vieilles rivalités et que je n’aie pas a affronter la présence de chats ennemis. » Je soupirai légèrement. Je savais que c’était beaucoup lui demander, mais je ne perdais rien à le faire.


Dernière édition par Épines de Rose le Mer 5 Mar - 4:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A new life begins. (PV Serres d'Aigle)   Mar 4 Mar - 16:30

Cela faisait des lunes que j'étais revenu sur mes terres natales. Bien sûr, j'avais à tout prix évité le territoire du Tonnerre, craignant qu'une patrouille ne me trouve et me reconnaisse. Après tout, il voulait toujours me mettre à mort, même si j'avais été exilé par le passé. Toujours à cause d'un crime que je n'avais pas comis. Le monde est fou, mais qu'importe.
C'est donc inconsciemment que mes pas m'avaient guidé près du Ruisseau ou encore de la Combe Sablonneuse... fort heureusement c'est un apprenti idiot qui m'avait croisé. Il ne se souvenait pas de moi, à vrai dire il n'était même pas né quand je suis parti. Aussi fut-il aisé de mentir et de partir sans qu'il ne puisse souffler mot.
J'avais entre temps visité les terres du Vent, de la Rivière et échangé quelques mots avec un chaton de l'Ombre. Que d'aventures en somme. Il me semble cependant que ce n'est pas fini, pour la simple et bonne cause que je suis en ce jour revenu sur les terres de mon Clan.

Le soleil n'était pas encore levé alors que je marchais sous le couvert des arbres, savourant une douce brise qui caressait mon pelage tigré. La lune éclairait les bois de sa lumière couleur argent. C'était chaque fois le même spectacle dont je ne me lassait jamais. Parfois à travers les branchages et les feuilles vertes, je pouvais voir un rayon d'argent percer. Quelque chose de magique et magnifique qui me faisait tout le temps penser à mes jeunes années. Non pas que je sois vieux, loin de là... mais plutôt à ce passé qui me semble aujourd'hui révolu, où je pouvais prétendre accéder un jour au rang de chef. J'avais une situation stable dans mon Clan, j'étais aimé et respecté par tous car juste et amical. J'aimais une belle reine, dont j'ai oublié le nom tout ça parce que j'avais également un frère jaloux. Que le Clan des Etoiles soit témoin de ma haine envers lui. Je ne crois plus en ces histoires pour chaton naïf. Comment les ancêtres peuvent-ils permettrent le mensonge et le crime. Je me le demande encore.

Après de longues minutes de marche à travers la forêt, je remarque que mes pattes m'ont emmené jusqu'à la Cabane à couper le bois. Je ne m'étais pas rendu compte que j'étais aussi proche de mes anciens camarades et l'angoisse d'en voir un m'étraignait le coeur à chaque pas. Je rêvais, et redoutais à la fois, de tomber sur cet amour perdu. Je me souviens être venu ici avec elle, autrefois. Est-ce mon inconscient qui m'a poussé en ce lieu ? Je l'ignore.
Néanmoins, préférant la prudence à toute autre chose, j'ai préféré grimpé dans un arbre et m'allonger sur une branche, savourant la sensation que procure le vide. Je pouvais me reposer sans être dérangé. Du moins c'est ce que je croyais.
Allongé sur ma branche, somnolant, je n'ai pas tout de suite remarqué cette jeune féline qui s'approchait lentement, comme troublée. Avait-elle peur de tomber sur des patrouilles, des chiens ? Après tout, on n'était pas très loin de la ville, et parfois un canidé parvenait à se faufiler au dehors de son jardin, à l'insu de ses maîtres chéris.

Elle marchait doucement, son pelage bicolore me rappelant un instant ma mère, ce qui m'amusa quelque peu. Mais elle portait l'odeur des Bipèdes, mélangée à celle de la pleine du Vent, signe qu'elle y était passée pour venir.
Je fus surpris qu'elle lève la tête vers cet amas d'étoiles insignifiantes. Une ancienne guerrière ? Elle semblait parler à un défunt compagnon. Puis le nom d'Etoiles des Illusions me frappa. Ainsi elle avait quitté le Clan du Vent. Pourquoi ? De plus, si elle s'était par le passé attiré les foudres de la meneuse... pauvre damoiselle. J'avais plusieurs fois entendu que la chef était très sévère et stricte avec les siens, à un tel point qu'elle refusait tout bonnement de pardonner à ceux qui l'avaient insultée. J'ignorais pourquoi elle était aujourd'hui solitaire, mais cette minette avec quelque chose à cacher.

Toujours perché dans mon arbre, je lançai, sur un ton tout à fait neutre.

- Etoile des Illusions est endurcie de nature. Comme de la pierre. Tu peux toujours prier les vieux pour qu'ils fassent quoi que ce soit.

J'attendais qu'elle me trouve du regard pour afficher dans mes prunelles cette lueur amusée et à la foi sage, comme si j'étais un vieux matou ayant traversé les âges. J'avais traversé de nombreuses épreuves et aussi des terres inconnues. Les ancêtres ne m'avaient pas aidé. Ils n'aidaient jamais personne. Le Clan des Etoiles ? Balivernes.
Pauvre de toi si tu crois qu'ils t'aideront de quelque manière que ce soit.

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MessageSujet: Re: A new life begins. (PV Serres d'Aigle)   Ven 7 Mar - 4:59

J'avais à peine souffler ces quelques mots que je fus interrompu par un miaulement quelque peu impertinent. Cherchant avant tout du museau l'intrus, je ne tardai pas à lever la tête, surprise. J'étais plutôt contrarier de ne pas avoir sentie la présence de ce matou tigré plus tôt. Quelques lunes auprès des bipèdes étaient-elles suffisantes pour que j'oublie mon apprentissage de guerrière? Cette hypothèse m'agaça désagréablement et je chassai bien vite mes pensées négatives. Je me forçai à me concentrer plutôt sur l'odeur de ce chat perché dans un arbre qui ne m'inspirait déjà rien qui vaille. Je n'avais jamais aimée les opiniâtres et encore moins les pessimistes. Puisqu'il n'avait l'odeur d'aucun des quatres clans, j'en conclus qu'il était un Solitaire. Un peu comme moi, en somme, même si ma situation était plutôt compliquée. Je soupirai un moment. Je n'étais guère enchantée qu'il ait entendu mes paroles et je les regrettai aussitôt. Il avait été bien imprudent de ma part de m'ouvrir à vive voix de la sorte. Il était évident que n'importe qui aurait été curieux d'en savoir plus. Toutefois, sa connaissance d'Étoile des Illusions m'intéressa. L'avait-il déjà rencontré personnellement? Froidement, je lui répondis:

« Comment un simple Solitaire saurait quoique ce soit d'un chef de Clan? »

Et piquée au vif, j'ajoutai:

« J'aurais eu bien des raisons d'en vouloir à nos ancêtres, mais j'ai compris que ce n'était pas eux que nous devions blâmer avant tout. Par nature, les félins sont égoïstes. Moi la première... »

Je chuchotai ces dernières paroles pour moi-même, remplies d'une amertume que je ne cherchai pas à dissimuler. Après tout, se croire au-dessus du Clan des Étoiles, c'était être bien orgueilleux. Je lançai un regard de défi au Solitaire.
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MessageSujet: Re: A new life begins. (PV Serres d'Aigle)   Ven 7 Mar - 14:33

Le matou cendré continua d'agiter sa queue grise le long de la branche de son arbre. Il aimait regarder les autres dans leur étonnement, savourer ce moment où chacun le regardait avec mépris et agressivité. Partout où il était allé, dans chaque terre qu'il avait traversée durant son exil. Tous étaient identiques, comme gouvernés par une même étoile, une même loi stupide régissant leurs actes et leur pensée. Ils n'étaient plus libre d'agir et se contentaient de suivre le mouvement tels de vulgaires moutons. Parfois il se prenait à remercier son Clan de l'avoir chassé, son frère de l'avoir accusé à tort. Son bannissement l'avait protégé de cet enrôlement ridicule dont il avait eu la chance d'en réchapper.
En son for intérieur, Serres d'Aigle s'était toujours demandé comment les chats pouvaient le regarder avec autant de méfiance, lui qui pourtant n'était pas une âme belliqueuse par nature. Où était donc passée la confiance en autrui ? Disparue sans doute... de toute façon, il s'était résolu à ne plus voir de visage chaleureux avant longtemps. Il n'était qu'un banni, un meurtrier. Il n'y avait plus qu'un pas jusqu'au titre de démon sauvage, de bête féroce et à la place de choix dans les histoires que l'on raconte aux chatons turbulents pour les garder bien au chaud dans la pouponnière. Plus rien ne l'étonnait vraiment et il préférait s'attendre au pire plutôt qu'imaginer le meilleur et tomber de haut.

Perdu dans ses pensées, il ne releva tout d'abord pas les paroles de la femelle. Elle avait parlé froidement, mais ça lui était bien égal. Qu'importe la haine et le mépris qu'on lui portait, il s'en foutait comme de sa première litière ou d'une feuille tombée sous son museau. Voir la colère, et bien plus, dans les yeux de ses anciens compagnons le soir où il était parti l'avait comme vacciné contre ce mal grandissant.
Avec la réflexion, il eut envie de rire. Un simple solitaire ! Voilà qu'on faisait d'un prétendant au rang de Chef du Clan du Tonnerre un banal chat errant. Amusant. D'autant qu'avec le temps, la majorité des solitaires de la forêt connaissait l'histoire des Clans, leur hiérarchie, leurs lois et leurs chefs. C'était la moindre des choses si on voulait en tirer profit.
Puis, la compassion dont elle fit preuve à l'égard de ses chers ancêtres vexa le félin perché. Comment pouvait-on croire en eux après tout ce qu'ils n'avaient pas fait pour leurs descendants. Il faillit lâcher un grondement sourd mais se retint de justesse. Inutile d'alimenter encore l'animosité qui régnait entre eux.
Serres soutint le regard électrique de la reine bicolore, riant presque de cet air de défi. Que croyait-elle au juste ? Elle qui semblait affaiblie et surtout indisposée à remarquer la présence d'un chat dans un arbre. Soit elle était minable au combat, soit elle avait oublié son enseignement de domestique au profit d'une vie de peluche chez les Bipèdes. Quoi qu'il en soit, que pouvait-elle faire contre un solitaire endurci et suffisemment fort pour l'envoyer au tapis voire la tuer ? Rien en effet.

Il quitta son perchoir et vint se planter devant la minette, son museau à une queue de souris du sien, reniflant un instant bruyamment.

- Un simple solitaire hein ? Qui es-tu pour me juger sans me connaître. C'est bien naïf de ta part, toi qui semble être une ancienne guerrière !

Alors qu'il s'éloignait, il lui jeta un regard vide de toute émotion puis s'élança dans les buissons, faisant mine de partir, de l'abandonner dans ce lieu pour lequel elle ne montrait pas beaucoup d'affection.
Pendant plusieurs minutes, il ne donna signe de vie, s'éloignant d'elle comme on fuit la peste.
Mais il revint, tenant entre ses crocs une souris dodue. L'égoïsme... il lui préférait de loin l'atruisme, lui qui avait tant souffert d'un frère jaloux et d'un Clan candide. L'honnêteté lui avait pris beaucoup, et pourtant il continuait sa route en sa compagnie. Qui en aurait fait autant ? Qui pouvait s'en vanter ? Dans un geste las, il jeta le rongeur aux pattes de la femelle.

- L'ignorance semble être le propre des guerriers ces derniers temps. Vous parlez sans savoir, agissez sans jugement, bannissez sans chercher à comprendre. Assez ! J'ai trop donné pour ces "ancêtres". Où est donc leur gratitude pour quelqu'un qui a défendu son Clan au péril de sa vie, qui lui a tout donné, y compris son existance. Tes ancêtres ma jolie ne sont pas miséricordieux. Ils sont aussi des félins, morts, mais des félins quand même. Egoïstes au possible. Ils n'aident personne, jamais. Ils aiment faire croire qu'ils surveillent, mais ils ne font que nous regarder en chassant dans des bois abondants. Est-ce là ce que tu vénères ?

Serres cracha avec mépris, rabaissant ses oreilles en arrière et jetant un juron à leur égard.
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MessageSujet: Re: A new life begins. (PV Serres d'Aigle)   Sam 8 Mar - 4:40

Le regard moqueur et suffisant de ce matou me dégoûtait au plus haut point. Je sentais qu'il me jugeait sans aucun scrupule dans son silence. Je ne pouvais pas me vanter de ne pas en faire autant, mais je n'y pouvais rien ; la trahison de Flocon d'Avoine m'avait bouleversée au point que ma confiance n'était plus celle d'autrefois. Il était si facile de chercher son propre intêret ou d'offrir son aide pour une faveur en retour. Mon constat ne se basait que sur des faits: la bonté sincère se faisait rare. Je savais bien, à mon grand regret, que les Clans qui se déchiraient entre eux n'aidaient en rien les choses.

Lorsque le mâle descendit de l'arbre pour se retrouver face à moi, je ne pus m'empêcher de reculer de quelques pas. Je ne supportais pas de sentir son haleine me chatouiller les moustaches. Pour qui se prenait-il pour s'approcher aussi près de moi? Je lui montrai les crocs, insultée. S'il croyait pouvoir me dominer, il pouvait toujours rêver. Je me calmai toutefois assez rapidement, tout d'un coup plutôt mal à l'aise lorsqu'il releva ma naïveté. Il avait peut-être l'odeur d'un solitaire collée à la fourrure, mais je n'avais pas à insinuer qu'il en était un pour autant. Après tout, il avait dû me prendre initialement pour une simple chatte domestique... Ma maigreur, cependant, ne démentait surment pas mes véritables origines. Et peut-être aussi que l'odeur de mon Clan ne m'avait pas quittée totalement. Cela faisait pourtant environ quatre lunes, peut-être cinq, que j'étais partie. Ce n'était pas rien. Ma réponse resta un moment coincée dans ma gorge. J'avais soutenue depuis tout ce temps son regard, mais j'étais tentée de le fuir, honteuse. Comment avais-je pu sauter ainsi aux conclusions? J'étais bien la première à pouvoir le comprendre. Je me lichai le poitrail nerveusement.

« Je suis désolée... Je n'aurais pas dû me fier à ma première impression. »

Ma voix avait été, pour une fois, un peu plus douce. Je reconnaissais mon erreur. Lorsqu'il me quitta, visiblement contrarié, je crus qu'il en avait simplement fini avec moi. C'était sans doute pour le mieux, car je n'avais vraiment pas de temps à perdre. Même si le soleil ne se lèverait pas avant plusieurs heures, les Rochers du Soleil seraient longs à traverser et éviter la patrouille de l'aube du Clan de la Rivière était ma priorité. J'allais donc reprendre mon chemin, résolue, mais lorsque je le vis ressortir des fourrés pour me rejoindre, une proie pendue à la gueule, je m'arrêtai, perplexe. Qu'avait-il donc en tête? Pourquoi se préoccuper autant de mon cas? Il ne devait pas avoir beaucoup de compagnie. C'était sans doute la raison pour laquelle il aimait bien faire la morale à ceux qui croisaient son chemin. C'était franchement exaspérant. Lorsqu'il jeta la souris sur le sol, je crus qu'il allait s'attaquer à son repas sans plus tarder, mais il n'en fit rien. Avant tout, il préféra s'ouvrir le coeur sur un sujet qui le touchait définitivement. Ses paroles furent tranchantes. Elles m'ébranlèrent aussi violemment que s'il m'avait donné un coup de griffe en plein visage. Il m'était impossible de cacher la tension qui montait en moi. Je m'efforçai toutefois de me calmer. J'étais beaucoup trop agressive. Je sentais que malgré l'autorité dont il faisait preuve, son hostilité était dirigée vers le Clan des Étoiles et non vers moi personnellement. Puisque j'avais la certitude qu'il ne m'attaquerait pas, je n'avais aucune raison de sortir les griffes et de me cabrer de cette façon. Je me détendis donc. Je comprenais sa rancoeur, mais je ne pouvais pas me ranger de son côté. Je fus agacée de constater qu'il m'avait mal comprise sur un point. Je n'avais jamais dépeint nos ancêtres comme des êtres parfaits, mais je voulais plutôt mettre l'accent sur le fait que le Clan des Étoiles n'était pas responsable des moindres castratophes. Bien sûr, il pouvait contrôler les naturelles comme les tempêtes, les inondations ou les incendies, mais que pouvait-il faire contre les traîtres, les meurtriers et les ambitieux sans cesse insatisfaits? Les tuer un par un? Ce n'était pas toujours aussi simple... Mon coeur se serra douloureusement dans ma poitrine à cette pensée. Mon Clan me considérait déjà comme une traître et une meurtrière. À la fois injustement et avec raison. J'avais été lâche et je n'avais pas su prendre une décision éclairée. La panique avait pris le dessus. Ma grossesse avait compliquée les choses... Je n'avais pu me résoudre à confronter les miens. Je le regrettais aujourd'hui, car je savais que tout cela avait été plus que suspect. Je retrouvai bien vite mes esprits, et parla avec assurance:

« Tu parles de ces choses comme si tu n'avais jamais commis ces erreurs. Nous en faisons tous! Je ne sais pas ce qui te pousse à croire que le Clan des Étoiles nous méprise à ce point, mais je pense aux histoires de nos anciens qui, eux, ont vécus bien des épreuves, mais ont gardé foi en leurs aïeux. Et cette foi n'a pas été vaine, elle leur a plutôt donnée plus de force. On peut croire qu'ils se nourrissaient d'illusions, mais au contraire, ils ont vu le Clan des Étoiles intercéder pour eux et leur apporter l'aide nécessaire. Nous avons des attentes précises, mais peut-être qu'après tout, ils n'opèrent pas de la façon qui nous semble la plus logique. Je t'accorde toutefois le fait que nous savons si peu de choses les concernant. Vénérer est un bien grand mot. Ils sont nos ancêtres, pas nos dieux. Nous leur devons toutefois le respect. Je leur fais simplement confiance et je crois que c'est cette confiance qui fera la différence. Peut-être sont-ils en réalité plus limité que nous le croyons? Leurs interventions semblent toujours avoir été sous la forme d'avertissements. Je crois que parfois aussi ils nous exhortent simplement à la patience... Chaque chose en son temps. Mais je continue de croire que les chats des Clans ont fait bien plus de tort qu'eux. Je sais qu'ils étaient des nôtres auparavant, mais ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je ne parlais pas de leur nature, mais du fait qu'ils ne contrôlent évidemment pas nos actions. Ce sont elles, principalement, qui ont fait le plus de mal. »

Je fis une légère pause, avant d'ajouter:

« Parfois, ils nous donnent ce dont nous avons besoin et non pas ce que nous désirons. Et c'est sans doute beaucoup mieux ainsi... Tu as beau ne plus vouloir t'identifier à eux, il n'en reste pas moins qu'ils sont bel et bien réels et qu'ils ont leur rôle à jouer dans l'équilibre des choses. »

Je me ravisa bien de lui partager mon incompréhension concernant la division entre les Clans initialement établie par le Clan des Étoiles. Contester si rapidement cette décision m'empêcherait de réfléchir objectivement. Chaque chose avait sa raison d'être et qui étais-je pour m'opposer à leur héritage?
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MessageSujet: Re: A new life begins. (PV Serres d'Aigle)   Dim 16 Mar - 15:54

Serres la laissa parler. Il n'écoutait ce qu'elle disait qu'avec peu d'attention. Elle déblatairait des idioties, des paroles qui n'avaient pas lieu d'être. Leurs ancêtres ? Des saints ! La bonne blague. Il se rappelait tellement cette nuit d'orage où il avait dû quitté le Clan à cause de leur incapacité à prévenir, leur incapacité à dévoiler la vérité, à hurler sur tous les toits parce qu'elle était juste. Le mensonge avait fait du mal. Bien plus que d'aucun aimerait le croire. Il avait renoncé à son amour, à son poste de futur chef - car oui, il était en bonne position pour diriger un jour le Clan du Tonnerre, et sous son gouvernement il aurait été fort, puissant et respecté comme jamais. Il avait été accusé à tort d'avoir tué un chaton. Comment les ancêtres pouvaient-ils laisser un petit ange mourir à cause de la jalousie d'un faux frèr ? Monstres, tous autant qu'ils sont. Des idiots prétentieux qui ont fait leur temps et refusent de laisser leur nom d'éteindre. Aussi, ils hantent les rêves des vivants, font mine de connaître le futur et parlent à demi-mots. Est-ce là la preuve qu'ils sont plus forts ?

S'asseyant, il entreprit de lécher sa patte avant droit pour la faire passer derrière son oreille, témoignant ainsi de son plus grand irrespect pour le Clan des Etoiles. La chatte était en train de les défendre du mieux qu'elle pouvait, tentant inutilement d'équilibrer son jugement. Tout ce qu'elle pouvait dire se heurtait à l'oreille d'un sourd. C'était comme convertir un agnostique, qui ne croit pas en ces choses soit disant supérieurs à eux, dotées d'un pouvoir influent. Non. Ils n'étaient que des chats stupides, morts depuis des lunes. Il n'y croyait plus depuis bien longtemps. Pour lui c'était désormais des contes pour chatons. Il n'était plus un petit félin naïf.

- Tu gâches ta salive. En fait... je vais te dire quelque chose. J'ai appartenu à un Clan. On m'a accusé d'un meurtre que je n'avais pas commis. J'aurai pu être chef, mais mon frère était jaloux. Dis-moi comment tes ancêtres peuvent laisser un chaton mourir pour un combat qui n'est pas le sien ? Où est la justice, où est l'honneur du Clan des Etoiles ? Nul part ! Ils ne sont rien, juste une histoire pour gamins.

Il rit d'un rire jaune. La situation lui paraissait comique aujourd'hui. Là où il était allé durant son exil, il n'avait jamais entendu parler d'ancêtres. Des chats qui vivaient en petits groupes l'avaient accueilli pendant quelques jours. Ils ne croyaient pas en leurs ancêtres, juste en eux.

- Il n'y a que les faibles, ceux qui veulent s'attacher à des croyances qui prient le Clan des Etoiles. Les autres croient en eux, en leur capacité à affronter les événements. Parce que tu sais, si tu tombes dans l'eau, ce n'est pas un ancêtre qui va t'en sortir mais toi. Tu ne peux avoir confiance qu'en toi-même.

Le solitaire gronda un peu avant de fermer les yeux et d'aller faire ses griffes sur un arbre tout proche, ignorant son regard peut-être chargé de reproches. Elle pouvait bien penser ce qu'elle voulait, mais en attendant elle était maigre, sûrement solitaire et chassée de son Clan. Ils sont beaux ses ancêtres pour la laisser dans une telle pagaille.
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