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 « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]

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MessageSujet: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Ven 22 Fév - 19:26

    Je ferais pousser des fleurs dans mes cheveux,
    Je me ferais belle à t’en crever les yeux.


    L’on pourrait penser à un jeu. Un stupide jeu de séduction, où celui qui ferait craquer l’autre en premier serait le meilleur, simple moyen de flatter son égo tout en avouant des sentiments profonds et sincères. La vie serait plus facile dans ces conditions, mais dans ce cas précis, nul sentiments, nul envie de plaire à l’autre. Juste le besoin d’être au-dessus des autres, le besoin de les voir courber l’échine devant un être supérieur hiérarchiquement. Utopia n’attendait que ça, découvrir à nouveau l’hypocrisie dont pouvait faire preuve les gens à son égard, mais cette fois ce ne serait pas pour offrir des condoléances, non. Ce serait pour offrir du respect. Le respect dû à un chef de clan. Oh non, la jeune chatte ne comptait nullement détrôner leur meneur adoré, loin de là. Elle comptait juste se faire aimer de lui, ou du moins c’est ainsi que le ressentirait la populace. Cela faisait des lunes désormais. Des lunes durant lesquelles Douce Utopie passait son temps à suivre Etoile Obséquieuse, se rapprochant de leur meneur, le frôlant de tout son corps tout en déposant devant son museau une souris bien grasse, ou lui offrant un sourire qui ne laissait aucun doutes possible sur ses intentions. Séduction. Et loin de s’en cacher, la femelle préférait au contraire exhiber ses charmes autant à la vue de leur chef, qu’à la vue des autres. Moyen efficace, d’après elle, pour dissuader des potentielles concurrentes. Car elle refusait toute compétition, elle serait la seule. L’unique participante, l’unique gagnante. Elle obtiendrait les faveurs du tigré, de gré ou de force. Il avait eu l’audace de devenir lieutenant, poste qu’elle avait toujours convoité, et désormais le voilà chef. Et elle restait derrière. Il s’agissait là d’une situation qu’elle ne tolérait plus.

    Ce fut pour cela qu’elle se décida d’agir, une fois de plus. Suite à une partie de chasse plutôt réussie, la femelle revenait au camp sans se presser. Passant l’entrée, elle chercha bien vite du regard leur chef bien aimé, une souris imposante coincée au travers de la mâchoire. Utopia avait tout calculé, commençant à connaître les moments de la journée que préférait leur chef pour dévorer son repas, elle venait d’arriver pile à temps pour satisfaire l’appétit du viking. Viking qu’elle finit par trouver dans un coin du camp, à l’ombre. Il fallait admettre que le début de l’après-midi était superbe, avec un soleil resplendissant, bien qu’un sixième sens lui assurait déjà que le temps ne serait pas aussi agréable en fin de journée. Quoi qu’il en soit, ce fut d’une démarche souple, qu’elle tenta de rendre la plus élégante possible, que la guerrière se dirigea vers leur meneur. Une concurrente s’approche dans le même temps, avec également une proie en bouche. Un regard glacial, son épais pelage à moitié hérissé, suffit à faire comprendre à la jeune rivale qu’il valait mieux ne pas s’approcher de suite. Le message passa sans trop de difficulté, et d’autres chats avaient également remarqué la scène. Ce qui, encore une fois, était loin de lui déplaire. Ce ne fut qu’une fois face à Etoile Obséquieuse, qu’elle daigna poser délicatement sa proie à ses pattes, avant d’effleurer son museau à l’aide du sien, lui chuchotant d’une voix doucereuse qu’on ne lui reconnaissait pas d’ordinaire.


    « J’ai trouvé ça pour toi aujourd’hui mon beau viking, la plus grosse sur des kilomètres sans aucun doute. »

    Beau viking. Il n’apprécierait probablement pas le surnom, même s’il devait y être habitué désormais, et vu la taille de la souris qu’elle lui offrait, il n’avait rien à redire. Quand une fille vous paye l’addition, vous fermez votre gueule et c’est tout. Quoi qu’il en soit, à peine Utopia avait-elle déposer sa trouvaille, qu’elle contournait déjà leur meneur, effleurant son pelage du bout de sa queue touffue. A ses côtés, elle vint de nouveau lui murmurer quelques mots à l’oreille.

    « Bon appétit, et au plaisir. »

    Et, sans demander son reste, la jeune chatte fila. S’élançant en avant dans un bond souple, pour filer de nouveau vers l’entrée du camp. Il ne lui fallut qu’une poignée de secondes pour quitter ce dernier, prenant déjà la direction des rochers au soleil. Elle était partie tôt chasser pour le clan, et désormais elle ne désirait qu’une chose, prendre un bain de soleil. De plus cela lui permettrait de vérifier que leur territoire n’avait pas été violé, car il est connu que les rochers du soleil sont un territoire convoité par les autres clans depuis toujours. Après une bonne trotte, elle arriva au lieu tant désiré. Vérifiant qu’aucun intrus n’était passé par là, elle fut soulagée de constater que tout était en ordre. Ce fut donc sans le moindre remord qu’elle s’allongea sur l’un des rochers en question, s’étirant avec paresse pour finalement laisser le soleil la caresser de ses doux rayons. Dieu, que c’était agréable. Elle en ignora totalement le reste, y compris l’odeur d’un chat de son clan qui s’avançait vers elle. Alors qu’il ne s’agissait pas de n’importe qui.
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Ven 22 Fév - 21:06

A quoi jouait-elle ?
C'était une question qui restait sans réponse, et les théorisations aussi futiles que fertiles t'exaspéraient. Elle. Toi. Vous. Dans un ballet qu'elle avait monté de toutes pièces, valsant sur un rythme envoûtant auquel tu n'étais pas initié. Auquel tu ne voulais pas l'être. Que cherchait-elle ? Que voulait-elle ? La réponse aux premiers abords, était aisée. Ton cœur, auraient roucoulé les matous de ta cour. Ton âme, sifflait ta conscience, qu'elle voulait voler plutôt qu'embrasser, qu'elle dévorerait à peine aurais-tu le dos tourné.
Mais qui croyait-elle berner ?

Douce Utopie. Avait-on vu un nom aussi peu adapté pour un chat ? De la douceur elle n'avait hérité que la soie de son pelage, car son tempérament ardent te paraissait plus acéré que les crocs d'un renard. Si ses actions pouvaient l'être, elles cachaient au fond, tapies sous un duvet de fausse piété, un revers de sarcasmes et de sombres complots. Quant à l'utopie, ha ! Elle n'existait que dans son esprit, car le monde ne l'était pas et son mental encore moins. L'utopie, elle l'avait conçu à l'intérieur de sa boite crânienne, encore inviolée par les pensées inopportunes. L'utopie, elle se l’appropriait, se la faisait sienne dans ses rêves, imaginant déjà le monde parfait que serait sa terre si elle en était reine, hissée au sommet à la force de sa volonté, nommée maître, impératrice, souveraine, dieu d'un univers dont elle était le centre. L'utopie n'existait que dans ses yeux, lorsque le poison n'en masquait pas la couleur azurée. L'utopie n'était pas, et ne serait jamais. Elle n'était qu'un paradoxe, tristement nommée par un chat peu inspiré. Candide lorsqu'elle était encore naïve, elle avait pu valoir de tels qualificatifs ; leur mérite s'était évaporé à l'instar de sa jeunesse.
Douce utopie.
Triste ironie.

Voilé par l'ombre que dispensait une plante quelconque, tu la suivais parfois du regard, analysant ses moindres faits et gestes, devinant la vipère derrière la couleuvre. Tu n'étais pas devin bien sûr, mais quoi de mieux qu'un serpent pour en appréhender un autre ? Si cobra tu avais été, anaconda tu devenais ; fort et puissant, mais à l'inertie trompeuse. On supposait, à tort, que ta taille te clouait au sol et t'imposait de lents mouvements disgracieux ; pourtant lorsque la situation l'exigeait, il te suffisait de quelques gestes pour étouffer l'inconsciente proie, aussi grosse puisse-t-elle être.
Elle et toi. Vous n'étiez que des trompe-l’œil.
Derrière l'ombre à huit pattes se mouvait la veuve noire.
Au fond d'un sourire se cachaient des crochets venimeux.
Vils dissimulateurs.
Vous jouissiez de leur confiance absolue, agissant dans un anonymat presque parfait, bravant leur morale derrière un sourire de circonstance. Vous, reclus, vermines, adeptes des sommets de la hiérarchie, gangrène de la loyauté, vous, témoins de leur incompétence mais jouant avec leur foi presque touchante. Vous, intrus dans ce monde où les couleurs ne se liaient pas avec la noirceur de votre esprit. Vous, priant pour obtenir la couronne et la soumission du peuple.
Vous. Votre ambition. Vos ressemblances.
Et toi. Unique vainqueur.
Savourant ton triomphe derrière deux prunelles cruellement amusées.

Elle avait joué. Avait lancé les paris, risqué sa dignité et presque sa vie. Goutant désormais à l'acidité de l'échec, tachant de renaître dans ton ombre pour ensuite t'évincer. Était-ce là ce qu'elle voulait ? Ou n'étais-ce que ton imagination ? Impossible de le deviner ; uniquement des yeux pour la guetter, et l’interpréter. Lancer des théories au hasard et espérer tomber sur la bonne. Refuser ses sourires derrière un masque hermétique.
Et attendre ses faux pas.

« J’ai trouvé ça pour toi aujourd’hui mon beau viking, la plus grosse sur des kilomètres sans aucun doute. »

Comédienne.

Ton regard n'était peut-être pas aussi inexpressif que tu l'aurais voulu ; tu rêvais d'un masque lisse mais la curiosité et la perplexité se lisaient sur tes traits qu'elle savait si bien deviner. Voilà qu'elle te nourrissait, quémandant tes charmes comme une chatte en chaleur, remuant de la croupe et arquant le dos, bondissant d'un pas félin qu'elle n'avait pas besoin d'exagérer pour rendre aérien.
Tu en serais déjà charmé si tu ne la savais pas empoisonnée.
La souris tomba devant toi et tu lui jetais un regard distrait, feignant une mimique désolée à la minette effarouchée par les prunelles incandescentes de la brune. Oh, comme elle devait te jalouser ! Toi, roi indolent, courtisé par toutes celles qui rêvaient d'être couronnées reines. Entre celles qui voulaient ton cœur et celles qui désiraient ta place, le choix était facilement fait. Dommage pour toi, les plus intéressantes n'aspiraient qu'à te dérober trône et sceptre.

Elle se damna encore, lascive, sensuelle, glissant son corps fin contre le tien, mêlant vos fourrures et vos odeurs, te captivant de son parfum capiteux, t'ensorcelant de sa voix de méduse. Vipère ! Tu cillais, voulus la happer, et elle n'était plus. Dissipée dans la chaleur naissante de l'après-midi, fruit de ton imagination ou réelle disparition. Ignorance. Ce que tu savais sûr en revanche, c'est que l'envie de savoir finissait par te ronger. Et sans hésiter, tu bondis, suivant sans mal son fumet particulier, délaissant la souris offerte sans remords.
Entre la prêtresse et son offrande, le choix était vite fait.

En quelques bonds tu l'eus rattrapé, et après avoir hésité une demi-seconde, renonçais à lui couper la route. Tu te contentais de te couler à ses côtés, flanc contre flanc, adoptant une expression neutre, presque amusée, comme si vous étiez amis, amants, plus peut-être.
Que ce n'était qu'un jeu sans enjeu.

- Je n'ai pas besoin de ta charité. Sourire carnassier, regard en coin. Au fond, elle faisait son devoir. Comment lui en vouloir ? Mais merci. Pour le clan.

Bien sur. Parce que tu ne penses pas qu'à toi, évidemment.
Ou désires-tu le faire croire ?



Dernière édition par Etoile Obséquieuse le Sam 23 Fév - 2:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Sam 23 Fév - 0:33

    Je serais le serpent qui se glisse doucement dans ton lit.
    Mon poison dans tes veines deviendra une drogue.
    Cette drogue qui donnera un sens à ta vie.


    Il ne pouvait pas la berner, pas elle. Pas de cette façon. Pas à coup de façade, de masques froids, de voix dépourvues d’émotions. Non. Aussi perçut-elle la curiosité qui teintait son regard lorsque, pour la énième fois, elle lui apporta son repas, à l’image d’une mère un peu trop soucieuse de la santé de son petit. Comme à chaque fois il se retrouvait perplexe face à ces séances de charme, bien qu’il ne semblait pas s’en lasser, il savait parfaitement qu’il ne fallait rien espérer, rien attendre de la part de la guerrière. Il ne s’agissait que de vils stratagèmes, il en avait conscience. De son côté, la femelle se contentait de jouer son rôle, y prenant même un certain plaisir par moments. Car quoi de mieux que de menacer d’autres femelles, quoi de mieux que de paraître si proche du meneur, sans subir son courroux. Car il ne s’énervait pas, faisant preuve d’une patience dont elle ne le croyait pas capable. De ce fait, elle avait commencé à lui vouer une pointe d’admiration, à cause du simple fait qu’il parvenait encore à la surprendre, et ce malgré les années. Il n’était pas comédien pour rien lui aussi. Mais peu importe. Une fois sa représentation terminée, la brune s’était éclipsée et c’est ainsi qu’on la retrouva allongée sur un rocher, savourant les caresses du soleil. Bien que ce dernier ne fut plus le seul à la cajoler.

    En effet, bien qu’elle en ait ignorée l’odeur, Obsé’ venait de la rejoindre. Et si la demoiselle ne faisait preuve d’aucune retenue envers lui, l’inverse était tout aussi vrai, si bien que le tigré vint s’allonger contre elle, mêlant pour la seconde fois de la journée leurs fourrures et leurs parfums. Sauf que cette fois, le contact était de son fait. Un bien agréable changement. Ne tentant pas de retenir le frisson qui lui échappa alors, la jeune chatte ouvrit alors un œil, dardant cette prunelle verte dans celles, de même couleur, de son supérieur. Son roi. Celui avec qui elle partagerait le trône, à n’en point douter. Elle découvrit alors sa mimique amusée. Utopia songea à toutes ces chattes, qui tueraient, pour être à sa place. A tous les membres de ce clan qui se damneraient pour un sourire ou un peu de reconnaissance. Et tout cela, elle l’obtenait, sans même avoir à le réclamer, sans même avoir à s’agenouiller. Ce fut cette pensée qui lui tira également l’ombre d’un sourire, à la fois moqueur et charmeur. La comédienne avait un rôle à tenir. S’étirant de nouveau, la femelle roula sur le dos, exhibant un ventre duveteux aux teintes plus claires que le reste de son pelage. Elle attendait, patiente, qu’il daigne lui parler. Car il était venu à elle, hésitant à peine, pour finalement se lover à ses côtés. Il avait quelque chose à lui dire, ou à réclamer. Peu importe. Il n’était pas là pour rien, mais la raison de sa présence ici, il ne daigna pas la lui offrir. Le mâle se contenta d’une simple tirade, la remerciant de ce repas au nom du clan, tout en refusant lui-même de dévorer la proie. Pire, il lui parlait de charité. Face à cette accusation ô combien honteuse, le sourire de la femelle s’étira légèrement tandis qu’elle se courbait un peu plus, lovant ainsi sa tête contre le cou du meneur de la rivière. Moqueuse, elle répliqua d’une voix douce bien que teintée d’ironie.


    « Charité ? Quel bien vilain mot dans ta bouche. Ne peux-tu y voir un signe de mon affection et de mon amour ? »

    Le serpent avait parlé, sa langue sifflant au creux des oreilles du mâle. Pourtant cela sonnait tellement faux, et il ne serait sûrement pas dupé, tout comme il n’avait jamais été berné par toutes les tentatives d’Utopia jusque-là. Elle s’en moquait. Le but n’était pas de bien mentir, ni de faire sincèrement croire à un amour naissant pour mieux lui faire comprendre ensuite, une fois assise sur le trône, qu’il n’en est rien. Non. Elle n’était pas de ce genre. Elle ferait bien mieux. Elle se ferait acceptée, tout simplement. Il la choisirait, de son plein gré, parce qu’elle est le meilleur choix qui s’offre à lui. Peut-être ne le sait-il pas encore, mais elle avait bien l’intention de lui faire entendre raison. Cette histoire d’amour n’était donc qu’illusion, bien que nombreux seront les chats à se faire avoir par la combine. Mais pas lui. Pas eux. Ils étaient au-dessus de tout ça. Cependant, la chatte ne s’arrêta pas là. L’espace d’une seconde, elle devint plus sérieuse, cela se devinait à son regard presque glacial désormais, même si ce fut sur un ton tranquille qu’elle annonça :

    « Le clan me doit beaucoup. »

    Il ne s’agissait pas d’une question. Elle ne demandait pas l’avis du tigré, au contraire elle imposait le sien. Il s’agissait d’une évidence. Se pensait-elle supérieure et plus importante que les autres ? Probablement. Et cela non plus, elle ne tentait pas de le cacher. Peut être Obsé’ la remettrait à sa place suite à de telles paroles – depuis qu’il était meneur, il semblait être une autre personne, bien qu’elle ne parvenait pas à savoir s’il s’agissait d’une façade ou d’une réelle prise de conscience de ses devoirs – mais peu lui importait. Il était étonnant de voir à quel point elle pouvait se montrer fausse, mais aussi terriblement vraie, auprès de lui. Dans tous les cas, elle ne se vexerait pas. Et, ne souhaitant pas spécialement débattre de tout cela, elle finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis le tout début.

    « C’est bien la première fois que tu me coures après, le changement est agréable mais je ne peux m’empêcher de me demander… Pourquoi ? »

    Allons au vif de sujet mon beau viking. Tu sais bien que les devinettes, ce n’est pas son fort. Quoi qu’il en soit, la femelle retrouva une position convenable, s’allongeant de nouveau sur le ventre, sans pour autant se décaler ne serais ce que d’un centimètre de lui. Elle ne le quittait pas des yeux, tout comme l’amusement que lui procurait la situation ne quittait pas son visage.
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Sam 23 Fév - 1:37

Tu n'étais pas coutumier d'un contact aussi rapproché. En général, les félins qui te côtoyaient évitaient tout simplement le moindre frôlement envers toi, puisque tu avais la réputation d'avoir le sang chaud. Pire, de pouvoir être tantôt brûlant, tantôt glacial, réactif comme un mélange chimique encore inconnu. Personne ne savait comment tu allais réagir ; toi-même, tu l'ignorais. Tu agissais à l'instinct, suivant tes envies qui s'avéraient différentes d'heures en heures, de minutes en minutes. Tu pouvais sourire à une réplique qui t'aurais fait rugir. Tu pouvais bénir un insolent puis l'envoyer valser d'un coup de patte exaspéré. Ton rang leur imposait le respect, mais ta stature et ton caractère le faisaient naturellement. Comment savoir si la moindre nouvelle ne te ferais pas exploser ? Comment deviner, comment prévoir ?
Impossible.
C'était peut-être ce qu'elle aimait chez toi.
Ce que tu aimais chez elle, aussi.

Difficile de mettre un nom sur votre lien. Ce n'était certainement pas de l'amitié, et encore moins de l'amour. C'était, aux yeux de témoins aussi indiscrets que mal renseignés, un genre de flirt. Pourtant, c'était autre chose. Un combat implicite. Où elle prenait plaisir à se jouer de toi, à imposer des normes qu'elle brisait par la suite. A te promettre des roses pour t'offrir des chardons. A simuler la tigresse pour se faire tendre chaton. Et toi, à étaler ta réussite, à la narguer de ton rang, de ton pouvoir, à lui rappeler que le vainqueur, c'était déjà toi. Parce que ses plans dépendaient de tes choix, et que son avenir se trouvait entre ses griffes. Il te suffisait d'un soubresaut pour la briser... Ou l'emporter plus haut qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Elle s'était donnée. Damnée. Pas pour toi, mais pour elle. Pour la gloire. Pour sa gloire. Personnelle. Égoïste. Pour les mêmes raisons que toi, en fait. Et pourtant, il n'y aurait peut-être aucune finalité. Elle aimait trop jouer, et tu aimais cette fausse impression de puissance. Cet échange entre dominant et dominé, ou l'un était l'autre, et puis inversement. Le choix mettrait fin au jeu. Et ça, tu ne le souhaitais pas. Elle était bien trop distrayante.
Et elle se lasserait avant toi.

Alors tu t'étalais contre elle, comme si vous étiez proches depuis toujours. Parce que la comédie était votre monde. Qu'en jouant un rôle, elle composait peut-être cette inaccessible utopie. Comme deux mômes, vous jouiez. A faire semblant, et à croire en vos histoires, à un tel point qu'elles avaient fini par s'entremêler avec la réalité. Devenant une part de vrai, et masquant le faux qui faisait office de base. Un univers rien qu'à vous. Qui paraissait doux mais n'était que manipulations et provocations. Ta peau contre la sienne, tu mimais le parfait mâle, consentant à ses caresses, tolérant ses louvoiements entre tes pattes, mêlant ton odeur corsée à la sienne, imprimant ta marque sur son pelage épais et doux. Elle était tienne.
Et tu ne prêtais pas tes jouets.

Roulant sur le dos, elle te présenta son ventre pâle, nichant sa tête au creux de ton cou. Étrange situation. Tu avais son cœur en ligne de mire, et tu aurais pu déchirer ses ambitions d'une patte griffue. Parallèlement, il lui aurait suffi d'un claquement de mâchoires pour t'achever, puis mettre en œuvre une autre stratégie pour tuer ta lieutenante ou se faire aimer d'elle. Chemin bien plus long vers le succès ; il était préférable pour elle de rester dans celui qu'elle avait déjà tracé, menant tout droit à ton trône, au creux de ton ombre. Elle s'était déjà trop avancée sur ce terrain pour réduire ses efforts à néant. C'aurait été parfaitement stupide.

Détachant ton regard de sa peau fine offerte perversement à ta vue comme à tes crocs, tu cherchais son regard, le trouva, et t'y perdis un instant. Parfois, tu avais l'impression de lire en elle comme dans un livre ouvert ; et d'autres fois elle n'était qu'un bloc de marbre que tu ne pouvais qu'observer, témoin passif et volontairement écarté de ses machinations de vipère.

« Charité ? Quel bien vilain mot dans ta bouche. Ne peux-tu y voir un signe de mon affection et de mon amour ? »

Un léger rire te secoua, et tu t'échappais de son contact d'un mouvement de tête belliqueux, comme si tu la répudiais. Elle ? Mendiant affection et amour ? C'était trop drôle pour être vrai. Trop niais pour être digne d'elle. / Ce n'est pas parce que tu connais les mots que tu en interprètes correctement le sens. / Sourire partagé. Cynisme. Elle et toi ? Affection, amour ? En étiez-vous seulement capable ? Au moins, tu n'avais pas eu à vendre ton âme pour accéder au succès. Ta voie était tracée. Ou tu l'avais composée, à coups de boutoir dont le bélier était ton ego. / Sais-tu seulement ce qu'ils veulent dire ? / Oh oui vipère, décris moi un peu l'affection. Dis moi ce qu'est l'amour. Raconte moi comme ton cœur de pierre n'a jamais battu pour quiconque. Narre moi tes histoires tumultueuses et tes relations orageuses ! Parle moi des soubresauts de ton âme énamourée, confie-moi comme tu l'as aimé, et comme il te l'a bien rendu.
Crache tes couleuvres et donne-leur vie.
Je ferais semblant d'y croire.

Son regard se fit soudain plus froid, et tu penchais la tête, ne pouvant lui accorder plus d'attention qu'elle n'en avait déjà. Avec elle, chaque faux-pas était un bond en direction d'un ravin. Si elle était entre tes griffes, il te fallait du doigté pour qu'elle n'en sorte pas, aussi considérais-tu cette joute d'endurance avec le plus grand soin. Le clan me doit beaucoup. Oh. Etait-ce une affirmation ? Pire – et plus drôle encore – une accusation ? S'estimait-elle en droit d'être lieutenante à la place de celle que tu avais choisi ? Comme si elle méritait une telle place !
Comme si toi tu méritais une telle place.
Tu hochais la tête avec sérieux. Simulation. / Effectivement, toutes les souris que tu m'apportes et que je ne mange pas font des heureux. / Provocation. Certes, elle chassait, mais souvent uniquement pour elle. Oui, elle chassait les intrus hors de leurs terres, mais plus par envie de se battre que de défendre l’intérêt commun.
Un peu comme toi, en fait.
Elle te ressemblait à un point tel que s'en était troublant.

Elle finit par se retourner. Posant la question qui lui brûlait les lèvres. Et tu découvrais que la patience te seyait mieux qu'a elle. Cependant, elle avait certainement d'autres qualités que tu n'avais pas. Le charme féminin, par exemple. Mais ça, tu n'en voulais pas. Tu lui laissais sans regrets. Ainsi, elle se demandait pourquoi tu lui courrais après. C'était aisé à deviner : la curiosité était le plus efficace des moteurs. Elle l'avait certainement compris, mais voulait plus de détails. Toi, tu voulais jouer avec elle, pour une fois. Inverser la donne.
Être l'acteur, et la remettre à sa place.
Au rang de jouet.

D'un mouvement vif, tu projetais une patte dans sa direction, percutant son épine dorsale, juste assez pour la déséquilibrer. D'un antérieur, tu profitais de son trouble pour la basculer sur le côté, et dévoiler à nouveau ce ventre gris perle, exposé sans concessions préalables. Elle était sur le dos, à ta merci, et tes antérieurs se lovaient sur sa cage thoracique en une étrange caresse qui la maintenait en place. Tu baissais la tête, l'allongeant sur son poitrail à la toison fournie, devinant les battements furieux de son cœur malmené par la surprise. Braquais tes prunelles dans les siennes, accoudé à son corps chétif qui aurais pu être tien et dont tu te jouais.
Et te fendis d'un sourire plein de crocs.

/ Vendre son cœur pour la postérité... Je crois que ce n'est pas dans le code du guerrier. /

Et tu en aurais presque ri, si tu n'avais été chef.
Si tu n'avais pas à faire comme si tu y étais fidèle, toi aussi.
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Sam 23 Fév - 2:48

J’aimerais savoir comment faire,
Oui savoir comment te plaire.


Ce n’était pas un jeu. Malgré les moqueries, les rires masqués, les joutes, les dominations et les rôles qui s’inversent. Malgré tout ça, ce ne serait jamais un jeu. Ou tout du moins pas à ses yeux. Elle avait trop espéré de ces tentatives pour se permettre d’y voir un simple amusement. Elle avait parié ses espoirs et ses rêves, offrant son cœur et son âme au seul qui pouvait désormais lui offrir ce qu’elle désirait. Pure folie d’après certains, et elle les comprenait. Utopia pouvait même s’estimer chanceuse. Car elle avait confié la totalité de son être à une personne qui, pour l’instant tout du moins, ne prenait pas un malin plaisir à la réduire en lambeaux. Certes, le tigré y trouvait son compte, mêlant curiosité et amusement dans leurs parades, mais il ne tentait rien contre elle. Rien qu’elle n’a jugé inapproprié en tout cas. Et pourtant il aurait pu, et il le peut encore : arracher ce cœur frigide de sa poitrine, lacérer sa chair, détourner à jamais les yeux de sa silhouette afin de lui ôter tout espoir d’atteindre le trône tant désiré. Il n’en faisait rien. Probablement parce que, à l’image d’un bouffon encore utile à son roi, elle parvenait à l’amuser. De par sa franchise, régulièrement dissimulée sous un semblant de comédie, et son ambition. De par ce sang chaud qui bouillonnait dans ses veines, de par ce venin qu’elle produisait. Si semblables. Et pourtant, il avait ce petit truc en plus, ce petit rien qui fait qu’aujourd’hui il la surpassait. Entièrement.

Et la voilà contrainte à une vulgaire prostitution, offrant un corps et un semblant de prétendus sentiments, pour parvenir à ses fins. Et pourtant, la fin, elle n’en voyait pas le bout. Ses efforts portaient leurs fruits, elle était probablement plus proche de leur meneur que bien d’autres matous du clan. Pourtant ce n’était pas assez. Qu’attendait-il d’elle ? Un peu plus d’amusement ? La pousser à bout, à se dépasser et repousser les limites, jusqu’à ce qu’il se lasse de la distraction et la réduise à néant ? C’était peut-être ce qui l’attendait. Pourtant elle ne pouvait s’empêcher de caresser du doigt l’espoir que l’inverse ne se produise, à savoir qu’il succombe, que ce soit à ses charmes ou la pression d’un clan qui aimerait voir leur chef avec une compagne. La nécessité de savourer son avidité la poussait à lui plaire. La nécessité de satisfaire les conventions sociales tant aimée des chats du clan, le pousserait à la choisir. Elle s’accrochait à cette idée comme un naufragé à sa bouée. Il s’agissait là d’une question de vie ou de mort, et bien qu’il s’en doute, elle se refusait de lui dévoiler d’elle-même l’ampleur de son ambition, de ses sentiments. Et en parlant de sentiments, voilà que le tigré étouffait un rire, tout en la repoussant d’un léger mouvement de la tête. Et bien, la brune ne s’attendait pas à une telle réaction face à l’évocation de l’amour.

Il la pensait incapable d’aimer. Incapable des moindres sentiments. Etais ce vrai ? La jeune chatte étant incapable de s’imaginer dans une telle situation, à savoir amoureuse de quiconque, cela équivaut probablement à un non. Comment aimer, lorsque l’on déteste la mentalité d’un monde entier ? Comment aimer quand chaque parole, chaque geste de ceux qui l’entourent ne lui inspire que dégoût et mépris. Même si… aimer sa famille, cela reste de l’affection non ? Les aimer, au point de se sentir déchiré par leur disparition. Au point d’exploser face aux larmes, faussées, des autres. Au point de haïr la prétendue compassion des autres, au point de rejeter tous sentiments. Oui, elle avait aimé. C’est juste que….


« Cela fait longtemps que je n’ai pas pratiqué, rien de plus. Mais mon beau viking, il est bien effronté de votre part de me poser de telles questions, après tout vous-même ne détenez pas les réponses. »

Le vouvoiement, employé à des fins moqueuses, était venu naturellement. En effet, nos deux matous parlant d’amour, était une situation des plus risibles. Après tout, elle pouvait se permettre toutes les réponses du monde, il n’aurait pas le droit d’en critiquer la valeur ou la justesse. Car lui-même est incapable de tels sentiments. Et s’aimer soi même, ce n’est pas vraiment aimer, ce n’est pas du jeu. Le sourire de la femelle s’étira alors, franchement amusée par la tournure des évènements. Mais si la situation lui plaisait autant, c’est bien parce qu’il s’agissait encore de la comédie. Elle n’avait pas à être sincère, ni à offrir de vraies réponses. Car il ne s’agissait pas d’un débat, entre deux personnes proches, dans le but de se dévoiler à l’autre. Non. Et à partir du moment où elle n’avait pas à évoquer franchement ses sentiments, rien ne la dérangeait vraiment. Pourtant, elle fit l’effort de donner le fond de sa pensée. Une fois. Annonçant avec une arrogance certaine que le clan lui devait beaucoup. Le hochement de tête du mâle faillit la faire sourire de contentement, mais elle n’eut pas le temps de témoigner de sa bonne humeur qu’il prenait déjà la parole, détruisant tout ce qu’elle avait pu imaginer. Il ne l’approuverait pas. Il se contenterait de se moquer, évidemment. Il l’avait eu, joliment. Naïvement elle s’était accrochée à ce simple hochement de tête, sans se soucier de rien. Sa surprise se manifesta bien vite, sous la forme d’un feulement menaçant. Bien qu’encore sur le dos à ce moment précis, l’on devinait que son pelage se hérissait déjà sous le coup d’une colère passagère. Ses crocs devinrent visible l’espace d’une seconde. Le temps nécessaire pour que sa surprise mêlée de mécontentement disparaisse soudainement, en même temps que ses canines et le serpent furieux qui animait ses prunelles d’émeraudes. Chaud et froid. Mais, à ses yeux, sa mauvaise humeur n’était qu’une faiblesse. Faiblesse qu’Obsé’ savourerait un long moment à n’en pas douter. Il avait ce don de la surprendre, tantôt en bien tantôt en mal. Il était parfois dur de valser quand on ignorait quels pas exécuter.

La femelle se contenta donc de tourner la tête sur le côté, tout en se remettant sur le ventre, affichant la mine boudeuse d’une demoiselle capricieuse que l’on venait de vexer. Il fallait reconnaître un certain charme à cette mimique. A la manière d’une personne qui se mordille la lèvre pour étouffer le début d’un éclat de rire, elle venait de prendre cet air agacé pour masquer son accès de colère. S’en était presque adorable. Changeant de sujet, elle préféra se concentrer sur la raison de sa venue. Elle n’eut le droit en guise de réponse à un simple coup de patte, léger, suivit d’un autre. Ce n’était pas tant la violence des coups mais plutôt la précision de ces derniers qui la firent basculer de nouveau sur le dos. Surprise, bien que nullement gênée par l’emprise qu’il exerçait désormais sur elle, cela ne l’empêcha pas de rester immobile. Totalement. Les membres puissants du mâle se refermèrent autour d’elle alors qu’il nichait déjà sa tête sur son poitrail. Les prunelles du tigré se vrillaient déjà dans celles de la brune. Elle se perdit un instant dans la contemplation de ces yeux semblables aux siens, à la recherche d’une éventuelle réponse. Elle ne trouva rien. Résignée, l’ombre d’un sourire presque blasé aux lèvres, elle le vit dévoiler ses crocs. De nouveau moqueur.


« Je t’offre mon cœur plutôt que de t’arracher le tien, car cela non plus n’aurait pas été très correct si l’on suit le code du guerrier. Mais comme tu ne le suis que quand ça t’arranges… »

Le regard de la belle se mit alors à pétiller de malice, et elle ajouta alors, d’une voix douce de laquelle suintait une certaine ironie.

« Mon doux roi, serais ce déplacé de ma part que de te demander de me gratouiller ici ? » Elle désigna d’un simple regard un coin de son ventre sur lequel il s’était avachi. « Ou le code du guerrier interdit cela aussi ? »

C’est ce qu’on appelait pousser le vice, bien que rien ne lui garantissait qu’il répondrait à sa demande. Mais qu’y avait-il de mal, ça l’a grattait vraiment et comme le grand viking prenait toute la place…
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Sam 23 Fév - 3:51

Il n'y avait aucun doute sur ce point; elle était bien plus proche de toi que nul autre à présent. Mais tu consentais sans mal à lui léguer ton temps précieux, ne voyant pas en elle une véritable menace. Peut-être une concurrente potentielle, mais contre qui ? Avais-tu simplement le temps et l'envie de fonder une relation aussi vraie que la votre était fausse, et cette fois basée sur des sentiments vrais et réciproques ? Pour l'instant, tu n'en voyais pas l'intérêt. Elle était la seule à pouvoir te distraire aussi bien, la seule qui savait te provoquer de mots d'une exquise politesse, et te harponner d'actes audacieux qui ne poussaient jamais le vice trop loin. Elle était comme une ballerine, te frôlant de son ombre lascive, t'aguichant de sa simple présence, et tu consentais à participer au jeu jusqu’au moment où tes griffes se refermeraient sur son corps chétif, masqué derrière une fourrure qui la doublait de volume. Son mental était à l'identique de son physique. Elle cachait derrière un carcan bien poli, une âme aussi frêle que l'aile d'un papillon. Elle était la seule, pour l'instant, à attiser ton regard. Peut-être parce que tu étais incapable de l’appréhender totalement, mais surtout parce qu'elle ne se contentait pas de jouer la rebelle et de défier l'autorité. Elle suivait un processus longuement médité et dont chaque détail avait été évalué. Et, délicieuse particularité, tu étais l'élément central de ses théorèmes. Quelle minette pouvait se vanter d'avoir un schéma de pensée si retors ? Qui pouvait se faire aussi douce que brutale, aussi féroce que féminine ? S'il y en avait eu deux, alors tu ne serais pas là à batifoler avec elle. Mais peut-être l'appréciais-tu parce qu'elle était tout simplement ton clone.
Et tu t'aimais d'un amour pur et sincère.
Un amour d'égoïste.

« Cela fait longtemps que je n’ai pas pratiqué, rien de plus. » La bonne blague. Tu en aurais presque roulé des yeux si tu n'avais pas autant occupé à feindre l'intérêt. Aimer ? Elle ? Tu n'y croyais guère ; l'amour fraternel ne comptait pas. Auquel cas, alors tu avais aimé bien plus qu'elle. Ta jeune sœur était plus qu'un trésor à tes yeux : pour elle, tu léguerais ta couronne, ton trône, ton présent et ton futur. Pour elle, tu aurais mené ton clan à sa perte. Pour elle, tu te seras enterré vivant. Pour elle, tu irais jusqu'à sacrifier ta vie pour que la sienne soit austère et prospère. Elle était ta perle, ton cœur, ton âme. Elle était ton yin et tu étais son yang. Mais ça, personne ne devait le savoir. Jamais. Afin que jamais elle ne puisse être utilisée pour te nuire. C'était ton talon d'Achille, mais tu l'aimais d'un amour si démesuré qu'il en était inquantifiable.
Alors non.
Elle ne pouvait avoir aimé autant que toi.

« Mais mon beau viking, il est bien effronté de votre part de me poser de telles questions, après tout vous-même ne détenez pas les réponses. » Mais si à de telles paroles elle ne voyait qu'un besoin charnel de présence féminine, alors non, tu n'avais pas aimé. Tu n'avais pas besoin d'une seconde faiblesse, tu n'avais ni l'envie ni le besoin d'être vu comme l'une des parties d'un duo. La solitude t'allait trop bien au teint pour que tu puisses la sacrifier pour quelques repas partagés. A ses répliques pourtant, tu ne lui donnais qu'un regard terne et sans saveur. Ah, l'amour et la psychologie. De telles questions n'étaient intéressantes que lorsqu'elles étaient utiles pour prendre le dessus sur l'ennemi. / Tes sources sont peut-être erronées. / Comment pouvait-elle savoir ? Il pouvait s'être tapé une minette un jour où sa libido se montrait trop exigeante, un jeu avait pu dégénérer et partir dans un contexte où ni normes ni lois ne s'appliquaient. Elle ne le suivait à la trace que depuis sa nomination. Avant cela, elle ne pouvait se vanter de connaître son passé.

Viking. A bien y réfléchir, le surnom était aussi étrange qu'amusant, en supposant que toi et ton peuple aviez les connaissances nécessaires pour en comprendre la référence. Norvégien bâtisseur de drakkars, pillant les terres et massacrant sans pitié, cumulant les conquêtes terrestres comme féminines. Aussi flatteur qu'infondé, mais tu ne tiquais pas. En matière de surnoms, tu ne doutais pas de son inventivité, et elle pouvait certainement trouver pire, bien pire. C'était presque un honneur d'être affublé d'un pareil patronyme. Dommage pour elle, tu ne t'agenouillerais pas.

Et puis à peine eus-tu prononcé certains mots sacrilèges que tu la sentis se raidir. Ses griffes pointèrent à demi sous ses pattes ouatées, et tu entrevis l'éclat de crocs marbrés comme l'étincelle d'écailles vipérines au soleil. Par ta faute, l'hydre s'était réveillée mais se maintenait immobile, ne désirant pas ruiner ses efforts en une querelle aussi vaine que perdue t'avance. Elle était plus puissante que la plupart des femelles, mais tu étais taillé comme le peuple dont elle t'avait surnommé. D'un mouvement de pattes tu l'aurais écrasé. Ce n'était pourtant pas par peur de la défaite qu'elle avait étouffé l'orage qui grondait dans sa gorge, mais par nécessité. Elle ne voulait pas porter préjudice à ses propres efforts. Ne pouvait pas réduire à néant ce temps perdu à lui consacrer. La tempête disparut aussi vite qu'elle vit le jour. Ne laissant que vos deux corps tendus, car tu t'étais paré à toute éventualité, prêt à en découdre si elle s’était lancée dans une expérience suicidaire.

Et pourtant rien. Aussi vite qu'elle, tu avais remballé tes armes, ne prenant pas même la peine de la prévenir d'un demi-avertissement. Il t'aurait suffi de sortir les griffes et de les enfoncer dans sa peau satinée, de faire perler quelques gouttes de son sang, tes prunelles dans les siennes, auréolé d'une aura d'autorité invoquée par le rang de tyran. Il t'aurait suffi de tendre le cou pour foncer un ronronnement rauque, la gueule légèrement ouverte, frôlant sa paupière de crocs qui l'auraient rendu borgne en une seconde. Il suffisait d'un rien pour qu'elle comprenne. Mais tu supposais qu'elle n'en avait pas besoin. Qu'elle savait déjà qu'elle dansait sur une corde raide, et qu'avant d'attendre son but – l'autre côté – elle pouvait sombrer à tout moment dans le précipice de sa furie.
Un pas de travers, et elle n'était plus.
Douce folie.

« Je t’offre mon cœur plutôt que de t’arracher le tien. »
A vrai dire tu t'étais focalisé sur le début de sa phrase, outré par son arrogance. Comment ? Lui, barbare, tyran, viking ou qu'importe le nom, le rang ou la race, lui, chef du clan de la rivière, se faire arracher le cœur par une vile profane ? Ses fantasmes étaient d'une originalité douteuse. / Dans les deux cas tu fonces droit dans le mur. / Rictus de complaisance, et tu enfonçais plus encore ton menton dans l'amas soyeux de sa toison brune. / Mais tu peux toujours foncer tête la première et espérer y faire un trou. / Tu lui en aurais presque tiré la langue, jouant de ses mots comme tes tiens. Non, tu ne la prenais pas au sérieux. Pauvre d'elle.
« Mais comme tu ne le suis que quand ça t’arranges… »
Je ne suis que mes propres règles, chérie.
La loi, c'est moi.

« Mon doux roi, serais ce déplacé de ma part que de te demander de me gratouiller ici ? »
A elle de mener la valse. A toi d'être déconcerté. Perplexité soudaine rattrapée par un sourire qui se voulait nonchalant. Et tu cillais paresseusement, mimant la réflexion alors que le choix était tout arrêté. La gratter ? Et puis quoi encore ? / La question demande réflexion. / Tu détournais le regard, recherchait le sien pour le dédaigner ensuite. Pour déclarer enfin, faussement songeur. / Je n'en vois pas l'intérêt. A moins qu'il y ait une contrepartie intéressante. /

Tout travail mérite salaire.
Tout effort mérite récompense.
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Sam 23 Fév - 16:04

    Je t’ai déjà tout donné, tout proposé.
    Et pourtant tu ne parviens pas à t’en contenter.


    Des sources erronées ? Etais-ce possible ? Oui. Elle n’avait jamais prêté d’attention particulière au matou avant qu’il ne devienne lieutenant puis chef, elle ignorait donc tout d’une grande partie de sa vie. Et même actuellement, malgré ses efforts pour être toujours dans les parages, elle ne pouvait se vanter de tout connaître de sa vie sentimentale. Elle se contentait de supposer qu’il n’en avait aucune et, bien que persuadée d’être proche de la vérité, elle ne pouvait en être sûre. C’est vrai. Mais peu importe, lors de leurs danses, nul besoin d’être sûr. Car il n’y en avait jamais. Pas avec lui, pas avec eux. Trop instables, changeants, impulsifs. Il était impossible de prévoir, impossible de se lover dans des certitudes ô combien réconfortantes. Il n’y avait que le hasard, ajouté à une part de leur bon vouloir. Impulsif était vraiment un mot clé d’après elle. Ce sang chaud, bouillonnant dans leurs veines. Ce même sang qui avait poussé la brune, un peu plus tôt, à feuler, vexée par l’ironie du tigré. Colère passagère, qui avait mis le chef sur ses gardes. Tendu, il s’était tenu prêt à répliquer, elle l’avait bien perçu. Mais il n’avait rien fait, tolérant l’accès de rage momentané de la demoiselle, ne cherchant pas à la punir pour avoir osé cracher son mécontentement. Elle savait qu’elle était sa place, elle ne le savait que trop bien, il était inutile de le lui rappeler. Et cela, il l’avait compris. Elle était sur la corde raide, l’avait toujours été. Une situation qu’elle tolérait encore, bien que difficilement parfois. Son trône l’attendait, depuis trop longtemps déjà. Mais le matou ne semblait pas décider à le lui offrir. Probablement ne le ferait-il jamais, trop satisfait de l’emprise qu’il exerçait sur elle. A l’image d’un empereur qui n’avait qu’à lever ou baisser le pouce, pour satisfaire ou briser ses rêves de conquêtes.
    Injustice.

    Mais la comédienne se devait de continuer son rôle. Offrant son cœur, plutôt que d’arracher celui du viking, comme elle venait de le supposer. Une supposition qui le fit sourire, un rictus déformant désormais son visage. Un visage qu’il enfonça un peu plus dans l’épaisse fourrure de la guerrière. Il l’accusait de foncer droit dans le mur, mais que rien ne l’empêchait de se servir de sa tête comme d’un bélier, afin de faire céder ce mur. Bien que la remarque fût moqueuse à la base, la femelle ne put s’empêcher d’y trouver une certaine vérité, presque une certaine logique. C’était assez son genre de foncer de la sorte. Elle l’avait déjà prouvé, disant à voix haute ce que d’autres pensaient tout bas, fonçant tête baissée sans se soucier de ce que d’autres pourraient trouver à y redire. Et c’est ce qui lui avait coûté la défaite, c’est de par cette franchise irréfléchie qu’elle avait vu le poste de lieutenant lui filer entre les pattes. Et aujourd’hui, alors qu’elle tentait d’autres méthodes pour parvenir à ses fins, il insinuait qu’elle n’aurait d’autre choix que de faire comme avant : foncer. Etais ce là la seule possibilité qui s’offrait à elle ? Malgré ses stratagèmes, ses charmes, elle ne pourrait se complaire dans une fausse subtilité ?
    Comédienne vouée au rôle de gladiateur.
    Quoi qu’il en soit, il lui fallait prendre notre de l’humour du matou. Un humour presque exaspérant, qui la fit rouler des yeux en une mimique amusée.


    « J’espère avoir la tête assez solide pour, parce que tu en représentes un sacré, de mur. »

    Compliment détourné ? Pourquoi pas. De toute manière elle ne pouvait nier que le défi était de taille, après tout cela faisait des lunes désormais qu’elle lui courait après, sans obtenir les moindres résultats. D’ailleurs pour importe la finalité, il faudra au moins reconnaître à la brune une volonté presque hors norme. Guidée par l’ambition, l’égoïsme et un besoin de reconnaissance et de respect insatiable, certes, mais de la volonté quand même. Et elle en fit de nouveau preuve, réclamant quelques attentions de la part de son roi, indiquant le coin de sa peau qui la démangeait tant. Demande qui le déconcerta l’espace de quelques secondes. Il fallait admettre que la demande, déjà surprenante en soi, servait presque de hors sujet vu les propos qu’ils avaient tenus jusque-là. Faisant mine de réfléchir, le tigré finit par lui annoncer qu’il ne pouvait consentir à une telle demande sans obtenir quelque chose en retour. Maudit mâle. Elle aurait dû s’attendre à une attente de ce genre mais désormais rien ne lui venait à l’esprit. Que pouvait-elle lui offrir qu’il ne possédait déjà ? Une reine. C’est ce qu’elle eut envie de crier. Mais il le savait déjà, c’était ce qu’elle désirait et ce qu’il se refusait de lui offrir, même si cela aurait pu lui servir. Alors quoi ? Le meneur possédait déjà tout, et ce qu’il n’avait pas, il lui était aisé de l’obtenir. Il suffisait de demander. Or là, il ne demandait pas, il la laissait réfléchir.
    Elle détestait les devinettes.
    Soupir.


    « Ne pouvais tu y voir une demande fondée, quoi que farfelue, d’une chatte de ton clan ? Ça me démange vraiment. »

    Il n’en ferait rien. Et, n’ayant aucune contrepartie en tête à lui proposer, la demoiselle se décida à agir autrement. Et puis, elle avait été entre ses griffes depuis un moment déjà, échanger à nouveau les rôles ne pouvait être que bénéfique. Surtout pour elle. Ce fut pour cela que, mimant un étirement des plus paresseux, elle finit par inverser leurs positions, jouant la carte de la surprise pour pouvoir mener à bien ce plan. Le tigré se retrouva donc sur le dos, tandis que la chatte s’asseyait déjà sur son ventre, prenant soin de bien répartir son poids pour ne pas l’écraser pour autant. Lui jetant un coup d’œil amusé, elle finit par plonger la tête en direction de sa propre fourrure, venant mordiller l’endroit qui la gênait tant. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Une fois sa gêne soulagée, elle vrilla de nouveau ses prunelles vertes dans celles de son compagnon, refermant sa queue autour de lui, tel un étau. Etau protecteur, non pas violent. Il était sien, aussi vrai qu’elle était sienne.

    « Une contrepartie… Comme si je ne t’avais pas tout proposé déjà. »

    Cela, c’était vrai. Ne s’était-elle pas damnée ? Certes, pour ses intérêts. Mais de ce fait, il la possédait. Que pouvait-elle lui offrir de plus ?
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Sam 23 Fév - 16:58

Des résultats. Voilà ce qu'elle voulait. Et ne les voyait pas, ou ne parvenait à s'en contenter. Pourtant, le simple fait que tu sois là, avachi contre elle, plus conciliant qu'avec aucune autre, tolérant ses écarts et t'en amusant presque, recherchant parfois même sa compagnie pour le simple plaisir de la savoir imprévisible et sauvage. Elle n'était pas encore reine, mais la couronne était déjà sur sa tête ; tu ne lui vouais ni cœur, ni âme, et encore moins trône et parure, mais une attention qui faisait d'elle une personne plus importante qu'une autre, un individu que tu élevais consciemment au dessus du lot. Des résultats, il y en avait. Elle avait su se rendre unique, presque nécessaire à son quotidien, où aucun jour ne s'écoutait sans qu'elle ne manifeste sa présence teintée d'ambition.
Mais l'autre versant de la montagne était encore loin.

« J’espère avoir la tête assez solide pour, parce que tu en représentes un sacré, de mur. »

Et elle se versait dans les compliments, t'arrosant d'une condescendance mielleuse aux accents de vérité. Si elle était frustrée de ne pouvoir te lire, tu l'étais tout autant de n'être pour l'instant pas capable de deviner son avis à ton sujet. Comment te voyait-elle ? Était-elle si douée, si perverse qu'elle parvenait à te faire croire qu'au fond, elle admirait certains points de ta personnalité ? Selon toi, elle avait cédé face à l'amour du pouvoir parce qu'il correspondait au profil qu'elle recherchait chez un mâle. Si tu avais été un félin plus commun, friand de coutumes claniques et dispensant aide et tolérance gratuite aux quatre vents, elle n'aurait certainement pas joué à te charmer. Dominer à côté d'une guimauve n'aurait pu lui plaire. Comment savoir si tes pensées étaient justes ? Comment discerner la vérité au sein du vice qui était sien ? Tu aurais pu céder oui. Si tu avais été certain que seul l'amour du pouvoir ne la guidait pas vers toi.
Incertitudes.

Alors oui, tu étais un mur. Plan de béton face à l'eau furieuse qu'elle était, digne représentante du clan de la Rivière. Selon toi, les tiens arrivaient toujours à leurs fins, parce que l'eau savait contourner les obstacles. Il lui suffisait d'une fissure pour s'infiltrer, d'un orage pour se gonfler et dévorer le barrage. Elle trouverait le moyen de vaincre, parce qu'elle était une Rivière. Mais puisque tu l'étais­ de même, le combat était à forces égales. Et si l'un de vous ne se décidait à céder, alors tu ne voyais que deux solutions finales. Sa lassitude – son abandon, ta victoire – ou un compromis. Tu lui offrais la place qu'elle estimait sienne, et elle consentait à l'offrir ce que tu ne pouvais obtenir. Son cœur ? Tu n'en voulais pas. Ou pas de cette façon ; elle te plaisait trop à sa façon d'être et de ne pas être en même temps. Sa soumission ? Tu n'étais pas un tyran, et ne voyais aucun intérêt à brimer les esprits, fussent-ils aussi obtus que ceux de certains chats de ton clan. Que pouvait-elle te léguer contre une place au panthéon des étoiles ? Si tu l'avais su, la tâche aurait été plus aisée.

« Ne pouvais tu y voir une demande fondée, quoi que farfelue, d’une chatte de ton clan ? Ça me démange vraiment. » Jolie rime, avais-tu envie de souligner. Une demande fondée ? Oh, mais il fallait la compulser par écrit, puis lui faire signer quinze jours à l'avance voyons ! Non, c'est vrai, tu n'aurais pas consenti à ce genre de familiarités ; non pas parce qu'elle aurait pu y voir là un quelconque acte de soumission, mais parce qu'un tel partage te semblait écœurant de mièvrerie. Tu étais trop masculin pour parvenir à roucouler comme elle le faisait si bien, pour jouer à l'amant tout sucre tout miel et lui lécher le haut du crâne en composant une ode à son honneur.
Non, ce genre de choses, tu ne pouvais le faire.

Alors tu aurais pu la libérer. A peine eus-tu remué d'un muscle qu'elle bondit, inversant les rôles, t'assignant celui du tapis alors qu'elle se juchait sur sa carcasse solide, te surplombant de ses prunelles rieuses. Ta queue se tordit aussitôt, sinuant sur la surface du rocher, cinglant la pierre d'une cadence lente mais présente. Tu étais détendu, ne lui offrant aucune résistance, mais ton regard s'était acéré et tu ne fis aucun effort pour ne pas le montrer. Ça aussi, tu n'aimais pas. Etre sur le dos était difficilement tolérable. Tu te sentais vulnérable, exposé. Et ta tension en était empirée par ton consentement : tu la laissais faire ! D'un mouvement de hanches tu aurais pu l’éjecter, ou d'un coup de patte l'envoyer rouler en bas de son promontoire bien mal acquis. Mais tu ne bougeais rien d'autre que la queue, acceptant le rôle qu'elle t'assignait tant qu'il ne s'éternisait pas. Tu avais des limites, et elle venait d'en heurter l'un des bords ; à elle de savoir se retirer avant de le dépasser. Domaine dans lequel elle avait jusque-là, toujours excellé.

« Une contrepartie… Comme si je ne t’avais pas tout proposé déjà. » Un éclat facétieux dansa dans tes yeux à l'instar de celui qui passait dans les siens. Tout proposé ? Tu en doutais. Bien sûr, tu ne voulais de rien, mais il était plus drôle de lui faire croire que tu en pensais le contraire. / C'est te sous-estimer que d'affirmer une telle chose. / Elle avait de la ressource. Les chats de ton clan en avaient tout naturellement, et ça, tu étais trop orgueilleux pour concevoir le contraire. Même le plus jeune des apprentis de la rivière pouvait trouver plusieurs solutions à un problème. Même le plus infirme des guerriers pouvait vaincre, parce qu'il y avait toujours plus d'une voie à emprunter, rendue invisible pour ceux qui ne se donnaient pas la peine de la chercher. Elle trouverait. Peut-être pas une contrepartie, mais autre chose. Ce n'était qu'une question de temps.
Et tu ne comptais pas l'évincer, quels que soient ses choix.

Tant qu'ils ne te nuisaient pas.
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Dim 24 Fév - 14:49

    Laisse-moi te combler de ma présence,
    en échange d’un peu de reconnaissance.


    C’était désormais son tour de se montrer perplexe, ne tentant pas de cacher le mélange de curiosité et de surprise qui faisait étinceler son regard. Immobile sur son promontoire vivant, elle vrilla ses prunelles d’émeraudes dans celles de son compagnon, pour en découvrir l’éclat dépréciateur. Il n’approuvait pas la tournure des évènements, cette position qu’elle lui imposait. Et pourtant il ne bougea pas, tolérant le caprice de la chatte sans un mot, se contentant d’un mouvement de queue dans lequel elle pouvait deviner son agacement. Ou tout du moins ce qui s’en approchait. Cette docilité, cette concession à son égard, l’a surpris considérablement. A ses yeux, leur bonne entente n’était due qu’au rôle qu’elle jouait, lorsqu’elle prenait soin de ne pas frustrer leur meneur bien aimé. Elle aurait dû s’en apercevoir plus tôt, lors de sa colère passagère par exemple : sa vision des choses était totalement erronée. Il faisait des efforts, passant outre ce qui pouvait le déranger chez elle, oubliant ses écarts et ses changements d’humeurs. Elle était privilégiée, et semblait n’en prendre conscience que maintenant. La comédienne, trop concentrée sur son rôle, ne s’était même pas rendu compte qu’elle plaisait naturellement. Et que les traits de caractère qui ne convenait pas au meneur, n’avait que peu d’importance, car il lui pardonnait tout. Prêt à subir en silence une situation déplaisante. Oh elle se doutait que ce privilège ne s’appliquerait pas à chaque situation, il ne fallait pas en abuser ni tenter d’en repousser les limites. Mais le privilège était là tout de même.

    Quelques secondes s’étaient écoulée, le temps de sa réflexion, quand elle daigna réagir. Enfin, le tigré fut plus rapide, lui annonçant sans détour qu’elle se sous estimait, elle et son imagination. Pourtant elle ne trouvait rien à lui offrir, rien qu’il ne possédait déjà ou qu’il n’ait déjà refusé. Peut-être ne désirait-il rien dans le fond, et qu’il se contentait de se jouer d’elle. Mais il était hors de question de rester ainsi sans réponse à donner. Ce fut pour cela qu’un sourire malicieux se dessina sur le visage de la brune tandis qu’elle répliquait, d’une voix moqueuse.


    « Si tu veux des gosses il suffit de demander tu sais. »

    Ironie. Pensait-elle vraiment ses paroles ? Pas vraiment. Car à ses yeux, il était de toute manière hors de question de lui offrir une progéniture tant que la couronne ne soit pas officiellement sur sa tête, après quoi il n’y aurait plus aucuns soucis évidemment. Même si l’idée de se voir en mère avait quelque chose de vraiment risible, la chatte étant persuadée qu’elle ne possédait pas la fibre maternelle. Mais après, qui peut vraiment savoir, il paraît que cet instinct doux et protecteur ne survint qu’avec ses propres enfants et sûrement pas avec ceux des autres. Le sujet, intéressant, trotterait dans sa tête un bon moment maintenant. Mais revenons donc à notre viking, à peine sa tirade formulée, la guerrière pencha sa tête en avant, la nichant dans le cou du meneur en une douce caresse, aussi délicate que fugace. Car elle s’était déjà éloignée, délestant son trône pour retrouver la terre ferme. Elle ne comptait pas lui imposer plus longtemps une position qui le dérangeait, mais qu’il avait pourtant tolérer pour son bon plaisir. Un acte qu’elle n’oublierait pas de si tôt.

    Désormais de nouveau sur la terre ferme, toujours aux côtés de son compagnon, la chatte s’étira avec paresse, ronronnant presque sous les rayons du soleil. La journée était décidément plus qu’agréable, et bien qu’elle adore somnoler sous un soleil éblouissant, ses siestes ne duraient jamais longtemps. Déjà parce que le clan passait avant tout et qu’elle ne pouvait se permettre de lézarder toute une journée, et aussi parce qu’elle était incapable de tenir en place. A l’image de la rivière en constant mouvement, elle se devait de faire de même, pour éviter de devenir folle. C’est bien pour cela que chasser devenait un plaisir bien plus qu’une corvée. Et elle pourrait dire la même chose pour les patrouilles si elle avait la possibilité de les faire seule, mais c’était rarement le cas et ne supportant pas la compagnie des siens elle ne pouvait s’empêcher de haïr ces reconnaissances de leurs frontières. Mais aujourd’hui c’était différent, elle était tranquille et rien ne l’empêchait de vagabonder à sa guise. En compagnie d’Obsé’ si ce dernier le désirait, car sa présence ne dérangeait plus la brune depuis longtemps déjà, et pas juste à cause du rôle qu’elle s’efforçait de jouer. Non. Elle lui fit alors part de sa proposition, posant de nouveau son regard sur le tigré et lui demandant.


    « J’ai besoin de bouger. Tu m’accompagnes ? L’incroyable meneur de la rivière aura ainsi l’occasion de faire un début de patrouille et se rendre utile, pour une fois. »

    Sourire narquois. Une étincelle d’amusement au fond des yeux.
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Dim 24 Fév - 16:04

C'est vrai, elle était particulière. Peut-être pas unique, mais spéciale à sa manière. Si une autre chatte aussi déterminée qu'elle s'était pointée, te courtisant sans chercher tes faveurs et disparaissant la seconde d'après, sans doute y aurais-tu prêté la même attention. De même, si pour une raison où une autre, tu léguais ton pouvoir à un autre mâle, tu ne serais pas surpris de la voir te délaisser totalement pour charmer le nouveau venu. C'était dans l'ordre des choses. Un contrat tacite vous liait, et il n'était pas désagréable à honorer. Bien au contraire. Une fois domptés, vous étiez de bonne compagnie ; elle était moins rude qu'elle cherchait à le faire croire, et tu n'étais pas le volcan aux prémices de l'irruption qu'on imaginait. Au final, vous formiez un duo plutôt homogène.

« Si tu veux des gosses il suffit de demander tu sais. »

La moue répugnais que tu produis servit de réponse à ses infamies. Comment ? Toi, elle, un gosse ? Enfin non, des gosses ? D'accord, ils te répugnaient moins que tu le démontrais. C'est vrai, tu aimais éduquer les morveux qui levaient vers toi un regard admiratif, vénérant le guerrier rusé que tu étais et non pas le chef que tu devais être. Ils avaient du respect pour toi, et se donnaient du mal pour acquérir les compétences que tu daignais leur enseigner. Ils étaient touchants à leur façon. Mais tellement exaspérants le reste du temps ! Agités, bruyants, insolents, souvent en vadrouille alors qu'ils ne le devaient pas... C'était inacceptable. Alors les tiens ! Que tu ne pouvais pas fuir, que tu devrais surveiller, juguler, occuper, qui s'inspireraient de ton image et de celle de leur mère pour se construire et exhiber aux mondes vos défauts jusque-là dissimulés... ! Non, pas d'enfants. Ou pas maintenant. Tu n'avais la fibre paternelle qu'une minute ou deux, jamais plus. Le reste du temps, c'était une corvée que de les gérer. Et elle ! S'imaginait-elle bonne mère ? Après tout, pourquoi pas. Elle était tendre, au fond, et sa patience n'était plus à démontrer. Mais si elle devait s'occuper de ses gosses, elle exigerait que le père fasse de même, que le temps soit partagé. C'était valable, mais en bon mâle que tu étais, tu ne comptais absolument pas y céder.
De toute façon vous n'en vouliez pas.

Relevant la tête, il la sentit se couler auprès de lui en une tendre caresse avant de s’effacer, fidèle à ses habitudes. Un pas en avant, puis un bond en arrière, cultivant le mystère. D'un mouvement des hanches, tu basculais sur le ventre, lui lançant ta réponse au passage :  / Je te confierais le prochain apprenti, il saura calmer tes hormones ♥ / Selon tes souvenirs, elle n'en avait jamais eu. Toi non plus. C'était peut-être pour cela que vous tolériez si mal les enfants à long terme : après avoir chaperonné un gamin, le tempérament devait changer. La patience s’accroître, et la sévérité se nuancer. Tu ignorais quel genre d’apprenti tu pouvais donner, à l'issu de sa formation. Un guerrier à ton image ou un chat bien dans ses pattes et plus semblable à la communauté qu'à son mentor ?
L'avenir le dirait.

Lissant ton poil tigré de quelques mouvements de langue, tu pris un instant pour profiter du soleil et de la chaleur des pierres, bénissant cet endroit parfait qui était tien. Ah, comme ces rochers étaient convoités ! Mais jamais ce lopin de terre n'appartiendrait à un autre clan que celui de la rivière. Bondissant au bas de ton piédestal, tu rejoignis la terre ferme aux côtés de ta belle, méduse au poil brun et non vipérin, esquissant un sourire à sa proposition. Faire le tour des frontières ? En vérité, tu le faisais souvent, mais plus par volonté de joindre l'utile à l'agréable. Seul, tu errais au bord des frontières, la tête pleine de pensées. Puisque de toute façon tu devais marcher et t'isoler, autant le faire aux endroits où tu pouvais poutrer du solitaire. Ou en termes moins profanes, leur faire passer l'envie de revenir ici sans apporter de la nourriture pour le clan pour au moins deux saisons. / Me rendre utile... J'hésite, c'est contraire à mes principes, / la taquinais-tu, lui emboîtant pourtant le pas sans te faire prier. Refuser une balade où tu pouvais user d'ironie sans qu'elle se vexe, et t'amuser de son humour corrosif ? Il fallait être bête pour passer à côté d'une telle occasion.
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Dim 24 Fév - 18:32

    Let her find a way,
    to a better place.


    Elle en aurait presque éclaté de rire. Presque. Mais il était dur de résister quand on voyait le grand Etoile Obséquieuse esquisser pareille mimique de dégoût. La simple énonciation de potentiels chatons semblait le révulser au plus haut point ce qui, dans le fond, n’était pas si étonnant que ça. D’aussi loin qu’elle s’en souvenait, elle ne l’avait jamais vu apprécier véritablement un chaton. Ils étaient trop agités, trop bavards, se lançant dans des monologues à n’en plus finir, monopolisant ainsi le temps si précieux du meneur de la rivière. Non, décidément il n’aimait pas ces morveux insolents, sauf quand ces derniers arrivaient à se montrer suffisamment attentif pour retenir des leçons qui leur permettraient par la suite de servir dignement le clan. Il s’agissait là de la seule qualité qui sauvait ces malheureux du courroux de leur chef : leur curiosité. Tout du moins quand celle-ci était maîtrisée, et non pas transformée en un flot incessant de questions. La femelle se demanda ce qu’il en serait avec ses propres enfants, se montrerait-il plus tolérant ? Ou le fait d’avoir sous ses yeux le sang de son sang ne calmerait en rien son agacement ? Difficile de juger. Dans le cas d’une progéniture il était difficile de prévoir les réactions, encore plus quand il s’agissait des réactions du viking. Néanmoins, alors qu’elle se posait des questions, cela semblait on ne peut plus clair dans la tête du tigré : pas de chatons. En tout cas, pas pour le moment.

    Utopia s’était finalement éloignée, laissant enfin en paix le mâle, quittant son ventre duveteux après une ultime caresse. Le concerné pu alors se redresser, basculant sur le côté afin de se retrouver à nouveau sur le ventre, position qu’il semblait préférer à la première. Cependant, la chatte manqua de s’étouffer en entendant la réplique de son roi. Elle ? Avoir un apprenti ? L’espace d’une seconde elle se demanda si la tirade ne servait que de réplique narquoise, ou s’il pensait vraiment ce qu’il venait de dire. Elle finit par conclure qu’il était probablement sincère. Il n’aurait jamais évoqué un sujet aussi important et sérieux que l’apprentissage des petits juste pour la plaisanterie. Alors ainsi, il songeait à lui confier un chaton ? Il est vrai qu’elle n’en avait jamais eu jusque-là, n’ayant jamais dispensé son savoir à un autre. L’idée de devenir mentor la laissait d’ailleurs perplexe. Ce qui était sûr, c’est qu’elle ne saurait être le mentor compréhensif et doux comme la plupart des matous. Non. Pour elle, seul le travail importait. Si le chaton se montrait travailleur, curieux, intéressé, alors ça pourrait marcher. Bien qu’il se réveillerait chaque matin avec des courbatures à n’en plus finir. Exigeante aussi bien envers elle-même qu’envers les autres, elle avait bien l’intention de faire d’un apprenti un véritable guerrier dont on pourrait être fier. Et devenir un grand guerrier passe par un entraînement éreintant. C’était aussi simple que ça. Mais laissons donc ces réflexions pour plus tard, un nouveau sourire naquit sur le visage de la brune qui répliqua alors, faussement blessée.


    « Tu tiens tant que ça à me pourrir la vie ? Crois-moi, si j’ai un apprenti, nos entraînements se dérouleront le plus loin possible de toi, vil moqueur. »

    Oh ça c’était une certitude. Il était hors de question que le tigré s’approche du chaton dont elle aurait la charge, tout d’abord parce qu’il serait capable de raconter des horreurs sur elle, ou encore donner de faux conseils au petit qui ferait donc n’importe quoi devant Utopia, ce qui aurait le don de l’exaspérer. Ou même, le viking s’en prendrait directement à elle, signalant ses erreurs, ses mauvaises méthodes d’enseignement et j’en passe. Oui, si jamais elle devait avoir un apprenti, il était hors de question que le mâle s’en approche. Ce dernier venait d’ailleurs de savourer une dernière fois les rayons contre son pelage, ce dernier se teintant de nuance ambré forte élégante, pour finalement se redresser et lui emboîter le pas, dans le but de se dégourdir les pattes. Sans oublier une petite réplique au passage, sinon ce n’est pas drôle. Réplique qui, justement, fut assez drôle et parvint même à la faire rire. Un rire franc, pur, qui n’en restait pas moins aussi fugace que les caresses qu’elle pouvait lui prodiguer. Tout était dans l’intensité du moment. Le regard pétillant, elle lui jeta un coup d’œil amusé.

    « Décidément, notre clan peut être fier du roi de ces terres. Surtout ne prend jamais d’apprentis toi, tu serais capable de l’oublier par simple flemme. »

    Evidemment il ne s’agissait là que d’un mensonge. De toute manière, lui-même n’était pas sérieux en se disant incapable, car n’ayant pas envie, de se rendre utile. Tout le monde était obligé de reconnaître qu’il était un bon meneur, soucieux de son clan, et participant à son activité sans rechigner. Comédien lui-même, il jouait son rôle à la perfection, bien que ses motivations ne soient probablement pas aussi pures qu’il voudrait le faire croire. Au fond ils se ressemblaient vraiment, trop. Ce qui était aussi troublant qu’efficace, car leurs ressemblances leur permettaient de se côtoyer aisément. Probablement un coup du destin, car l’inverse aurait tout aussi bien pu se produire, ils auraient pu se sauter à la gorge, constamment. Et, simple guerrière, elle y aurait perdu énormément. Mais les concessions qu’ils faisaient, rendait leur lien unique et appréciable. Appréciable. Oui, la comédienne qu’elle était devait admettre qu’elle adorait la pièce dans laquelle elle jouait. Même s’il était hors de question de lui avouer. Quoi qu’il en soit, elle poursuivait sa route, auprès de leur meneur. Elle n’était d’ailleurs pas du genre à respecter une quelconque distance de sécurité, marchant à ses côtés au point de mêler leurs fourrures. Plus silencieuse qu’elle ne l’avait été jusque-là, la chatte profitait d’un moment de tranquillité nécessaire à son esprit. Trop parler, même avec son compagnon du moment, finissait par la lasser et elle finissait toujours par se taire à un moment ou un autre, pour se sentir mieux.

    Ce fut pour cela qu’elle resta muette jusqu’à ce que, à force de longer leurs terres, un bruit sourd se fasse entendre. Ils étaient presque arrivés à la cascade qui se trouvait sur leur territoire. Elle entendait le bruit de l’impressionnante chute d’eau. Un sourire apparut sur son visage. Elle aimait l’eau. Etrange pour un chat, peut-être moins pour un chat du clan de la rivière, mais elle appréciait particulièrement cet élément. Se trouvait au bord d’une rivière lui plaisait assez, nager ne la dérangeait pas plus que ça. Mais il fallait admettre qu’en cette saison, et malgré le soleil radieux, elle devait être particulièrement froide.


    « Dans d’autres circonstances, tu aurais fait trempette mon cher. »

    Ça avait le mérite d’être clair.
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Jeu 28 Fév - 14:08

    « Tu tiens tant que ça à me pourrir la vie ? »


Haussement de sourcils. Comment pouvait-elle penser que son unique but ne consistait qu'en l'agacer jusqu'à n'en plus finir ? Il était au-delà de tout ça. En tant que chef de clan, le matou marbré ne pouvait se permettre de placer un apprenti en de mauvaises griffes en guise de punition ; si les jeunes l’agaçaient considérablement, ils avaient pour lui une importance capitale, puisqu'il s'identifiait à eux, quels que soient leurs caractères. Élevé par le clan tout entier car orphelin, il avait eu la chance de connaître une enfance heureuse et riche en apprentissages divers, lui qui aurait pu être renié, répudié, oublié et qui finalement aurait fui son clan pour devenir un traître ou un solitaire. Les petits étaient infernaux mais les mentors les guidaient sur la voie de la connaissance, participant à la création de leur personnalité à l'âge adulte. Il était hors de question qu'un incapable soit élu comme mentor s'il n'était pas en mesure d'apporter lui-même les bases fondamentales à une éducation logique. A vrai dire, Obsé' lui-même ne se pensait pas encore prêt à prendre un chaton en tant qu'apprenti ; son envie de solitude et d'indépendance ne s'alliaient pas avec les règles qui régissaient le clan, autrement dit la confiance mutuelle et la tolérance d'autrui. Bien sur, Utopie était forgée dans le même moule, mais elle était plus sensible, plus patience lorsqu'elle le désirait. Elle forgerait un guerrier accompli, peut-être un peu bourrin et solitaire, mais bien dans sa tête et digne de combattre pour le clan de la Rivière.

    - Crois-moi, si j’ai un apprenti, nos entraînements se dérouleront le plus loin possible de toi, vil moqueur.
    - Tu n'iras jamais assez loin pour me fuir.


Qu'imaginait-elle ? Qu'il allait la suivre comme un chien après un boucher, le nez dans ses affaires et usant d'une ironie perpétuelle envers ses enseignements ? Au contraire, s'il lui confiait un chaton c'était parce qu'il la sentait digne d'en faire un individu accompli ; mais cela elle ne pouvait le savoir. Il n'irait jamais jusqu'à pister les chats en charge d'un morveux, critiquant leur façon de faire ou de voir les choses, contredisant leurs paroles et les tournant en ridicule. Il était chef de clan et par conséquent, se devait d'être un exemple pour les plus jeunes comme pour les vieux, et ce en dépit de son tempérament plutôt... Belliqueux. Elle se fourvoyait ; l'éducation qu'elle pourrait fournir ne serait pas basée sur l'amour du clan mais plutôt la résistance mentale, différant de ce fait des autres matous. Néanmoins, devenu guerrier, son ancien apprenti ne serait pas sa copie conforme. Le meneur était certain qu'au contraire, elle ferait de son mieux pour qu'il réussisse là où elle avait échoué.

    « Je crois au contraire que tu ferais un bon mentor. Encore faut-il trouver l'apprenti qui te supportera. »


… Ou l'inverse. Les chatons en âge d'être pris sous la coupe d'un adulte étaient... de vrais stéréotypes. Joyeux, bavards, énergiques, ils étaient l'idéal d'un guerrier lambda, mais pas celui d'Utopia qui risquait de briser leur joie de vivre avec ses leçons aussi glacées que ses paroles. Inutile de lui jeter un morveux entre les pattes uniquement pour l'occuper. Le choix se faisait à deux, et peut-être même à trois. C'était une décision qui devrait prendre en compte les envies du mentor et celles du chef de clan, mais parfois aussi la volonté de l'apprenti.

    « Décidément, notre clan peut être fier du roi de ces terres. » Le début était trop beau pour perdurer ; à peine eut-il le temps d'ouvrir la bouche pour contester – il n'était certainement pas roi – qu'elle enchaînait, taquine : « Surtout ne prend jamais d’apprentis toi, tu serais capable de l’oublier par simple flemme. » Un léger rire le secoua, et s'il n'avait pas ces responsabilités sur les épaules, et quelques saisons en moins, il l'aurait bousculé d'un coup de tête ou d'épaule, l'envoyant mâcher l'herbe qu'elle foulait avec insouciante. « Quelle haute opinion de moi as-tu ! »


Mais il ne nia pas.
Ce ne serait pas la flemme qui l'empêcherait de prendre en charge un gamin, mais l'idée que ses paroles – qu'il considérait si précieuses ! - soient perdues dans les rires d'un inconscient qui irait courir après sa queue. Obsé n'avais pas de temps à gaspiller pour des discours vains et des leçons qui ne menaient à rien d'autre qu'à l'échec par manque d'attention. C'était pour cela qu'il préférait les adultes ; eux au moins, avaient la décence d'écouter.

Le silence succéda alors aux paroles, et le meneur qu'il était se plongea dans ses pensées, imaginant ce que serait son quotidien s'il devait suivre à la trace un jeune chaton, ou superviser l'apprentissage de ceux qui seraient pris en charge par d'autres que lui. Lancé en pilotage automatique, il était comme aimanté par Utopia et la laissait guider ses pas, usant de la chaleur de son corps pour s'orienter, les yeux fixés sur un point perdu dans l'horizon, alors qu'images et bruits se succédaient dans un endroit qu'il était le seul à percevoir. Ce fut son arrêt qui le perturba et brisa subitement le fil de ses pensées. Largué dans le monde réel, il cilla puis rattrapa rapidement le fil, tournant vers elle un regard neutre quoique légèrement taquin. Elle ? Le jeter dans la rivière ? Si elle était plus forte que la plupart des femelles, lui trônait en haut du top ten des mâles, et méritais largement sa place de chef. Comme elle avait pu le souligner, il était bâti comme un viking, et le déraciner de là où il était posté n'était pas tache aisée.

    « Encore aurait-il fallu que tu le puisses. » Bien sûr, cela sonnait comme un défi, et pourtant un bain d'eau glacée ne le tentait absolument pas ; bandant ses muscles, il bondit alors, se réceptionnant souplement sur un rocher plat au milieu du courant, ses griffes ancrés dans l'amas de mousse humide qui le recouvrait.


Retour express à l'age juvénile.
The river is lava !

    ( J'suis partie en mode troisième personne du singulier, influencée par la lecture de ton RP xD Dis moi ce que tu préfères ! )
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Sam 16 Mar - 17:08

    Tu n’iras jamais assez loin pour me fuir.
    Dans d’autres circonstances, cette simple phrase aurait pu paraître incroyablement romantique ; citation d’un mâle fou amoureux de sa compagne, si bien qu’il se refuserait à la laisser partir. Jamais. S’en était presque amusant, surtout qu’en vérité elle ne voulait pas le fuir, bien au contraire. A l’image de cette compagne douce et aimante, elle ne le lâchait pas d'une semelle, s’accrochant désespérément à lui, ce n’était pourtant pas l’amour ou la peur de se retrouver seule qui guidait ses actes à son égard, mais bien son avidité accouplé à une détermination sans faille. Elle ne faillirait pas, c’était une certitude. Mais la jeune chatte restait trop souvent obnubilée par le but qu’elle s’était imposée, oubliant parfois le lien plus simple qui l’unissait à son meneur, à savoir l’affection. La simple satisfaction d’être à ses côtés, le plaisir qu’elle en tirait, les rires ou les moqueries qu’elle pouvait lâcher. Oui, il y avait plus qu’une simple tentative de manipulation. Mais elle avait tendance à l’oublier, comme en cet instant, si bien qu’elle fut surprise, et tenta vainement de le cacher, d’entendre le mâle lui rétorquer qu’elle ferait un mentor de choix sous réserve de lui trouver l’apprenti adéquat. Utopia garda le silence un bref instant, méditant ces paroles. Ferait-elle un bon mentor ? Comme n’importe quel chat, elle espérait que oui. La femelle avait certes des envies de pouvoir, mais estimait ces dernières justifiées à partir du moment où elle servait correctement son clan, et c’est ce qu’elle a toujours fait. Bien que solitaire et possédant un caractère de chien, elle s’était battue pour les siens, avait chassé pour eux et bien d’autre. Former un apprenti serait un autre don fait au clan, lui donnant l’occasion de faire d’un simple chaton un guerrier dont tous pourraient être fiers.

    Oui, l’idée était séduisante en théorie. Et en pratique ? La chatte se savait facilement agacée par trop de niaiserie, trop de gentillesse ou de naïveté, c’était d’ailleurs ce qu’elle craignait le plus chez un futur apprenti, cela bien plus que son hyperactivité ou son inattention. Elle se savait capable de patience, prête à répéter ses informations pour le chaton comprenne. Cependant elle se savait aussi exigeante, ce qui fait qu’elle ne serait peut-être pas très aimée de l’apprenti, mais ce qui garantissait un entraînement digne de ce nom. Le chaton aura beau lui faire la gueule, le résultat final sera tel qu’il viendra la remercier en rampant. C’était tout du moins ce qu’elle espérait. Mais peu importe. Vrillant ses prunelles vertes dans celles de son compagnon, alors que tous deux poursuivaient leur marche, et elle lâcha alors dans un souffle, une lueur intriguée dans le regard, témoin de la surprise qui la saisissait encore :

    « Je ne pensais pas que tu avais une si haute opinion de moi. »

    Car en plus d’y voir un compliment sur ses capacités, il fallait y voir une marque de respect, de confiance. Elle connaissait suffisamment Obsé’ pour savoir que, à défaut d’aimer les chatons, il voyait en eux l’avenir du clan et prenait donc très à cœur leur apprentissage. Il n’irait donc jamais les confier à un guerrier qu’il jugerait inapte pour une telle tâche. Il était même suffisamment sage, à moins qu’il s’agisse de flemme comme elle venait de le lui signaler en usant de la moquerie, pour ne pas s’occuper lui-même d’un jeune chat. Il ne souhaitait pas échouer dans l’inculcation de son savoir. Elle respectait son pragmatisme. Et alors qu’un rire secouait le matou, Utopia se contenta d’un mince sourire amusé en guise de réponse. Evidemment, malgré l’ironie, elle avait en effet une haute opinion de lui. Sincèrement. Car elle ne perdrait pas son temps avec lui si ce n’était pas le cas. Son besoin de reconnaissance et son envie de siéger à ses côtés la poussait en effet à se surpasser dans sa comédie, une comédie qu’elle n’aurait cependant jamais entamé si le matou n’en avait pas valu la peine. L’idée de passer ses jours aux côtés d’un chat qu’elle jugerait indigne d’elle ne l’enchantait pas le moins du monde. Reine peut-être, mais noble et digne avant tout. Hors de question de se trimballer auprès d’un abruti fini.

    Peu importe. Plongée dans ses pensées, ce fut leur arrivée près de la rivière qui la contraignit à quitter sa rêverie. Elle alla même taquiner le grand chef, lui signalant sans détour qu’elle l’aurait volontiers expédié dans l’eau si le temps s’était avéré plus agréable pour ça. La réplique du mâle ne tarda pas, provocant, tandis qu’il insinuait qu’elle était tout simplement incapable d’une telle chose. Dis donc, si les femelles sont plus faibles que les mâles, ne sont-elles pas plus fourbes ? Pour compenser justement ? Il existait milles façons pour elle de faire tomber son viking, et elle comptait bien le lui prouver un jour. Mais pas aujourd’hui. Il lui arrivait d’être adepte de ce dicton « ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse » et dans ce cas précis elle serait capable de tuer le premier qui oserait vouloir la jeter dans cette eau glacée. Quoi qu’il en soit, elle admira le matou sauter sur un rocher avec souplesse, un sourire amusé sur le visage. Les moustaches frémissantes, elle n’attendit pas longtemps pour le rejoindre. En un bond elle atterrit à son tour sur une pierre, voisine à celle de son compagnon, pour finalement rejoindre ce dernier plus tranquillement, se nichant sur son rocher également. L’absence de place rendait la tâche peu aisée et désormais le moindre mouvement, de sa part ou de celle d’Obsé’, pouvait les faire basculer tout deux. C’est probablement ce qui amusa la femelle sur le moment, l’idée de dépendre de lui, et surtout de savoir qu’il dépendait également d’elle.

    L’autre avantage de cette position était qu’elle n’avait d’autre choix que de se lover contre lui, mêlant sa fourrure avec la sienne, pour la énième fois de la journée. Loin de lui déplaire, son sourire s’accentuant, moqueur, et le regard brillant. Ô mon doux viking, elle n’en aurait jamais fini avec toi. Jamais. Quoi qu’il en soit, la chatte se trouva une position plus agréable, se glissant entre les pattes de son partenaire pour venir s’allonger sous lui, son front caressant délicatement la gorge du matou, alors qu’elle vrillait désormais son regard sur l’eau glacée. Quelques poissons passaient à tout allure, défilant sous les yeux d’émeraudes de la demoiselle, celle-ci finit par lâcher.

    « Vivement que la saison froide se termine, je suis lasse de ce temps. » Plus taquine, elle ajouta très vite. « Et imagine nous au printemps, gambadant dans des champs de fleurs, oubliant le reste du monde. »

    Elle ricana. En vérité elle n’était pas du tout de ce genre là, ce côté romantique naïf n’était pas pour elle. De son côté, si elle devait envisager une relation amoureuse, cela serait basée sur de la confiance, de la compréhension. Des valeurs autrement plus sûre qu’une simple passion à l’aveuglette dans le but de satisfaire un puissant besoin de se mettre en couple.
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MessageSujet: Re: « Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]   Sam 16 Mar - 20:55

Tu n’iras jamais assez loin pour me fuir.
Si la phrase avait évoqué chez Utopia quelques romantiques réminiscences, ce n'aurait pu être ton avis si d'aventure la phrase t'étais jetée en pâture. Pour toi, la répartie cachait presque une menace, qu'en parlant tu n'avais pas voulu exprimer. Cependant, en utilisant un ton tout autre, et en masquant la lueur pétillante qui dansait dans ses iris, la tirade n'aurait plus été qu'une sombre prédiction. Où qu'elle aille, quoi qu'elle fasse, qu'importe ses alliés, tu saurais la retrouver... Et éventuellement la punir de sa rébellion. Mais peut-être n'était-ce qu'un simple point de vue purement subjectif ; tu n'étais de toute façon pas formaté pour entrevoir les sous-entendus de sucre et de miel dans les propos de tes interlocuteurs, mais au contraire saisir les nuances qui pourraient annoncer une potentielle perfidie à venir. Les chefs les plus passifs frôlaient la naïveté et il était aisé de les duper ; ils ne duraient jamais longtemps. Il suffisait de voir ce qu'il était advenu d’Étoile Bleue, la célèbre meneuse du clan du Tonnerre, illustre mentor d’Étoile de Feu. Elle n'avait pas vu que son lieutenant cherchait à lui nuire, et était morte bêtement comme le dernier des imbéciles. A ce stade, il était plus conseillé de voir le mal partout et de se préparer à toute éventualité, plutôt que de chercher à dénicher le bien en chaque chose et finir égorgé comme un simple lapin.

Qu'aurais-tu fait si un jour un des tiens quittait le clan pour s'allier aux rangs ennemis ? C'était chose rare, mais pas inexistante. Tu te voyais mal lui courir après pour le tuer d'un coup de mâchoires ; cela dépendait bien sûr du crime commis par le parjure. Guidé par la rage, tu pouvais tuer un matou qui avait jadis été un fidèle guerrier, mais te faire sortir de tes gonds était aussi difficile que de reconnaître les traîtres. Sans doute te vengerais-tu plus discrètement, afin de faire durer une punition qui serait riche en humiliations. Tu évoquerais le cas du déserteur lors des assemblées, soulignant le courage qu'il lui avait fallu pour disparaître comme un voleur sans assumer ses actes. Tu auras fait courir des rumeurs sur son dos, utilisant la bassesse pour transformer sa vie en enfer.
La rancune était un délicieux combustible.

Ce n'était évidemment pas le cas d'Utopie ; si la guerrière semblait aussi sauvage et insaisissable d'un typhon, elle était fidèle à son clan. Quel futur renégat réclamerait le poste de chef si la dévotion n'était pas au rendez-vous ? Le simple attrait du pouvoir ne pouvait convenir, puisqu'un chef sans ses trompes n'est qu'un crétin mégalomane. Il fallait savoir embrigader les jeunes âmes pour les convertir au culte du meneur. Tâche ardue, mais plaisante. Un véritable art, en somme, que tu te plaisais à exécuter. Pas en tant que maestro, mais comme un modeste pratiquant qui apprenait sur le tas. Il n'y avait pas d'apprentissage pour savoir comment être lieutenant ou meneur ; c'était un mélange de logique et d'instinct.

Te couvant d'un regard aussi flatté qu'intriguait, elle digérait tes paroles, surprise de l'opinion que tu portais sur elle. Il est vrai qu'auprès d'autres, son insistance et ses manières seraient mal passées. On aurait tôt fait de la congédier d'un ton sec, après lui avoir rappelé qu'elle n'avait aucune chance d'être élue reine avec un comportement aussi odieux. Pourtant, si c'était le cas, tu avais dégagé les qualités dans ses fourberies : la persistance, l'intelligence, la ruse et l'ambition. Ses méthodes n'étaient pas orthodoxes, mais les tiennes ne l'étaient pas non plus, et pourtant tu étais meneur et de ce fait, théoriquement pourvu de sept vies. Comment la blâmer en étant si mal placé pour le faire ?

Rapidement rendu au milieu de la rivière, les griffes ancrées dans une moquette de mousse humide, tu laissais courir ton regard sur le flot nonchalant, rendu moins impétueux par la température qui semblait le calmer. Ainsi, l'eau hibernait-elle en quelque sorte ? Un théorème de physique devait certainement apporter une réponse logique à un tel alanguissement ; à ce jour tu l'ignorais, et en avais franchement cure. Qu'il s'agisse d'une fusion d’atomes ou une orgie de protons, cela ne changeait rien à la donne principale : eau froide, peu de poissons. Curieux, tu cherchais à en distinguer quelques uns, mais une seule silhouette fuselée attira ton regard, trop loin pour être happée. Les guerriers se passeront de poisson cette fois.

Le cliquètement de griffes contre la roche t'indiquèrent que 'Topia s'était elle aussi engagée sur le passage formé par les cailloux à fleur d'eau. Tournant la tête, tu suivis sa progression, imaginant un bref instant l'état de sa fourrure si jamais elle venait à déraper. Éventualité certes peu probable mais pas impossible. Sa fourrure était si longue et épaisse qu'elle risquerait de souffrir d'une sacré hydrocution, si ce n'était pas la mort qui venait la cueillir. Les chats du clan avaient le poil court pour nager plus vite mais également parce qu'il présentait peu d’adhérence à l'eau. Une fourrure gorgée de liquide appesantit et présente un sérieux désavantage dans les points d'eau à fort courant. La guerrière devait donc faire deux fois plus attention que les autres lorsqu'elle évoluait au dessus d'une rivière en plein hiver.

Comme il fallait s'y attendre, elle ne vacilla pas d'un iota, et s'incrusta promptement sur ton promontoire, divisant la place disponible par deux. Flanc contre flanc, fourrures entremêlées à nouveau, c'était comme un jeu de se séparer pour se retrouver, encore et encore. Un sursaut, un écart, et vous vous retrouviez tous deux à la flotte. Un bain glacé activait la circulation du sang, mais tu étais loin d'être enthousiasmé par cette idée. La brune semblait songer de même, puisque ni une ni deux, voilà qu'elle pliait les pattes pour se glisser entre toi et la surface caillouteuse et humide, faisant office de moquette bien plus agréable au toucher.
Quel tableau romantique.
A vous deux, vous surpassiez tous les couples dans le domaine des postures en duo. Un observateur non averti y aurait cru au premier coup d’œil, se laissant prendre par votre jeu d'acteur parfois trop parfait pour n'être réellement qu'une simple comédie. Bernés par votre assurance, leurrés par ce script que vous composiez au fur et à mesure.

« Imagine nous au printemps, gambadant dans des champs de fleurs, oubliant le reste du monde. »

A ces mots, tu hésitais entre sourire et lever les yeux au ciel, déprimé par ce cliché qui persistait par-delà les générations. Toi et elle, caracolant parmi les papillons et roulant l'un sur l'autre en chantant en duo. Remake du roi lion façon guerre des clans. Après The Lion King... The Viking King. So sexy.

« … Et manquant d'écraser des chatons tout juste nés cherchant à gober des mouches et à souffler sur les pissenlits. Très... Bucolique. léger rictus à cette image, puis tu lui jetais un regard narquois, louchant presque pour l'avoir. « J'ignorais que tu étais capable d'imaginer ce genre de choses. Au fond tu mérites bien ton nom, hein ? »

Douce Utopie.
Rêvant de printemps, d'amour et de... Pouvoir.

Pourquoi pas.
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« Je voudrais déjà être roiiiiiii [Pv Etoile Obséquieuse]

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