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 La vie vaut-elle le coup d'être vécue ? - with Poussière de Roche.

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MessageSujet: La vie vaut-elle le coup d'être vécue ? - with Poussière de Roche.    Sam 23 Fév - 13:38

La lumière d'hiver baignait la forêt verte, et les vifs rayons, traversant les branchages, illuminaient les environs d'une clarté d'émeraude. C'était comme si des milliers et des milliers de pierres précieuses telles que l'émeraude, d’une couleur verte, rutilaient dans l'ombre des arbres. Et, sur le sol couvert de mauvaises herbes, se dessinaient de complexes motifs, insaisissables et tordus tels que des arabesques que recouvrait une neige froide et poudreuse, par endroits. Au milieu de ces arbres, serpentant entre les troncs, courrait un félin, et pas n'importe lequel. Un félin au pelage noir et luisant au soleil, sous lequel l’on pouvait apercevoir de puissants muscles rouler. L'individu était de grande taille, pour son espèce, ses poils noirs l'accompagnant dans ses mouvements souples et légers, les muscles apparents sous ce corps finement ciselé. Il avançait ainsi, ses fines oreilles étant à l'affût du moindre bruit et ses yeux sombres balayant les environs du regard pour déceler le moindre mouvement dans les fourrés environnants. Les ramures des arbres se faisaient de plus en plus espacées les unes des autres et les rayons lumineux du pâle soleil matinal illuminaient encore plus la forêt, éblouissant le guerrier qui devait plisser les yeux pour avancer.
Arrivé au sein d'une clairière, il repassa au pas sans heurt, le souffle quelque peu accéléré par sa course matinale. De fines gouttes de sueur perlaient sur sa magnifique fourrure noire malgré le froid d'un hiver rude qui le saisit immédiatement lorsqu'il cessa de courir, dégoulinant le long de ses flancs et de ses membres et poussa un profond soupir, exprimant sa fatigue et sa lassitude envers sa morne vie qui ne lui réservait pour l'instant aucune surprise. Marche silencieuse. Les arbres bruissaient sur son passage, le vent s'infiltrant dans les branchages, les caressant telle une main maternelle. Vol de Corbeau marchait d'un pas soutenu mais léger dans la forêt. Il avançait au hasard de ses pas, ne sachant pas où cela le mènerait. Il se laissait simplement guider par son instinct infaillible, à qui il faisait absolument confiance. Sa fourrure noire se teintait de vert émeraude et de couleurs hivernales, jeux de lumières crées par les feuilles des arbres filtrant les rayons du soleil. Il disparut soudainement, s'évadant dans les méandres de son esprit. Seul son corps était encore présent dans ce lieu où la solitude et le silence étaient rois. Même les oiseaux respectaient son deuil et l'accompagnait sans bruit au plus profond de ses pensées. Il se mit à penser à lui. Son père. Une douce mélancolie l'envahit, son cœur se serra brutalement et ses muscles se tendirent. Il avait appris sa disparition de la bouche de sa mère, celle qu'il reniait à présent. Il se souvenait de lui comme si c'était hier, de son corps puissant dont il avait hérité et de ses prunelles sombres, tout comme les siennes. Il tenait tout de lui. Absolument tout. Et voilà qu'on le lui avait arraché, volé pour l'emmener dans l'au-delà. Autant de souvenirs qu'il garderait et qu'il emporterait avec lui, bien après la mort. La folie de l'amour. Son père, disparu à tout jamais. Rien qu'à cette pensée, sa gorge se noua et un sentiment de mal-être et de solitude le submergea tout d'un coup. Il était seul, complètement seul, sans compagnie, sans ami. Sans famille, sans rien. Il n'était qu'un bon à rien, juste un pauvre félin au passé pitoyable errant à travers des terres hostiles.

Les sens du félin étaient aiguisés, bien qu'il soit perdu dans ses profondes pensées. Il n’eut pas de mal à bientôt percevoir l’odeur d’un autre arrivant, le vent l’apportant directement à ses narines largement évasées sous sa profonde et rapide respiration. Lentement et précautionneusement, il se déplaça de quelques mètres, désireux de ne pas se faire repérer de si tôt. La raison pour laquelle le guerrier ne voulait pas que l’on s’en aperçoive était évidente, du moins à ses yeux. Il ne voulait pas trahir sa présence, pas tout de suite, alors qu’il pourrait avant toute chose prendre l’inconnu par surprise. Et le mettre à sa merci. Une expression indéchiffrable se tailla sur le visage de marbre du chat, accompagné d’un rictus et d’une lueur démoniaque à en glacer le sang. Ses muscles tressaillaient à chaque pas qu’il faisait, le faisant vibrer de tout son long, une excitation débordante s’étant emparé de lui. Agile et bon chasseur, il aurait pu bondir sans crier garde sur celui qu’il considérait comme son ennemi, sans même avoir pu lui adresser la moindre parole et sans même avoir pu observer ses traits. Mais il ne le fit pas. Quelque chose le poussa à ne pas le faire. Il arqua son cou et plia ses pattes, essayant de se fondre dans les hautes herbes qui venaient caresser son corps luisant au pâle soleil d'hiver. Il s’agissait, et c’était sûrement incontestable, d’un chat, tout comme lui, à qui il aurait affaire, d’après l’odeur qui s’engouffrait dans son museau. Très bien. Cette rencontre s’annonçait pimentée. Comme à chaque rencontre de Vol de Corbeau, allez-vous me dire.
Les membres toujours pliés, la respiration haletante comme s'il venait de courir pendant des heures durant, Vol de Corbeau resta caché dans les herbes qui s'élevaient bien haut, comme si elles avaient pour tentative d'espérer un jour atteindre le ciel. Un jour. Son corps massif brûlait de toute part, faisant naître ainsi des traces de transpiration sur sa robe noire auparavant si propre et immaculée. Des secondes et des minutes, excessivement longues selon le mâle, s'écoulaient. Rien n'aurait pu le trahir. Il avait tout d'un parfait espion. Tout, en allant de ses qualités de bon chasseur jusqu'à son physique qui lui permettait de se camoufler aisément. Une étincelle de malice dansait dans son regard sombre d'assassin impitoyable, trahissant la démence et la haine qui l'avaient corrompus depuis bien longtemps déjà, rongeant son être de toutes parts à l'intérieur mais laissant son physique charismatique intact. Semblable à un ange qu'il n'était pas à l'extérieur, habité à l'intérieur par la la folie, la soif de sang et le désir de faire souffrir les autres. Contraste saisissant au sein d'un même être.

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MessageSujet: Re: La vie vaut-elle le coup d'être vécue ? - with Poussière de Roche.    Sam 23 Fév - 14:36

La saison des neiges occupait le même temps dans l'année entière : tout comme le printemps, l'été ou l'automne, elle durait environ 3 mois. Mais ça, c'était dans les faits. Chaque chat, dans chaque Clan, confirmerait le contraire : l'hiver était l'époque la plus longue de l'année. Comment expliquer cette différence entre les faits et le ressenti des êtres vivants ? Le froid qui sévissait durant cette saison était certainement la réponse à ce paradoxe : il était si saisissant, si dangereux, si chaotique pour chaque clan, et surtout il était si violent, aidé par son ami le vent, qu'il faisait de la saison des neiges la plus détestée de toutes.
Poussière de Roche accusa de fortes bourrasques, qu'elle jugea polaire, en rentrant la tête entre ses épaules et en sentant son poil se hérisser dans un but de défense contre le froid. Si elle avait les poils épais et mi-longs, c'était une bien faible couverture contre la bise hivernale, même fléau qui touchait chaque Clan durant la saison des neiges. Le Clan de l'Ombre, avec celui du Vent, était le plus mal loti face à ces baisses de températures et surtout face au vent mortel : dépourvu de relief, le territoire ombreux n'offrait aucune protection. Les tanières, vainement construites dans un but de retenue de la chaleur, n'étaient pas assez efficaces pour garantir aux apprentis et aux guerriers un sommeil apaisé. Quant aux chatons, qui vivaient pourtant dans la tanière la plus chaude du camp -la pouponnière- ils étaient les premiers à dépérir et à quitter ce monde, laissant leurs mères dans un état de désarroi total. Tout cela confortait l'idée que chacun se faisait de cette saison dont on ne voyait pas le bout : autant on sentait l'hiver arriver en automne, et on s'y résignait, autant on ne pouvait imaginer le retour des douces températures quand ces brises glaciales venaient vous envelopper à la manière de la nuit enveloppant la terre.

C'était toutes ces pensées qui défilaient dans l'esprit de Poussière de Roche tandis qu'elle se faisait force pour continuer sa route, et non pour faire demi-tour et filer au camp dans l'espoir de se réchauffer. La seule idée qui la confortait dans cette volonté était que la bise soufflait dans son dos : elle la poussait. Si elle décidait de se retourner, elle l'aurait alors en pleine face, et le froid en serait d'autant plus mordant.
La lieutenante avançait difficilement. Elle n'était pas fatiguée, mais tous ses membres étaient endoloris, à commencer par son museau qui ne lui donnait plus aucun renseignement quant aux odeurs qui l'entourait. Le soleil, qui sortait en ce jour, chose qu'il n'avait plus faite depuis un certain temps, ne suffisait plus à réchauffer sa chair. Elle aurait été prise dans une tempête de neige qu'elle n'aurait pas eu plus froid.
Sous le couvert des bosquets, Poussière de Roche ne tarda pas à remarquer que l'espace entre les arbres se faisait à chaque pas plus important, que le paysage se découvrait : elle arrivait à la clairière aux cerfs. Elle l'avait déjà visitée, et l'image d'Étoile des Souffles et de Flocon de Givre, les deux femelles qu'elle y avait rencontrées, traversa un instant son esprit, avant d'être emportée par une nouvelle bourrasque.

S'avançant dans la clairière, dont elle observa la désolation totale, Poussière de Roche ne put que remarquer que la neige couvrait tout, couchant au sol les hautes herbes. Tout était à découvert. C'est ainsi qu'en passant son regard sur la totalité de la surface, elle découvrit une masse sombre au sol, bien trop foncée pour être de la terre ou un rocher. Fixant cette masse, elle ne tarda pas à voir qu'elle venait de tressaillir. Les yeux plissés, tant par le froid que par la volonté de voir plus en détails, la lieutenante de l'Ombre se demanda de qui il pouvait s'agir. Le seul animal sauvage qui arborait une couleur si sombre était le blaireau, mais cette espèce ne sortait que peu durant la saison des neiges. Il ne pouvait donc s'agir que d'un chat dont le poil serait noir. Seulement, aucun moyen de savoir de quel Clan il provenait : le vent n'était pas en faveur de la minette, ni même son museau transi de froid.
Dans un soupir, qui se termina par un reniflement discret, la minette au poil tigrée fit encore quelques pas, attendant que l'inconnu ne se dévoile : il devait avoir vu qu'elle l'avait aperçu et ce depuis bien longtemps. Sans doute l'avait-il vue dès qu'elle avait commencé à sortir des fourrés; sûrement même l'avait-il sentie approcher, le vent étant contre lui et lui apportant ainsi toutes les odeurs. Il ne lui restait plus qu'à se montrer à son tour.

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MessageSujet: Re: La vie vaut-elle le coup d'être vécue ? - with Poussière de Roche.    Lun 25 Fév - 12:21

Il était là, tapis dans l'ombre des arbres, caché parmi les fourrés, regardant s'avancer l'individu au milieu de la clairière ensoleillée. Vol de Corbeau, c'était avant tout et surtout, un assassin sans attache, sans quoi à se rapporter. Il avait toujours eu ce côté solitaire, maître de lui-même que personne n'avait réussi à lui ôter jusque-là, bien qu'il fasse parti d'un clan. Et pas n'importe lequel, m'est avis. Celui de l'Ombre, regroupant les chats les plus mystérieux, les plus terrifiants et les plus sanglants, pour certains, qui puissent exister, capables de vous faire hérisser vos poils sur l'échine rien que par un simple regard. Pourtant, et bien qu'il eut prit toutes les précautions pour paraître le plus furtif et le moins visible, l'inconnu sembla le repérer, ses prunelles posées sur lui. Alors, sans plus attendre et d'un bond gracieux d'on on ne l'aurait pas cru capable il bondit devant l'autre félin, crocs dévoilés, prêts à se planter dans une chair fraîche et juteuse. Tendre et douce. Dégoulinante de sang d'un rouge sombre. Le goût du sang dans sa bouche, sur ses babines. Le goût du sang sur sa langue, sur ses crocs blanchâtres. Le goût du sang qui le rendait ivre, le regard dément, ne demandant qu'à se délecter encore plus de celui de sa proie. Envie de planter ses crocs dans son tendre cou. Envie de lui mordre la chair. Envie de la faire souffrir. Les yeux du guerrier étaient démoniaques, illuminés par les braises de l'enfer, sondant l'âme de sa proie à un point qu’elle ne pouvait imaginer. Le danger suintait dans les moindres mouvements de Vol de Corbeau et l'air était irrespirable, lourd de défiance et de menaces malgré le froid de l'hiver qui s'insinuait sous le pelage dense du guerrier, et venait le mordre telle une furie. Son corps s'était figé face à l'individu et marquait une immobilité des plus impressionnantes alors que seuls ses poils noirs virevoltaient, remués par la douce brise matinale qui s'engouffrait dans son pelage d'ébène, lui procurant un bien-être considérable.

    « Qui êtes-vous ? »


Finit-il par lâcher d'un ton glacial, ses prunelles sombres posées sur l'autre félin. Il osa à nouveau quelques pas vers lui, des pas feutrés, bruit silencieux au sein de la clairière où seuls quelques oiseaux chantaient en ce beau jour d'hiver. Et il se rapprochait, dardant sur lui ses yeux terrifiants, ne le lâchant pas du regard. Il avait tout pour effrayer. Absolument tout. Jusqu'à ce qu'il perçoive l'odeur qui le fit radicalement changer d'attitude. L'odeur de son clan. La puanteur exécrable qui émanait de cet être mais que lui, Vol de Corbeau, se plaisait à respirer, bien qu'elle soit désagréable et affreusement mauvaise. Interloqué, le sombre guerrier resta pantois quelques instants. Il parut sur le point de s'excuser ou de proférer quelques bonnes paroles, ouvrant et refermant sa gueule sans pouvoir se décider mais finalement, il n'en fit rien et laissa le silence s'installer entre eux, deux membres du même clan. Lui, simple guerrier de pacotille dont tout le monde se fichait, elle, grande lieutenante qui secondait le chef. Frémissant de honte envers lui-même, il ploya l'échine, son corps tout entier tremblant de colère tant il répugnait à se soumettre, bien qu'il s'agisse d'une membre du clan plus gradé que lui.

    « Veuillez m'excuser pour mon attitude déplorable. »


Les coins de ses lèvres frémirent et il planta son regard hargneux où se lisait néanmoins une certaine forme de respect pour la féline, en relevant la tête. Les mots avaient fleuris d'eux-même sur ses lèvres satinées tandis qu'un sourire énigmatique s'ébauchait sur son visage fermé par la folie, la violence et l'amertume qui ne le quittaient plus, désormais. Ses compagnes de chaque jour, de chaque heure, de chaque seconde qui s'écoulaient. Le Temps. Cette divinité malveillante qui s'échappait entre nos griffes et que l'on ne pouvait retenir.
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MessageSujet: Re: La vie vaut-elle le coup d'être vécue ? - with Poussière de Roche.    Mar 26 Fév - 18:48

À mesure que le félin sombre s'avançait, Poussière de Roche crut le reconnaitre. Son museau ne pouvait lui apporter toutes les informations dont elle avait besoin pour l'identifier immédiatement, mais elle savait qu'en attendait encore quelques secondes, le matou les lui donnerait en continuant à s'avancer. Et c'est ainsi que ça se passe : un pelage noir, un corps saillant et des muscles impressionnants, un regard exprimant toute la soif de sang du monde... Il s'agissait bien de Vol du Corbeau, un guerrier du Clan qui se donnait un air mais qui restait respectueux de l'autorité. Il n'était pas dangereux, du moins pas pur elle : concernant tout autre chat qui ne serait pas dans les ranfs de l'Ombre, c'était une autre histoire.
Si elle l'avait reconnu, lui ne semblait pas l'avoir fait : il sauta en avant dans une attitude d'attaque, les muscles bandés et les yeux injectés, demandant presque en criant qu'elle se présente. Poussière de Roche fronça le museau, interpelée, avant de comprendre qu'il ne l'avait pas reconnue. Peu impressionnée par l'attitude du matou noir -elle y était habituée un minimum- elle attendit tout simplement qu'il s'avance encore ou finisse par la reconnaitre. Cela arriva vite; le guerrier finit par s'excuser.

- Tu n'as pas à changer ton attitude juste parce que c'est moi, dit-elle doucement. Elle avait l'air compréhensive : si Vol du Corbeau se montrait si agressif, il y avait sûrement une raison profondément ancrée en lui. Alors elle était comme attendrie. Du moins compréhensive. Tu vas bien ? Elle fut la première étonné des mots qui sortirent de sa gueule. Ils avaient été comme... naturels ?

( RP écrit depuis mon portable à Barcelone, désolée pour les éventuelles fautes de frappe et la petite longueur... :____: )
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MessageSujet: Re: La vie vaut-elle le coup d'être vécue ? - with Poussière de Roche.    Jeu 28 Fév - 14:20

[Pas de soucis. :3]

Il planta ses griffes acérées dans la terre meuble, labourant le sol, le meurtrissant sans éprouver le moindre sentiment. Il se sentait las, vide, dénué de toute vie. Il n'avait plus la force. Absolument plus la force de se battre pour survivre, pour garder sa place au sein du clan. Il n'était plus comme avant, même plus capable de reconnaître les membres de son propre clan, qui plus est sa lieutenante. Tout ça à cause de son passé qui le hantait, le poursuivait, impitoyable, jusque dans ses pensées, jusque dans ses rêves qui avaient tôt fait de se transformer en cauchemars épouvantables. Il lui fallait oublier, mais oublier était un bien grand mot quand on ne savait comment faire pour enterrer tous ces souvenirs. Le sombre guerrier poussa un profond soupir, exhalant son haleine sanglante qui se mélangea bien vite aux effluves de la forêt qui embaumaient l'air. Quand la féline prit la parole, il releva lentement la tête et épia la moindre ses réactions, soucieux.

    « Tu n'as pas à changer ton attitude juste parce que c'est moi. Tu vas bien ? »


Déclara t-elle doucement et avec compréhension, ce qui étonna au plus au point le guerrier de pacotille, tel qu'il se qualifiait, qui n'avait pas l'habitude qu'on lui parle de cette façon. Malgré tout, un fin sourire s'étira sur ses lèvres satinées tandis qu'il plongeait son regard dans celui de celle qui secondait son chef. Obéissance et respect étaient les maîtres mots de cette rencontre et le moindre faux pas pourrait lui coûter cher, sûrement, malgré ce langage, ce ton, cet air doucereux. Nul ne savait ce qui pouvait se cacher derrière le beau visage de la lieutenante que Vol de Corbeau ne lâchait pas du regard, pas même une seconde. Hélas, oui, nul ne pouvait le savoir et adviendrait ce qu'il devrait advenir. Le sombre guerrier ne redoutait rien. Absolument rien. Il se ressassa quelques instants les paroles que lui avait adressée la féline plus gradée que lui, le visage neutre. Peut-être qu'elle pouvait se permettre de le tutoyer mais pour ce qui était de son propre cas, il n'en convint pas. Après tout, il ne connaissait pas sa lieutenante plus qu'on le lui avait permis et le respect était de rigueur, de même que le vouvoiement qu'il s'imposât bien que cela lui coûta cher, au plus profond de son être. Il était bien connu, je pense, au sein du clan, que ce félin au pelage d'ébène aimait peu se soumettre et obéir. Et pourtant, il le fit, sans rechigner car sa place au sein de son clan avait de la valeur à ses yeux et qu'il ne pouvait se permettre de la perdre.

    « Vous êtes tout de même la lieutenante du clan, Poussière de Roche. » Il marqua un instant de répit, tenté de dire que rien n'allait mais finalement, il n'en eut pas la force, comme il n'avait la force de rien en ce moment. « Oui, je vais bien... Et vous ? »

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MessageSujet: Re: La vie vaut-elle le coup d'être vécue ? - with Poussière de Roche.    Mer 6 Mar - 16:18

Vol du Corbeau fit sourire la lieutenante. Il lui apparaissait soudainement que le guerrier était très intéressant à observer : au Clan, il avait la réputation du parfait chat de l'Ombre sombre, avec ses accès de violence inexpliqués et ses regards froids qui glaçaient le sang de plus d'un chaton. Et pourtant, il venait quasiment de s'incliner devant elle, de lui offrir son âme, de lui demander pardon, de lui donner plus de respect qu'elle n'en avait réellement besoin. Juste parce qu'elle était lieutenante. Intéressant. Poussière de Roche n'avait jamais considéré aucun rang comme plus respectable qu'un autre. Elle semblait le découvrir aujourd'hui, et s'en amusait quelque peu.
L'image du guerrier au poil sombre lui rappela celle d'Étoile Abyssale, qu'elle avait vu il y a peu dans le parc aux moutons. Ce jour-là, il lui avait paru tellement sombre et possiblement violent ! Sauf que lui n'avait pas changé l'image qu'il donnait de lui-même, à quel point que la tigrée se demandait si c'était vraiment une image, ou réellement ce qu'il était. Vol du Corbeau, lui, apparaissait presque comme plus complexe à cerner que le chef de l'Ombre lui-même.

· Et toi un guerrier de l'Ombre, rétorqua-t-elle doucement, émettant l'idée qu'il avait le droit à tout autant de respect qu'elle. Il avait le droit d'être ce qu'il était sans devoir s'en excuser. J'irai bien le jour où tu me feras l'honneur de ne plus me vouvoyer. Je suis sûre d'être plus jeune que toi, en plus, continua t-elle en terminant sa tirade avec un petit rire. Elle se sentait réellement amusée en ce jour, et s'étonnait de sa sociabilité soudaine. Il fallait en profiter.

Poussière de Roche se demandait si le guerrier allait encore trouver une raison pour s'excuser, ou s'il allait comprendre et accepter le point de vue de sa lieutenante. Une chose était certaine : ce n'était pas en maintenant une si grande distance entre elle et ses membres qu'elle parviendrait à devenir une bonne bras droit.
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MessageSujet: Re: La vie vaut-elle le coup d'être vécue ? - with Poussière de Roche.    Dim 10 Mar - 11:18

    « Et toi un guerrier de l'Ombre. J'irai bien le jour où tu me feras l'honneur de ne plus me vouvoyer. Je suis sûre d'être plus jeune que toi, en plus. »


Après cela, elle partit d'un rire amusé qui fit s'ébaucher sur le visage de Vol de Corbeau un sourire. Mais l'on savait bien que ces sourires n'étaient pas comme ceux que l'on pouvait adresser à une connaissance. Il était froid et distant, comme à chaque instant de sa vie et rien ni personne ne pourrait changer cela. Le félin noir était ainsi : prunelles et cœur de glace, un visage farouche et violent qui exprimait toute la haine qu'il vous vouait. Et pourtant, en ce moment, Vol de Corbeau ne semblait pas comme d'habitude, il semblait plus calme que d'ordinaire. Comme si la simple présence de sa lieutenante suffisait à le faire redevenir le chaton docile et obéissant qu'il avait été dans son enfance et qu'il avait tenté d'oublier une fois adulte.
Oh oui, l'on était loin de ce temps où Vol, de Corbeau gambadait dans les prairies, insouciamment et sans se préoccuper de son avenir. Il était loin ce temps où ses parents étaient encore auprès de lui, l'aimant comme personne n'avait jamais aimé leur progéniture. Il était loin ce temps où le sombre guerrier était heureux de la vie qu'il menait. Mais la mort de son père avait bien vite désenchanté cette féerie éphémère et, par dessus tout, la rencontre avec sa mère, des années et des années plus tard alors qu'il croyait avoir été abandonné. Abandonné pour toujours, seul à jamais. Exclu et rejeté par tous, renfermé sur lui-même. C'était d'ailleurs ainsi qu'il avait développé son caractère et son attitude des plus farouches et hargneuses, à se ressasser de noires pensées, seul comme toujours.

    « Vous... Tu veux que je te tutoie ? »


Ses yeux se plissèrent, devenant seulement deux fentes étroites où l'on pouvait apercevoir ses prunelles sombres où luisait une lueur de défi et de malice. Bien qu'il n'aimât pas le respect et qu'il n'obéissait à personne, il trouvait pour le moins étrange de tutoyer sa lieutenante. Et pourtant, il le fit. Il avait l'impression, de ce fait, d'être l'égal de cette dernière alors que ce n'était même pas le cas. Au fond, il n'était qu'un guerrier dont on oubliait peut-être facilement le nom, et elle était la lieutenante à laquelle on vouait tout le respect qu'elle méritait. Et il l'enviait, l'enviait comme jamais il n'avait envié quelqu'un. C'était comme un rêve inaccessible que jamais il ne pourrait atteindre. La reconnaissance éternelle des autres félins. Il voulait être respecté, et craint. Mais il était simplement un guerrier.
Le félin au pelage d'ébène revint brutalement à la réalité. La réalité pure et dure tandis que son regard dérivait et allait se poser sur un élément insignifiant de la nature. Un rocher. Un rocher sur lequel il aimait se poser et se prélasser au soleil, bien que la sieste ne soit pas son activité favorite. Il s'éclaircit la gorge, sans regarder son interlocutrice, avant de reprendre, de son éternelle voix glaciale à vous en faire hérisser les poils.

    « Eh bien... Si tu le souhaites, je te tutoierais alors. »
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