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 Odeur exécrable - with Nuage de Folie.

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MessageSujet: Odeur exécrable - with Nuage de Folie.    Lun 25 Fév - 17:55

Le crépuscule était là. Juste avant la tombée de la nuit qui recouvrait le monde de son voile noir. Le soleil projetait ses ombres chatoyantes sur le tapis moussu des marais, où marchait un félin noir d'une prestance sans égale. Grave, interdit, il avançait avec majesté, ses pattes foulant le sol avec légèreté. Fin, ce qui ne l'empêchait pas non plus de posséder des muscles saillants sous son pelage d'ébène, et avec des prunelles sombres, qui avait le don de vous faire hérisser les poils sur l'échine par un simple regard. Il était puissance, beauté et et violence mêlés, martelant le sol avec entrain, dans une explosion de force, dans une débauche d'énergie et de vigueur. Son cœur palpitait avec intensité dans sa poitrine tandis qu'il accélérait, encore et encore. Jusqu'à ce qu'on entende seulement le martèlement de ses puissantes pattes sur le sol. Courir et sentir ses membres s'épuiser. Courir et sentir son souffle se faire de plus en plus rauque, profond. Courir, se jetant à corps perdu dans la course, les veines palpitantes et le cœur sur le point de se fendre en deux.
Les narines dilatées sous son souffle rauque et profond, il percevait l'odeur. Cette odeur d'une puanteur extrême. Exécrable. Abominable. Cette odeur que, pourtant, le sombre guerrier se plaisait à humer et qui faisait naître en lui un tourbillon de sensations inouïes. Les relents corsés qui émanaient des marais faisaient frémir le félin qui se délectait de ses effluves, à ses yeux, aphrodisiaques tandis que le soir tombait, répandant sa fraîcheur nocturne mêlée au froid de l'hiver. Quelques flocons épars tombaient sur le sol mais ils avaient tôt fait de se mélanger avec la terre et la poussière imbibées d'eau, ce dépôt visqueux qui produisait un bruit de succion écœurant à chaque pas que faisait le guerrier. Tout ici n'était que désolation. L'eau trouble, les crapauds, les fantômes, qui disaient-on, erraient telles des âmes en peine, la brume effrayante, si malveillante, qui avait tôt fait de vous entourer de ses bras cotonneux et de vous perdre à jamais parmi ce paysage qui n'était que calamité.
La nuit recouvrait le monde de son voile noir, triste et lugubre, tandis qu'un silence accablant régnait autour de lui que pas même un bruit, hormis celui qu'il faisait en courant, ne venait percer. Le vent venait s'infiltrer dans les poils noirs de Vol de Corbeau, souffle mélancolique qui n'était pas sans lui rappeler son triste passé et venait raviver en lui de douloureux souvenirs qu'il s'efforçait tant bien que mal d'oublier. De faire disparaître de son esprit malmené. Mais qui songe à oublier se souvient, et les souvenirs affluaient, de nouveau, par milliers, cette fois, plus cruels et saisissants que les précédents, venant même à le hanter jusque dans ses rêves. Cauchemars, manifestions oniriques principaux facteurs du désespoir et de la tristesse qui l'accablaient depuis qu'il avait revu sa mère et appris la disparition de son père. Le vent mugissait à ses oreilles, le faisant vibrer de son être tout entier, le faisant frémir, par ses longues plaintes qui venaient s'insinuer jusque dans ses oreilles. Ses poils volaient en tous sens, ébouriffés, lui donnant un air farouche que l'expression de son visage ne venait pas même démentir. Des yeux aux prunelles sombres et sanglantes, des lèvres où fleurissaient un sourire carnassier et sanguinaire, tout comme il l'était lui-même.
Et puis, lentement, sans heurt, il repassa au pas, ralentissant la cadence. Le sombre guerrier aspira une goulée d'air frais qui le revigora. L'air frais nocturne l’apaisait mais il se sentait encore et toujours en proie à l'incertitude d'un jour revoir sa famille, et à la tristesse. La tristesse qui était partout. Omniprésente. La tristesse qui ne le lâchait jamais, où qu'il aille, quoi qu'il fasse. Accablement, affliction, amertume, angoisse, chagrin, désespoir, deuil, douleur, mélancolie, nostalgie. Comment définir ce qu'il ressentait sinon que par ces simples mots ? Depuis qu'il avait revu sa mère, la vie n'avait plus aucune saveur pour lui. Il aurait pu mourir sur le champ, il ne l'aurait pas regretté. Son seul moyen de se consoler, si l'on peut dire, était de brutaliser les autres, de les faire souffrir, saigner, hurler, pleurer pour se donner la conviction qu'il n'était plus seul à ressentir de la peine. Mais cela ne rimait à rien, il le savait parfaitement et pourtant, il continuer à semer la terreur et le chaos sur son passage, où qu'il aille. Vol de Corbeau ferma quelques instants les yeux. Il fallait qu'il se ressaisisse et non plus qu'il se comporte comme un faible, la faiblesse étant un luxe qu'il ne pouvait se permettre s'il ne voulait pas ternir son image. Il se prit à écouter le silence. Le doux silence qui avait pour effet de vous apaiser, de vous faire voyager, loin, très loin. Dans un monde fantasmagorique et éphémère, bâti sur vos propres pensées. C'était le cas du sombre guerrier, incapable de penser à autre chose qu'à sa mère, qu'à son père ne serait-ce qu'une seconde bien qu'il eut tenté d'oublier. Mais l'on ne pouvait enterrer de tels souvenirs, et il était condamné à traîner tout cela derrière lui, jusqu'à la fin de son existence. Jusqu'à la fin de ses jours. « J'ai quelque part dans le cœur de la mélancolie. L'envie de remettre à l'heure les horloges de ma vie. »


Reprenant le pas, il disparut parmi les relents abominables qui embaumaient l'air et parmi la nuit qui achevait de recouvrir le monde de son voile noir. L'air était glacé, le froid mordant, oppressant, suffocant mais le félin au pelage d'ébène n'en avait cure. Il se sentait dans son élément, ici et cela suffisait à apaiser tous ses maux et à le réconforter dans la peine qui le tenaillait depuis quelques temps, déjà. Il lança un coup d'œil vers le ciel nocturne, parsemé d'étoiles plus brillantes les unes que les autres et reprit sa marche dans les marais, frissonnant à chaque coup de vent plus capricieux qu'un autre. Sans savoir pourquoi, il lui sembla qu'on l'observait. Mais il s'en fichait éperdument. Il redressa seulement la tête, son port de tête altier, ce qui le rendait beau mais qui aurait pu faire sourire plus d'une personne, aussi. Qui aurait cru que ce chat était aussi vicieux et hargneux, lorsqu'on le regardait au premier coup d’œil sans rien connaître de son lourd passé ? Personne, je pense. Du moins, rien n'en donnait l'impression.
Poussant un long soupir, exhalant son haleine teintée d’amertume, il finit par s'asseoir sur un rocher, par delà la boue qu'on trouvait sur toute la surface des marais. Le froid venait le mordre férocement, le faisant tressaillir à chaque fois mais il n'avait pas envie de retourner au camp. Pas tout de suite. Il voulait rester un peu seul, comme toujours. Rien que la solitude qui l'accompagnait partout, où qu'il aille, veillant à ce qu'il reste toujours délaissé pour l'éternité. Seul, comme bien souvent. Personne sur qui il pouvait compter. Personne pour venir le réconforter. Personne pour venir lui parler. Personne à l'horizon. Personne dans ces marais qui n'étaient que désolation. La présence qu'il avait perçu tout à l'heure semblait même s'être évanouie, comme une ombre peuplant la nuit, noire et effrayante. Personne. Rien que lui et la solitude à qui il était enchaîné, la traînant derrière lui comme une condamnation.
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MessageSujet: Re: Odeur exécrable - with Nuage de Folie.    Lun 25 Fév - 19:16

    Quand le sage parle, le fou se tait.
    Quand le fou parle, le sage écoute.


    Elle l’avait suivi. Depuis quand ? Impossible à dire, elle n’en avait aucune idée. Mais le grand matou, au pelage aussi sombre que la plus obscure des soirées, avait quitté le camp assez tôt et la jeune chatte avait décidé de le pister. Bonne ou mauvaise idée, difficile à dire, mais ne parvenant à dormir Nuage de Folie avait préféré sortir prendre l’air. Les chatons n’avaient pas le droit de quitter le temps sans être accompagné, surtout aussi tard, mais vu qu’elle restait derrière Vol de Corbeau, elle respectait donc le règlement pas vrai ? En tout cas c’est ce qu’elle ne cessait de se répéter, dans le but de se rassurer. Hissée sur ses pattes aussi frêles que le reste de son corps, en apparence tout du moins, la demoiselle aussi blanche que la neige s’élança en un bond. De sa propre initiative elle estimait qu’il s’agissait là d’un bon entraînement, car suivre un chat aussi discret que Vol de Corbeau sans se faire repérer, et son pelage neigeux n’aidait en rien, représentait un défi. Et un sacré même. Quoi qu’il en soit la femelle s’était donc élancée, tout d’abord aussi discrète qu’une petite souris, pour finalement se mettre à courir une fois sortie du camp. Le regard plissé par la concentration, elle tentait de rester rapide et vive tout en étant le plus discret possible. Constamment contre le vent, prenant garde à ne briser aucune branches durant sa marche, Nuage de Folie trouvait qu’elle s’en sortait pas si mal que ça. Et comme son mentor ne s’était toujours pas retourné pour la gronder ou lui signaler qu’elle était aussi maladroite qu’un blaireau, c’est que tout allait pour le mieux.

    Cependant quelle ne fut pas sa surprise en découvrant l’endroit où se rendait le guerrier : les marécages. De tous les endroits qui composaient leur territoire, les marais étaient bien le dernier qu’elle appréciait. De toute manière, comment pouvait-on aimer cet endroit ? Il était le plus sombre et le plus lugubre, des volutes de fumée nauséabondes s’en dégageaient si bien que la jeune Folie avait elle-même du mal à respirer, retenant des quintes de toux qui auraient trahis sa présence et masquant son dégoût en se contentant de grimacer sans un mot. En plus d’être moche et puant, le lieu la forçait à se montrer encore plus discrète qu’à l’accoutumée. Et l’épreuve s’avéra extrêmement délicate. Ses pattes s’enfonçaient dans la boue, s’en extirper lui demander un effort considérable et le bruit de suçon qui en découlait aurait pu alerter le clan de la rivière en entier. Retenant un sifflement, agacée par sa propre maladresse, la femelle tenta une autre approche en évitant de s’enfoncer plus que nécessaire dans la boue : de ce fait elle s’élança encore plus vite, profitant de son allure chétive pour ne plus se laisser s’empêtrer dans cette gadoue. Le résultat fut assez satisfaisant, bien que parfois des éclaboussures révèlent sa présence, cela faisait tout de même moins de bruit que son approche précédente. Si bien qu’elle finit par arriver à hauteur de son mentor. Enfin, légèrement en retrait quand même, cachée par quelques roseaux, dans le but de l’observer. Mais le matou restait totalement immobile, et la demoiselle commençait à s’enfoncer à force de rester sans bouger. Alors elle s’avança d’un bond, daignant enfin se faire remarquer, pour s’asseoir aux côtés du chat noir. Le pelage blanc de l’apprentie se retrouvait désormais souillé par la boue, jusqu’à hauteur de son poitrail. Une bonne toilette s’imposerait à son retour.


    « Tu ne m’as vraiment pas vu, ou tu t’en fichais ? »

    Cela avait le mérite d’être clair. La question, franche, avait cependant été posée d’une voix calme, dénuée de la moindre insolence. L’on sentait cependant une certaine distance dans l’attitude et le timbre de voix de Nuage de Folie. Cette dernière gardait également une distance de sécurité aussi bien mentale que physique, car elle se tenait éloignée de quelques centimètres. Il était hors de question qu’il la touche. Son refus des contacts physiques poserait d’ailleurs de nombreux problèmes à l’avenir, elle en avait conscience. Evoquer le code du guerrier, ou chasser, ce n’était rien. Mais qu’adviendrait-il lorsque son entraînement pour le combat commencerait ? Devoir se battre et par conséquent toucher son mentor ou, plus tard, des adversaires… cette simple idée lui donnait des frissons. Et pourtant il était hors de question qu’elle change de voie, devenir guérisseuse ne l’intéressait nullement et le problème resterait le même, car soigner quelqu’un sans le toucher, c’est dur quand même. Mais peu importe, pour le moment toute l’attention de la petite était portée sur Vol de Corbeau. Pour éviter toute réprimande, elle ajouta d’ailleurs, usant une voix tranquille, la voix de celle qui sait parfaitement n’avoir rien fait de mal.

    « Je n’arrivais pas à dormir, et comme je te suivais, il ne pouvait rien m’arriver. Je n’ai donc pas fait de bêtises. »
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MessageSujet: Re: Odeur exécrable - with Nuage de Folie.    Jeu 28 Fév - 12:18

And the sun will set for you
The sun will set for you
And the shadow of the day
Will embrace the world in grey.


La respiration du félin noir redevenait peu à peu calme tandis qu'il fixait l'horizon, son regard porté sur ce dernier. Après sa folle course à travers les frondaisons des arbres, ses pattes s'enfonçant dans un bruit de succion écœurant dans la terre bourbeuse, il se sentait à nouveau en pleine forme, quoi que las de sa morne vie mentalement. Il avait besoin de changement. Mais rien ne pourrait lui procurer ce dont il avait besoin. Il était condamné à vivre seul avec son caractère froid et distant, rejeté et craint par tous. Et sans famille. Sans père ni sans mère, à présent. Sans rien.
Vol de Corbeau ne voulait penser à rien, ne rien ressentir, juste faire le vide. Un vide instable. Il voulait laisser son esprit vagabonder dans une réalité qui n’était pas sienne, laisser son esprit vagabonder dans un monde qu’il s’était construit lui-même. Mais bientôt, le vent se forcit et le rappela directement à la réalité. Notre réalité. A regrets, le sombre guerrier releva lentement la tête en poussant un léger soupir. Le souffle du vent entre les feuilles des arbres venait sonner à ses oreilles comme une douce mélodie qui ne faisait que lui rappeler sa vie antérieure, où il n'était jusque-là qu'un jeune chat insouciant et enjoué. Et non pas hargneux, violent et sans pitié comme il l'était à présent. Il secoua la tête, autant pour enlever les quelques flocons qui s'étaient posés sur lui que pour chasser ces pensées néfastes à son bonheur immédiat. Mais quel bonheur après tout ? Etait-il heureux, menait-il la vie qu'il avait toujours rêvé d'avoir ? Loin de là. Il aurait donné tout donné pour en changer. Absolument tout ce qu'il était en mesure de donner, du moins.
Plantant ses griffes dans le tapis moussu qui recouvrait le rocher sur lequel il était assis, il regarda quelques flocons de neige tomber en cette nuit d'hiver. La neige. Cette douce neige qui tombait par flocons épars et qui le faisait frémir de tout son long. La neige, qui ne faisait que le faire rêver, le faire penser à ses hivers précédents. Le guerrier ferma les yeux et se laissa aller quelques instants, divaguant, vagabondant dans son propre esprit. Devant un cours d'eau, assis sur un tapis moussu, se laissant bercer par le souffle du vent qui se faisait de plus en plus glacial, de plus en plus mordant. S'évader, rêver, penser à autre chose, à une liberté dont il s'était trouvé déchu. Et puis, finalement, ouvrir les yeux et réaliser que tout cela n'était qu'un rêve, que l'on se trouvait toujours au même endroit, et que rien n'avait changé, que l'on menait toujours la même vie. Triste réalité, mais belle et bien réelle. Et rien ni personne ne pouvait changer cela, pour l'infortune du félin au pelage d'ébène.

    « Tu ne m’as vraiment pas vu, ou tu t’en fichais ? »


Et soudain, une voix finit par le sortir de sa torpeur, de ce sentiment d'engourdissement profond qu'il ressentait après être resté muré dans le silence pendant de longues minutes, perdu dans ses pensées. Cette voix. Celle de sa jeune apprentie, qu'il aurait pu reconnaître parmi tant d'autres. Un bruit léger et la jeune féline se retrouvait assise à coté de lui, drapée de son pelage d'ivoire qui était à présent maculé de bourbe. Le guerrier tourna enfin la tête vers elle, feignant d'avoir déjà remarqué sa présence. Alors que ce n'était pas le cas. Il savait qu'il fallait qu'il se ressaisisse et non plus qu'il reste faible comme il l'était à présent. N'importe qui aurait pu le filer dans les marais et l'attaquer par surprise sans qu'il daigne s'apercevoir de sa présence tant il était plongé dans les méandres de son esprit. Non, il fallait qu'il se reprenne et qu'il cesse de se ressasser son passé. « Affronter ses faiblesses est un luxe réservé aux braves. »

    « Je n’arrivais pas à dormir, et comme je te suivais, il ne pouvait rien m’arriver. Je n’ai donc pas fait de bêtises. »


Ajouta la jeune féline au pelage blanc comme pour éviter de s'attirer des réprimandes, ce qui fit s'ébaucher un étrange sourire sur le visage de Vol de Corbeau, qui était en partie caché par l'ombre des arbres et par la nuit, qui recouvrait le monde entier. Un sourire énigmatique dont on ne savait pas s'il était bon ou mauvais signe, s'il fallait déguerpir sur le champ pour éviter d'avoir à subir sa colère ou au contraire, si c'était un sourire comme il avait peu l'habitude d'en afficher. Un sourire de bienveillance et de compréhension, tout simplement. Et, pour une fois, son visage n'arborait pas l'éternelle expression farouche qu'il se faisait toujours le plaisir de porter, non. Il était calme et serein, aussi inhabituel que cela puisse paraître pour ceux qui avaient l'habitude de côtoyer le sombre guerrier. Inexplicablement, même son regard ne brillait pas d'une lueur démoniaque, illuminés par les braises de l'enfer. Il était simplement rivé sur le corps svelte et léger de son apprenti qui dardait ses prunelles sur lui.
Vol de Corbeau se releva lentement, étirant ses puissantes pattes et son corps musculeux avant de bondir sur le sol bourbeux et de se redresser de toute sa hauteur. Ce faisant, il commença à marcher, s'éloignant peu à peu de la féline et disparaissant parmi les ombres qui peuplaient les marais. Seule sa voix retentit, invitation tendue à la jeunette de le rejoindre malgré ses propos qui lui dictaient le contraire.

    « Crois-tu que ce soit le moment idéal pour venir me déranger ? Que veux-tu, à une heure pareille ? Il serait préférable que tu retournes au camp. »


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MessageSujet: Re: Odeur exécrable - with Nuage de Folie.    Sam 16 Mar - 18:05

    Il l’observa, aussi silencieux qu’à l’accoutumé. Si elle n’était pas aussi distante et peu intéressée par les autres chats en général, elle aurait pu être effrayée par ce grand guerrier, surtout qu’il n’avait pas forcément une bonne réputation. Mais il était son mentor, celui qui lui permettrait d’être une grande guerrière et au passage de rabattre le caquet de tous ceux qui ont doué d’elle jusque-là. Au fond, s’il daignait lui apprendre des choses, c’est qu’il la pensait capable de faire une bonne chatte, loyale et utile à son clan, plus tard. Non ? Au fond il n’y avait aucune certitude, mais la jeune femme préférait se dire qu’il avait confiance en ses capacités, sans quoi il ne se donnerait pas la peine de lui enseigner quoi que ce soit. Mais peu importe, car lorsque Folie lui demanda s’il l’avait vu et ignoré, ou non, le matou de ténèbres ne répondit pas. Elle savait parfaitement qu’elle faisait face à un mâle peu loquace et, bien qu’elle s’y soit habituée depuis le temps, elle ne pouvait s’empêcher de se retrouver parfois frustrée par cette absence de réponses. Constamment laissée sur sa faim, délaissée elle et ses doutes. Encore une fois ce serait à elle d’analyser la situation, seule, afin de savoir s’il l’avait oui ou non vu arriver. Sauf que l’exercice s’avérait être plus délicat que prévu, les émotions qui passaient sur le visage de son mentor étaient trop rare, trop indéchiffrables pour qu’elle puisse y trouver un quelconque réconfort. Décidément. Aussi préféra-t-elle changer de sujet, daignant justifier sa présence ici, afin d’éviter toute réprimande.

    Et, grande surprise, le matou se mit un sourire. Oh non pas un sourire heureux, ni même cruel, il était indéchiffrable, comme le reste de son expression. Enigmatique au possible, l’apprentie ne saurait prévoir la réaction prochaine de son interlocuteur. Allait-il la gronder ? Ou la féliciter pour une quelconque intelligence, une quelconque répartie ? Non plus. Rien de tout cela. Encore une fois il ne lui adressa pas un mot. Il fallait cependant admettre qu’il semblait plus serein, plus tranquille qu’à l’accoutumé, loin de donner l’impression qu’il allait la manger toute crue. Cela ne l’empêcha pas de l’ignorer, totalement. En effet le guerrier de l’ombre se redressait déjà, s’étirant, avant de s’extirper de la boue en un bond souple et puissant. S’élançant en avant, il disparaissait déjà dans la nuit, à la plus grande consternation de la jeune apprentie. Alors c’était tout ? Il allait juste la laisser seule en plan, en plein milieu du marais ? C’est ça être mentor ? C’est ça un… oh. Non. Autant pour elle. Il lui adressait désormais la parole, lui signalant que vu l’heure, elle n’avait aucune raison d’être ici et qu’elle ferait mieux de rentrer au camp. Elle ferait mieux. Cela ressemblait plus à un conseil qu’à un véritable ordre, aussi un sourire finit par se dessiner sur le visage de l’apprentie. Sans hésiter une seconde de plus, elle s’élança à la suite de son mentor.

    « Je voulais juste passer le temps. Mais peut être que, de nuit, on pourrait s’entraîner ? Ce serait un bon exercice non ? »

    Sa voix, bien que tranquille au premier abord, trahissait tout de même une certaine excitation. Un certain espoir, même infime, qu’il daigne s’occuper d’elle. De lui apprendre des choses, car c’est ce qu’elle aimait le plus. L’on ne pouvait reprocher à Nuage de Folie d’être un chaton turbulent ou inattentif, car c’était tout le contraire. Elle prêtait en effet énormément d’attention à ce qu’on pouvait lui apprendre et, bien que pas forcement toujours d’accord avec ce qu’on lui disait, la femelle préférait se taire, acquiesçant en silence. Ce soir ne serait pas différent. Mais au final peu importe ce qu’il proposerait, elle était prête à se contenter de le suivre durant la nuit. Elle n’était juste pas fatiguée, et avait besoin de bouger avant tout.
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