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 Pamplemousse

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MessageSujet: Pamplemousse   Mer 8 Mai - 21:03

{ Serres d'Aigle }
J'avais pas d'idée de titre

· T'aurais un problème, minet ? Lança Poussière de Roche, le ton agressif et les yeux tout aussi durs que ses paroles. Le matou s'était planté devant elle, le poil aussi hérissé que celui d'un hérisson, les muscles aussi bandés qu'un cheval en action, les griffes aussi sorties d'un puma en chasse, et il paraissait pourtant si petit ! La jeune lieutenante en riait intérieurement. Les chats des villes étaient toujours d'une petitesse affligeante, leur tête ne dépassant que de peu les apprentis des quatre Clans. Alors elle, qui bien qu'encore jeune, avait déjà sa taille adulte, elle le regardait de haut, le confondant presque avec un chaton, alors que ses crocs jaunis et ses yeux injectés de sang criaient tout le contraire.
Il y avait deux catégories de chats que les félins de Cerfblanc ne pouvaient supporter. Tout en haut de la liste, il y avait les chats domestiques, ces précieux au poil lustré à tout moment de leur vie, à l'esprit aussi simple que l'était leur petite vie bien tranquille. Les deux camps se vouaient une haine réciproque, les chats sauvages dénigrant leur statut de félins à ces objets vivants, les chats domestiques enviant leur vie trépidante aux chats sauvages. C'était quelque chose d'étrange que d'y penser, quand on savait qu'ils pouvaient très bien quitter la ville pour commencer leur vie sauvage. Mais en plus de ça, ils étaient lâches. La deuxième catégorie de chats que les Clans détestaient, c'était ceux de la ville. Des chats errants, qui partageaient leur territoire avec les rats, qui se laissaient attraper par la saleté jusqu'à y prendre goût, et qui développaient un sens de la méchanceté sans précédent. Trop orgueilleux pour se faire entretenir par quelconque bipède, mais trop lâche pour affronter les Clans.

Celui qui se présentait devant elle à cet instant devait avoir des idées noires, peut-être souhaitait-il mourir, peut-être n'avait-il rien à perdre. En tous les cas, il se dressait contre elle, sans même se méfier, comme s'il ne voyait pas qu'il ne faisait pas le poids. Poussière de Roche n'avait rien à faire de lui, elle savait qu'elle pourrait l'écraser facilement, et pourtant elle n'avait pas envie de perdre son temps dans un combat inutile. Elle dépassa le matou des villes et, d'un coup bref de la queue, lui témoigna son départ et surtout, son avertissement : qu'il n'essaie pas de renchérir. Qu'il n'essaie surtout pas. Elle n'était pas d'humeur; bien qu'elle ne serait jamais sympathique devant ce genre de minets.
À présent elle s'éloignait, les yeux perdus dans l'activité qui régissait la ville. Dans un élan de curiosité et de motivation, elle s'y était engouffrée pour parfaire sa connaissance de ces rues que bien peu de félins des Clans connaissaient, au final. Mais il avait fallu peu de temps pour qu'elle veuille déjà quitter l'endroit, dégoûtée par l'odeur, presque aussi pestilentielle que celle de son Clan, mais aussi par les bipèdes tous aussi goujats les uns que les autres. Et, bien sûr, par les félins qui y survivaient dans le déshonneur le plus complet.

À pas silencieux mais rapides, dont l'allure accélérait à mesure que la vue de la lisière de la forêt s'agrandissait, la jolie tigrée s'éloignait de ce monde qui paraissait presque mauvais rêve face à la beauté de ce qu'était la vie sauvage.
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Jeu 9 Mai - 10:50

« Pamplemousse »



Retrouvailles


Le soleil était haut dans le ciel. Midi n'avaient pas encore sonné aux horloges des Bipèdes que déjà un chat achevait son repas. Un campagnol tout juste débusqué, tué d'un bon coup de croc. Le félin avait remercié un Clan auquel il croyait un peu. Le Clan des Etoiles. Il y a longtemps, il avait cru qu'il les rejoindrai. Ses ancêtres. Des guerriers de jadis en lesquels il croyait dur comme fer. Mais un événement funeste avait changé la donne, modifiant ses plans et ses croyances. Sa religion avait changé. Il y pensait, parce qu'il était né avec cette idée toujours présente dans l'âme de ce qu'il était naguère. Il n'y croyait plus, parce qu'ils l'avaient abandonné à son triste sort. Il n'avait pas voulu ce qui était arrivé. Mais ça c'était passé. Et même si le passé est révolu, même si le passé n'affecte pas le futur... crétins ceux qui ont dit ça. Parler à tort et à travers ça n'a jamais été son style. Il ne parlait pas beaucoup avant, alors maintenant. On lui faisait confiance, on le voyait comme un saint plus que comme un serviteur du Malin. Avant oui. Désormais les choses étaient différentes, et il n'osait imaginer comme les choses avaient évoluées dans sa famille natale. Probablement le haïssait-on pour un crime qu'il n'avait pas commis, qu'il n'aurait jamais commis. Un avenir glorieux se profilait devant ses yeux jaune-vert. Le pouvoir était à porté de pattes, il l'avait effleuré. On l'en avait privé, lâchement. Un coup bas que même le diable aurait félicité.
Cependant, lui, Serres d'Aigle, n'avait jamais approuvé ce geste, et il ne le ferait que lorsque la folie s'emparera de lui. Autrement dit, certainement pas dans un futur proche. Un avenir très lointain, sûrement peu de temps avant sa mort, installé au pied d'un arbre comme à son habitude.

Son repas terminé, le félin gris regarda les restes de sa proie. Cette vision familière lui en rappela une, bien plus horrible. Il leva la tête et manqua de pousser un cri de douleur. Pourquoi ? Cet être si fragile n'avait rien fait à l'époque ! Il n'avait été qu'un objet dans le plan diabolique d'un ambitieux prêt à tout pour réussir. A toute... même à trahir celui qui lui était soit disant le plus cher. Trahi. Le solitaire avait été trahi par celui qu'il aimait énormément : son frère. L'ambition, le désir du pouvoir. Tant de défauts qu'il rejetait depuis qu'il en avait été victime. Lui, et le chaton. Deux victimes. Et Oeil de Faucon en avait payé le prix de sa vie. Il était mort. Son frère en était sorti vainqueur. Un vainqueur détruit, comme un cavalier champion qui tombe de son cheval pour se retrouver dans un fauteuil roulant. Détruit, mais vainqueur. Vainqueur, mais détruit. Un et deux, deux et un. Un tout, et un rien.

Comme envahi par le désespoir, la peine, il fit demi-tour après avoir enterré ses restes. Pas la peine d'attirer en plus des charognard débiles. Ils dérangeraient sa sieste, et il ne voulait pas être dérangé. Sa paix, sa tranquilité, il l'avait gagnée depuis plus d'un an maintenant. En y repensant, ça lui arrachait un rire ironique. Un an... Un an que pour son Clan il était vu comme un meurtrier. Et doublement. Enfin bon. Il n'était plus chez eux, lui, le félin qui avait failli être promu lieutenant avait laissé sa place à une minette spéciale : Symphonie du Bonheur. Bah ! tant pis. De toute façon, c'était le passé, ça ne pourrait plus changer. Il était LE banni. Celui que tout chaton doit éviter au risque de se faire tuer. Foutaises. Il n'était pas le coupable, on l'avait berné. Ils avaient tous été bernés. Même s'il avait tenté de s'expliquer, la chef l'avait rejeté et lui avait ordonné de quitter le camp, le Clan, si possible pour toujours.
Mais Serres d'Aigle les avait protégé ! Défendu contre un mal bien plus grand : Oeil de Faucon les aurait tous trahi un jour ou l'autre, avide et cupide comme il était. Maintenant il était mort et la forêt n'était plus en danger à cause de lui. Après, un autre danger pouvait très bien arriver, mais il ne viendrait pas de ce frère lâche, traître et fourbe.
Le matou gris cracha de rage et grimpa dans un arbre tout proche. Il s'installa sur une branche ni trop haute ni trop basse et laissa pendre sa queue dans le vide. Elle battait furieusement l'air, mais petit à petit le solitaire se calma, appaisé par le chant doux des oiseaux dans les environs. Des odeurs lui parvinrent : fleurs odorantes, fumet de gibier, et surtout le parfum de l'écorce dont il ne lassait pas. Il était bon grimpeur et ne comptait même plus les nuits passées dans les branches épaisses de ces géants de bois.
D'autres bruits se firent entendre. Des sons étranges mais qu'il connaissait bien maintenant : le cri agressif des monstres sur les chemin du tonnerre, celui des Bipèdes bavardant entre eux ou dictant la conduite à leur chien. Les hurlements stridents des petits dans leurs jardins... tant de choses qui agressaient l'oreille du chat gris. Il n'aimait pas la ville. Les chats errants étaient en piteux état et osaient encore se faire appeler "félin". Idem pour les domestiques qui passaient leurs journées assis au coin du feu ou sur les genoux de leur maître. Des paresseux dénigrant la vie sauvage. Eux non plus ne méritaient pas de se faire appeler chats. C'étaient des boules de poils sur pattes, orgueilleux et qui défiaient tout de même les chats des Clans...
L'ancien guerrier ferma les yeux, oubliant les domestiques, les errants et ne pensant plus à rien, somnola tranquillement.

Elle se fit sentir avant de se faire entendre. Une femelle dont l'odeur de la colère semblait un peu présente. Serres d'Aigle se réveilla immédiatement. Il connaissait cette odeur ! Il l'avait déjà sentie auparavant. Forte. Le Clan de l'Ombre ? Oui. Ce fumet particulier, assez désagréable pour dire la vérité. Qui était-ce ?
Il la connaissait, ça il le savait, mais il ne parvenait à se rappeler quel visage allait sur cette odeur. Puis il la vit, sortant de nul part, venant de la ville. Et il la reconnu. Elle n'avait pas changé, toujours aussi belle. Quoi qu'elle s'était endurcie. Elle avait grandie... avait-elle changé au fond ? Il ne lui avait que rarement parlé, juste aux Assemblée, mais son caractère l'impressionnait. Née dans le Clan de la Rivière avant d'être enlevée par son père, sa force de caractère lui avait donné une bonne place dans son Clan d'adoption. La dernière fois qu'il l'avait vue, cela remontait à une bonne année.
Son pelage brun strié de presque noir était toujours aussi beau, et ses oreilles si particulières firent sourire le matou.

- Ainsi donc...

Il se tut, attendant d'être vu par ses yeux ambrés si profonds. Elle ne le vit que quelques secondes avant qu'il ne saute de l'arbre pour se placer devant elle.

- Ainsi donc tu es toujours en vie. Poussière de Roche. Tu n'as pas changé depuis notre dernière rencontre. Te souviens-tu de moi ?

Alors il vrilla ses prunelles jaune-vert dans les siennes et patienta. Son odeur avait changé, elle n'était plus celle du Clan du Tonnerre, mais lui n'avait pas différé. Il était toujours le même. Celui qui jadis avait été voué à devenir lieutenant...
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Jeu 9 Mai - 13:31

Le vent soufflait derrière elle, mais après tout elle n'en avait que faire : elle était en Terres Libres, et à cet endroit, elle se méfiait plus de ce qui était dans son dos -les chats errants- que ce qui pouvait venir de devant elle. De même, ses yeux n'étaient pas derrière sa tête, alors qu'elle pouvait tout à fait voir ce qui se tramerait devant elle : somme toute, à cet endroit précis, où il fallait savoir se méfier de la Ville, elle trouvait sa position très confortable.
Mais bien trop occupée à faire attention aux odeurs de derrière, et à regarder la lisière de la forêt qui lui donnait envie de courir afin de l'atteindre plus vite, Poussière de Roche ne regardait ni sur les côtés, ni au-dessus d'elle. Les chats n'avaient pas l'habitude de se faire attaquer par les airs; sauf les chatons, proies idéales pour des oiseaux de proie. Et puis, l'idée qu'un chat se trouve sur un arbre des parages ne lui avait pas traversé l'esprit. Peut-être d'ailleurs parce qu'elle n'en avait que faire : encore une fois, elle était en territoire autorisé pour tous et n'avait donc à priori rien à craindre.
Elle avançait dont les sens en alerte vers l'arrière, mais la garde baissée vers l'avant.

Ainsi donc... Des paroles attirèrent soudainement son attention, et tandis qu'elle levait brusquement la tête, les yeux aussi surpris que mécontents de se faire prendre par surprise, elle suivit le mouvement rapide d'un félin sautant d'une branche pour atterrir au sol. Ainsi donc tu es toujours en vie. Poussière de Roche. Tu n'as pas changé depuis notre dernière rencontre. Te souviens-tu de moi ? Le félin en question continua sa réplique. Il avait un ton comme amusé, qui fit réagir aussitôt la jeune tigrée : il la connaissait... Et elle le connaissait !

· Bonjour, Serres d'Aigle, commença t-elle, ses babines s'étirant à leur tour en un franc sourire. Qu'est-ce que tu croyais, que je me ferais bouffer par le premier blaireau rencontré ? Répliqua-t-elle ensuite dans son éternel orgueil. Elle laissa quelques secondes passer dans le silence, s'affairant à l'observation de ce jeune matou qu'elle avait autrefois connu lors d'Assemblées. En tout, elle était allée deux fois aux Quatre Chênes lors de la Pleine Lune : elle avait d'abord rencontré le grisé alors qu'elle n'était qu'apprentie, puis une autre fois en tant que nouvelle guerrière. Et désormais, plusieurs choses avaient encore changé, pour elle oui, mais il se pouvait bien que pour lui aussi. J'espère tout de même avoir un minimum grandi hein ! Ajouta-t-elle finalement, émettant un petit rire. L'entendre la surprit : cela faisait un certain temps qu'elle n'avait pas pris plaisir à une conversation.

Elle attendait, désormais. Elle n'avait pas clairement exprimé son envie de tout savoir. Peut-être aurait-elle mieux fait de dire ''Et toi, Serres d'Aigle, comment vas-tu depuis le temps ?'', ainsi il aurait été naturel et spontané qu'il donne de ses nouvelles. Mais Poussière de Roche espérait que le matou comprendrait de lui-même, et qu'il mènerait à sa façon la conversation en ce sens. De son côté, la jeune femelle était piquée d'une vive curiosité : qu'avait-il bien pu se passer dans la vie du guerrier depuis tant de lunes ? Avait-il une compagne ? Peut-être avait-il même des chatons ! Au fond d'elle, la lieutenante se sentit fière, fière d'avoir connu cet apprenti et de le voir aujourd'hui grandi, ayant vécu sa vie. Peut-être aurait-il de grandes péripéties à lui raconter ! Quant à elle, seule sa nomination de lieutenante avait changé dans sa vie depuis qu'ils s'étaient vus pour la dernière fois. Et à cette idée-là aussi, la tigrée sentit son poitrail se gonfler d'orgueil.
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Jeu 9 Mai - 15:44

« Pamplemousse »



Passé & Avenir...

Elle s'était arrêtée, apparemment surprise et pas forcément ravie d'avoir été ainsi prise au dépourvu.
Ses yeux avaient l'air mécontents, presque furieux de s'être laissés surprendre... par un solitaire. L'orgueil des chats des Clans. Mais ses babines dessinèrent un beau sourire. Un vrai, un franc comme on en fait lorsque l'on est plutôt content. Elle l'avait reconnu ! Et elle le salua poliement, souriante.

Bonjour Serres d'Aigle.

Cependant le matou connaissait un peu cette femelle. Orgueilleuse, impétueuse. Mais calme et sage. Son côté furibond ne ressortait que très peu. En tout cas, c'est ce qu'il avait eut l'occasion de voir durant les deux Assemblées auxquelles elle avait participé lorsqu'ils étaient apprentis, puis chasseurs.
Elle n'avait rejoint que deux fois les Quatre Chênes à cette occasion, contrairement au félin qui y avait assisté à trois reprises étant novice, deux fois sans la voir, seule la dernière permit une rencontre entre eux deux.. Guerrier il y avait été une fois et l'avait vue sous son nom de guerrière, peu de temps avant l'accident terrible qui lui avait coûté sa place dans le Clan. Il manqua de rire ironiquement. A croire que passer guerrier et aller à une Assemblée si tôt avait provoqué la fureur du Clan des Etoiles qui l'avait châtié... seulement, pourquoi causé la mort d'un chaton innocent ?
Sous le coup de la rage contenue, il sortit les griffes discrètement et les enfonça dans la terre.
Poussière de Roche quant à elle ajouta avec son orgueil bien connu :

Qu'est-ce que tu croyais, que je me ferais bouffer par le premier blaireau rencontré ?

Ces mots firent rire le matou intérieurement. Décidemment... elle n'avait pas changé, en tout cas du peu qu'il la connaissait. Mais elle était tellement mignonne qu'on pouvait lui pardonner ses écarts de comportement. D'aussi loin qu'il se souvienne, aux Assemblées il l'avait toujours regardée, se disant que s'il avait été de son Clan et pas amoureux d'une autre novice, il l'aurait été d'elle. Enfin... elle n'avait pas un passé très facile non plus. Née dans le Clan de la Rivière et enlevée par son père pour rejoindre le Clan de l'Ombre. Tout du moins c'est ce qu'elle lui avait raconté à l'époque. La pauvre avait dû s'habituer à l'odeur des marais, du charnier tout proche... même pour Serres d'Aigle qui s'en était approché à plusieurs reprises, cette puanteur était infecte. Néanmoins moins écoeurante que celle de la ville, des chats errants qui traînent dans les poubelles et sont finalement tout autant pourris qu'elles.

J'espère tout de même avoir un minimum grandi hein !

Un petit rire émana de sa gorge. Comme autrefois où, regroupés en tas d'apprentis, elle riait avec eux. Peu, mais suffisemment pour prouver qu'elle le pouvait.
Elle n'ajouta rien de plus. Pas même une question pour dévier la conversation sur les aventures de chacun. Serres d'Aigle se demandait si elle était la compagne d'un chanceux guerrier. Etait-elle mère ? Peut-être même était-elle lieutenante qui sait ! Ou alors elle était seule, perdue dans sa solitude de guerrière, ou encore de future chef légitime. Il ne savait pas. Il hésitait. Son silence l'insitait à parler de ce qui avait pu lui arriver. Mais il se demandait si elle ne restait pas que par politesse. Non, elle n'aurait pas rit dans ce cas là. Elle voulait sûrement savoir ce qui lui était arrivé... mais lui ne souhaitait pas en parler. Elle verrait d'un oeil mauvais arpès, et sa seule chance de reprendre contact avec elle tomberait à l'eau. A l'eau !

- Oui tu as grandi... suffisemment pour ne plus passer pour une apprentie, la taquina-t-il,tu sais, j'ai vu la mer de mes yeux ! C'est très beau ! L'écume des vagues... les rochers contre lesquels elles se fracassent dans un bruit assourdissant. L'odeur de l'iode. J'ai voyagé pendant un an avant de revenir. Je ne suis pas allé très loin pour voir l'océan, mais ce n'est pas donné à tout le monde. J'ai aussi vu des montagnes, dont la pierre grise reflétait la lumière de la lune pour devenir argentée, et le jour s'illuminer. Ca change du quotiden...

Son regard devint flou, comme chagriné. Il n'avait pas dit directement la triste vérité, il n'avait fait que la sous-entendre. Oui il était parti... et il était revenue il y a quelques lunes, juste le temps pour lui d'apprécier le paysage infini de l'océan et la froideur du contact avec la pierre des montagnes. Un voyage our canaliser sa rage, sa tristesse. Il y avait beaucoup apprit, mais il y avait beaucoup perdu également.
Il releva ses yeux et les plongea dans ceux de la chatte de l'Ombre, déterminé.

- Oui, j'ai quitté le Clan du Tonnerre. Le chef de l'époque m'a banni, je suis vu comme le meurtrier d'un chaton, alors que c'est mon frère, Oeil de Faucun qui a commis ce meurtre... pour que je ne devienne pas lieutenant. Et je l'ai tué sous le coup de la haine. Me vois-tu comme un monstre à présent ? Maintenant que tu sais cela, que vois-tu en moi ? Et toi... qu'es-tu devenue ?

Oui, il était un monstre... tuer son propre frère. Mais passée la colère il avait hurlé de désespoir. Si elle s'enfuyait ? Dégoûtée par son acte de fureur. Mais il avait tenté d'assurer ses arrières en s'inquiètant de ses aventures à elle. Non pas qu'il cherche à la retenir contre son grè, loin de là. Il voulait simplement son opinion sur le sujet, en plus de ses nouvelles.


Dernière édition par Harmonie des Enfers le Jeu 9 Mai - 18:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Jeu 9 Mai - 16:23

Poussière de Roche était réellement contente de revoir le jeune matou. Elle qui n'avait pas tellement de liens avec les chats de son Clan, ni de n'importe quel autre tribu, elle retrouvait à ce moment-là les joies d'une discussion avec un chat connu, peut-être même en phase d'être un ami. Elle réalisa soudainement que malgré sa volonté de solitude et de se tenir hors de portée, c'était agréable, d'être reconnue. Que notre compagnie plaise à quelqu'un. Que nos paroles fassent rire. On se sentait important; et c'était un objectif qui remplissait l'esprit de la tigrée depuis sa naissance. Devenir quelqu'un d'important, qu'on connaisse.
Son sourire ne s'éteignait pas. Même lorsqu'elle remarque que Serres d'Aigles effritait la terre de ses griffes dans un geste nerveux. Elle rit à ses remarques, apprécia d'être détendue, après de longues lunes de tension inachevée. Et puis, elle se laissa emporter par l'amertume qui semblait guider le matou gris lorsqu'il parla de l'océan, des merveilles qu'il y avait vues, des découvertes qu'il y avait faites. Un instant, elle partagea son rêve, sa nostalgie, et elle se promit d'un jour aller voir de plus près ce qu'on décrivait comme l'incarnation-même de la liberté, de l'esprit sauvage. Elle et sa petite colère sauvage qui l'emprisonnait n'étaient rien à côté de cet océan qu'aucun marin ne pouvait dompter.

Et puis soudain l'ambiance sembla se charger. Serres d'Aigle se révélait. Poussière de Roche écouta ses déclarations d'abord avec stupeur, ensuite avec émotion. L'idée de ne pas le croire ne lui vint pas, et elle se contenta simplement de regretter la décision peut-être arbitraire du Clan du Tonnerre. Elle n'avait pas été là, après tout. Peut-être était-ce réellement un assassin. Mais elle ne trembla pas. Elle ne pouvait l'imaginer; dans son esprit, Serres d'Aigle avait déjà une place toute faite, et l'opinion que la femelle avait de lui ne changerait que si elle assistait d'elle-même à une trahison, ou quelconque autre faute. La jolie tigrée ne savait pas par quoi répondre lorsque le grisé eut fini sa tirade. Elle avait peur de donner une réponse trop banale, trop vide d'émotion, de sincérité. Mais peut-être le silence était-il pire encore; alors elle laissa les mots décider pour elle.

· Je suis désolée que tu aies eu à subir tout ça... commença-t-elle les oreilles baissées par la peine. Elle laissa un instant ses yeux vides glisser sur les horizons, puis les planta à nouveau dans les prunelles de Serres d'Aigle. Je ne suis pas certaine que j'aurais réagi autrement. Mon trop plein d'orgueil, ajouta-t-elle, sa réponse se terminant par un sourire à la fois amusé et désolé. Elle ne voulait pas se permettre de juger le matou alors qu'elle n'avait pas eu à vivre ce qu'il avait traversé. Cela aurait été de toute façon déplacé, et elle aurait été à côté de la plaque. Et, même s'il était menteur et qu'il avait réellement assassiné deux chats, ça ne la touchait pas plus que cela. C'était un peu chacun pour soi, dans son esprit. Survivre.

Elle se demanda si le nouveau solitaire écouterait ses aventures à elle, alors qu'elle n'avait finalement rien à raconter. Elle réalisa que peut-être sa vie avait été facile, et l'était toujours. Peut-être le serait-elle encore dans le futur. Il ne se passait rien de bien spécial.

· Pour ma part, je suis passée lieutenante. Je t'avoue que c'est la seule chose importante qui me soit arrivée depuis la dernière fois. Et encore. Elle ne pensait pas réellement que monter dans la hiérarchie était si essentiel que ça. C'était flatteur, et son orgueil en était tout fier, évidemment. C'était se rapprocher de sa volonté d'être connue, reconnue, respectée, importante. Mais étaient-ce là les uniques intérêts d'une vie ?
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Jeu 9 Mai - 20:30

« Pamplemousse »



Passé, présent et futur...

Avait-elle été choquée ? Voire même déçue de le voir devenir un meurtrier ? Il n'en savait rien mais sentait juste l'ambiance s'alouridr au fur et à mesure qu'il parlait. Il n'avait fait que tuer un guerrière. Que... ah. Il avait tué un frère bon sang ! Un frère qu'il chérissait tant. Un frère qu'il aimait et qu'il suivait partout. Pourquoi l'avoir tué... pourquoi. Il aurait pu le laisser en vie, le laisser continuer à mentir sous le masque de celui qui avait annoncé à tous que le chaton était mort. Pauvre Petit Tilleul, assassiné pour servir les desseins macabre d'un cinglé dégénéré. Oui, il n'avait pas peur de le dire. Son frère était fou. Depuis toujours et ce n'est qu'à la fin qu'il s'en était rendu compte. D'abord jaloux de la préfèrée de Nuage d'Aigle. Jaloux car elle lui prenait son frangin. Jaloux car il ne pouvait assouvir sa soif de pouvoir en le manipulant. Puis en le trahissant à la toute fin en tuant ce pauvre chaton qui n'avait rien demandé.
Comment avait-il fait, pour l'attirer hors de la pouponnière, dans les bois durant la nuit noire ? Et sa mère ? N'avait-elle pas réagit en voyant son petit emmené loin d'elle ? Rose Perlé n'avait même pas cherché à le suivre... à moins qu'elle ne fut endormie quand le meurtre a été commis... Allez savoir. Deux morts pour quoi ? Pour quoi hein ? Pour qu'un chat soit banni par un chef, regretté par une amie, un amour, pour l'empêcher de devenir lieutenant au profit d'un autre. Pour rien en somme. Pour la cupidité, l'ambition, le désir de devenir important en dépit des êtres aimés. Ridicule frère aveuglé par le pouvoir. Il ne l'aurait jamais obtenu... alors à quoi bon ?

La jolie minette tigrée ne broncha pas. Pas un tremblement n'agita son corps rayé. Pas un mouvement ne la fit reculé de cet être écoeurant. Le trouvait-elle sympathique ? L'appréciait-elle au point de rester auprès de lui malgré le fait qu'il la dégoûte ? Ou bien le voyait-elle toujours comme cet aprenti amical ? Ce guerrier gentil et serviable. Avait-elle encre cette opinion toute fait sur lui, si bien qu'elle ne changerait d'avis qu'en ayant un preuve de sa monstruosité.
Serres d'Aigle acheva alors son histoire, sombre certes, mais c'était son passé, son présent et son avenir... alors il devait voyager avec, quoi qu'il advienne. Et même son excursion à la mer, sa découverte des hautes montagnes n'avaient pas modifier le passé, ne l'avaient pas non plus effacé.
Le silence s'installa, presque oppressant. Pas pour le solitaire. Non, il voyait cela comme une marque de la femelle. Signe qu'elle cherchait ses mots, ne savait que dire pour lui parler. C'est ce qu'il espérait, car elle pouvait tout aussi bien se moquer de lui comme de sa première litière, qu'elle soit en lin ou en copeaux de bois.
Puis elle parla. Peut-être avait-elle trouvé ce silence irrespectueux. A vrai dire il n'en savait rien et ne voulait même pas savoir. Elle lui parlait, ne fuyait pas devant lui, la vision d'un monstre en pleine action, en pleine révélation, et aux yeux du félin cendré, c'est tout ce qui comptait réellement.

Je suis désolée que tu aies eu à subir tout ça...

Ses jolies oreilles pointues, allongées par le pinceau typique des lynx, étaient courbées vers l'arrière, comme pour marque son soutien dans cette épreuve de tous les instants. Sa peine était n'avait pas l'air mimée et ses yeux ambrés si profonds d'habitude se mirent à bifurquer ici et là, laissant un éclat terne remplacer sa détermination coutumière.
Et alors elle les vrilla dans les prunelles jaunes de Serres d'Aigle.

Je ne suis pas certaine que j'aurais réagi autrement. Mon trop plein d'orgueil.

Elle lui offrit un magnifique sourire qu'il qualifia de parfait pour la situation. Il était doux, réconfortant et à la fois triste, comme si elle partageait sa peine et lui prenait juste le poids de la douleur, le temps d'un instant.
Intérieurement, il remercia la guerrière. Elle l'avait aidé, un peu, mais c'était déjà ça. Lui ôtant une charge invisible : celle de la solitude. Il était heureux et se mit à sourire faiblement, affichant l'ombre de ce sourire calme et sage qui dansait continuellement sur ses lèvres.
Seulement, ce n'était pas fini. Qu'était-elle devenue ? Quelque chose criait au solitaire qu'elle avait changé, plus qu'il ne pouvait bien l'imaginer. Lieutenante ? Ou bien, du tout au tout elle avait choisi la voix du guérisseur... peu probable ! De toute façon, il y avait déjà une guérisseuse au Clan de l'Ombre, pas très comode d'après les rumeurs.
Avait-elle vécu des combats où l'adrénaline du duel vous pousse à faire du mieux que vous pouvez pour écraser l'adversaire et sortir vainqueur et vivant ? Avait-elle voyagé tout comme lui ? Etait-elle devenue mère, compagne ? Que lui état-il arrivé durant ces douze lunes ? Des tas de questions se bousculaient dans la tête du félin gris, mais il attendit bien sagement que la belle parle d'elle-même.

Pour ma part, je suis passée lieutenante. Je t'avoue que c'est la seule chose importante qui me soit arrivée depuis la dernière fois. Et encore.

Il écarquilla les yeux. Bien qu'il s'y soit fortement attendu, il était surpris que ces suppositions s'avèrent être justes. Il était heureux pour elle. Être lieutenante, ce n'est pas rien ! Diriger, ordonner, guider, seconder. Les responsabilités sont énormes lorsqu'on est la future meneuse légitime. Et il le sait mieux que quiconque, lui qui s'y était durement préparé pendant quelques lunes, sachant son lieutenant sur le chemin de la mort, de la Toison Argentée. Mais il n'a jamais pu mettre à profit son entraînement. Jamais...
Il sourit tristement, une touche de mélancolie dans ses yeux et sur ses lèvres.

- C'est bien... Nous n'avons pas un passé facile tous les deux hein ? Pourtant il fait partie de nous. Notre passé est notre présent, notre futur. Mais passer lieutenante est, à mon sens, un événement mineur dans une vie. Il y a d'autres buts à atteindre ! La mer, les montagnes. Tout ce que tu as envie de voir, d'être.

Alors il se stoppa. Non pas pour reprendre son souffle qu'il avait endurant, mais pour laisser germer l'idée dans l'esprit de la lieutenante de l'Ombre. La réponse, l'avait-elle ?

- Que veux-tu voir ? Qui veux-tu être Poussière de Roche ?

Question étrange en effet. Mais elle était intéressante, car on est quelque chose, mais pas forcément ce que l'on veut être, au fond de soi-même.Et lui, qui voulait-il être ?Il sourit de nouveau, mystèrieusement.
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Ven 10 Mai - 0:33

Ça aurait pu paraître étrange que la jeune tigrée ne réagisse pas plus que cela à l'annonce du secret de Serres d'Aigle. Après tout, il avait tué un chat, même si celui-ci l'avait peut-être mérité. Il avait goûté le sang, il l'avait peut-être même apprécié, goûtant la vengeance par la même occasion. Peut-il y avait-il pris goût, peut-être était-il en train de préparer un autre crime : qui sait, peut-être était-elle sa nouvelle proie ? À partir de telles révélations, on pouvait s'inventer des montagnes d'histoires. Vraies, ou fausses, peu importe. Ce que Poussière de Roche pensait, c'était qu'il ne fallait pas se fier aux on dit. Il fallait toujours se faire une opinion par soi-même, ne pas se laisser corrompre par les autres. Car toute pensée qui ne venait pas de vous-même n'était que mensonge, que voile devant la réalité. Il fallait penser par soi-même. Alors elle suivait cette directive, refusait de croire ce qu'elle n'avait pas vu par elle-même, et attendait de voir ce que Serres d'Aigle valait vraiment, ou du moins, ce qu'il lui montrait, à elle.
Le grisé eut l'air content de sa réponse. Il esquissa un sourire comme soulagé. Ce devait être une lourde révélation que celle-ci, et sûrement s'attendait-il plutôt à ce qu'elle s'enfuit en courant, ou encore qu'elle lui fasse la morale, ou encore qu'elle l'attaque, poussée par le dégoût et la haine. Cela aurait peut-être été une réaction plus appropriée. Mais voilà : Poussière de Roche n'était pas appropriée. Et puis aux diables vos mines faussement choquées devant cette absence d'impulsivité : remettez-vous en question, que diable, cessez de juger sans connaître. Le monde tournerait plus rond.

Serres d'Aigle ne s'attarda pas plus sur cette sombre histoire. Tant mieux, car la lieutenante de l'Ombre ne comptait pas l'écouter se justifier plus que de raison. Il rebondit sur sa nomination de lieutenante, la félicitant implicitement, divaguant ensuite vers des affirmations plus abstraites, quasiment philosophiques. Ainsi soit-il. C'est bien... Nous n'avons pas un passé facile tous les deux hein ? Pourtant il fait partie de nous. Notre passé est notre présent, notre futur. Mais passer lieutenante est, à mon sens, un événement mineur dans une vie. Il y a d'autres buts à atteindre ! La mer, les montagnes. Tout ce que tu as envie de voir, d'être. Sur ce point-là, ils étaient d'accord. Refuser ce poste important n'était pas dans les plans de son orgueil, mais Poussière de Roche n'admettait pas son rôle comme essentiel dans sa vie. Elle aurait pu rester guerrière, elle n'en aurait pas moins pensé qu'elle avait raté sa vie. Que veux-tu voir ? Qui veux-tu être Poussière de Roche ? demanda finalement le solitaire, plongeant totalement dans l'univers de l'abstrait, des choses qu'on ne pouvait toucher, ni expliquer, ni comprendre clairement. Poussière de Roche réfléchit un certain temps à la question. Elle n'en savait rien. Elle se contentait de vivre, de voir ce que les jours avaient à lui offrir, de voir ce que la vie lui permettrait de vivre. Elle n'attendait rien, et n'avait pas d'objectifs. Elle était, et c'était tout.

· Je ne pense pas pouvoir répondre à cette question, dit-elle finalement, ne souhaitant pas se perdre dans une discussion qui n'aurait ni queue ni tête. Elle ne se sentait pas encore assez ancienne et radoteuse pour exprimer des rêves qui ne se réaliseraient pas, pour exprimer des regrets et des nostalgies qu'elle ne souhaitait jamais vivre. Alors elle reprit, souhaitant changer de cap la conversation : Ce ne fut pas trop dur de quitter le Clan ? Je suppose que tu y avais ta vie ? Elle voulait dire par là, des amis, un mentor peut-être, ou encore, qui sait, une minette plus appréciée que toutes les autres. Poussière de Roche voulait connaitre son ressenti à propos de la vie de solitaire. Était-ce la liberté-même ? Ou n'était-ce qu'un leurre ?
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Ven 10 Mai - 13:31

« Pamplemousse »



I am what I want to be...


Le solitaire fixa la lieutenante. Il était presque certain que le doute s'insinuait dans son esprit. Elle n'était certainement pas ce qu'elle voulait être, mais elle ne savait pas non plus qui elle voulait être. Ni même qui elle était si ça se trouve ? Lorsqu'on est enlevée de son Clan natal, intégrée de force à un Clan qui sent pas forcément très bon et qui en plus vous juge sur votre origine, ça doit pas être facile tous les jours. Mais la belle avait une force de caractère et une détermination sans faille, Serres d'Aigle en était persuadé. Il l'avait connue autrefois, répondant aux novices qui se foutaient de sa tête, se payaient ouvertement d'elle. Elle n'avait jamais baissé les bras et ça avait payé ! Dans un sens, le solitaire était fier de l'avoir rencontrée avant, et de la retrouver aujourd'hui. Elle était un peu comme une amie que l'on perd de vue, puis que l'on retrouve après de longues années. Un peu comme dans le Roi Lion quand Nala et Simba se revoient et se tournent autour, tout contents de se rendre compte que l'autre n'est pas un mirage, une image, fruit d'une hallucination qui découle de la solitude et de la folie qui l'accompagne.
Il sourit vraiment, heureux d'être vivant. Et il se mit même à ronronner, si faiblement que son ronron se mêla aux battements de son coeur enchanté. Il était heureux et il se sentait bien pour la première fois depuis qu'il avait vu la mer, il y a environ six lunes.
Il savait, lui, qui il voulait être. Mais probablement ne le serait-il jamais, vu ses antécédents dans le Clan du Tonnerre. Enfin bon. Il ne sert à rien de se voiler la face, ce n'est qu'un rêve, et il en est conscient. Le pire quand on est en plein rêve, c'est qu'on le sait, surtout quand on rêve éveillé ! Et là, il le comprend bien, que jamais elle ne voudra de lui... lui qui a tué un chaton dans l'esprit de tous, lui qui a tué son frère et en a été traumatisé jusqu'à aujourd'hui où il finit par s'en foutre royalement comme de sa première litière.

La chatte brune tigrée semblait hésiter. Savait-elle ? Voulait-elle seulement répondre. Elle n'avait sûrement même pas la réponse à cette question philosophique étrange. Philosophie bonjour tout de même. C'était juste des questions existencielles qu'il s'était posées face à l'océan furieux. Il se souvenait de ces vagues gigantesques qui venaient s'abattre, se fracasser plutôt, contre les rochers pointus, les falaises. Les vagues plus douces léchaient le sable doré et chaud le jour. Une temête comme il n'en avait jamais vue une, et il aurait bien aimé être emporté par les lames, mourir plutôt que de vivre dans la folie qui peu à peu le rongeait. Mais il s'en était sorti, trempé mais vivant et il avait compris qu'il valait mieux vivre que de rester sur les échecs du passé. C'est pourquoi il était revenu et aujourd'hui rencontrait à nouveau Poussière de Roche.

Je ne pense pas pouvoir répondre à cette question.

Bien sûr. Elle n'avait sûrement aucun sens apparent pour elle. Se trouvait-elle trop jeune ? Encore trop lucide pour divaguer sur des sujets étranges auxquels elle ne trouvait ni réponse ni intérêt ? Un labyrinthe sans issue, sans queue ni tête. Sans rien. Et qui pourtant avait tout. Enfin, c'était normal, autrefois lui non plus ne savait pas. Ce n'est que dans les montagnes et devant l'océan déchaîné qu'il avait su. Oui, la vie il l'avait comprise ailleurs, bien loin de tout ce qui avait fait sa vie justement.
Il repensait au soleil qui innondait la forêt et ses clairières, les parties de chasse avec elle... Et toujours cette nostalgie lorsqu'il repensait à cette belle chatte au regard ambré. Elle était si belle qu'il l'avait tout de suite aimé. D'abord comme une soeur, comme une amie, une meilleure puis comme un amour. Un amour réciproque qui plus tard aurait donné un vrai couple, uni, dans la douleur, dans la hanie, dans la joie. Une preomesse d'avenir our le Clan du Tonnerre qui avait fondu avec son départ, potée par d'autres que lui.
Il songeait à tout ce bonheur qu'il avait manqué et qu'il ne retrouverait peut-être jamais quand la lieutenante des Ombreux parla le tirant de ses rêveries.

Ce ne fut pas trop dur de quitter le Clan ? Je suppose que tu y avais ta vie ?

Il lâha un hoquet. Il ne s'y attendait pas le moins du monde, mais passée la surprise il réflechit. Si ce fut dur ? Ah. Il n'avait jamais eu à prendre une décision aussi douloureuse. Fin décision, c'est pas lui qui avait choisi de se casser comme ça, c'était le chef avant Etoile des Pluies. Bien sûr il avait compris sa décision, mais il ne pouvait pardonner. Il avait beaucoup perdu.

- Oui ce fut dur. C'était mon Clan, celui que j'étais censé diriger avec le Chef. J'allais être leiutenant. Mais ce n'est rien comparé à ce que j'y ai laissé... J'ai perdu mon amour, une merveilleuse chatte à qui je n'ai même pas pu dire au revoir, rongé par le remord de l'abandonner...

Un peu plus et il pleurait, aussi baissa-t-il les yeux. Ca l'aidait de regarder dans le vide, surtout quand il pensait à elle. Enfin, c'était du passé hein ? Malheureusement, comme il l'avait dit, le passé est notre présent et notre futur, il ne nous quitte jamais, ne nous lâche qu'à la mort, et encore.

- Cela dit, je ne regrette pas la vie de solitaire. On fait un peu ce qu'on veut. Pas d'obligation. On est juste seul. La liberté dans une boîte quoi. Et toi ? As-tu des amis ? Un compagnon peut-être ?
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Sam 11 Mai - 22:32

Cela dit, je ne regrette pas la vie de solitaire. On fait un peu ce qu'on veut. Pas d'obligation. On est juste seul. La liberté dans une boîte quoi. Serres d'Aigle parlait de la liberté telle que Poussière de Roche l'entendait. Elle avait l'esprit plutôt sauvage, rêvant chaque nuit de ne plus se fier aux interdits et aux règles, de se balader sans remords sur n'importe quel territoire, de chasser sans penser au Clan avant tout, de se battre si elle en avait envie, d'aimer autant qu'elle le pourrait. Et puis, chaque matin, elle se rappelait que des vies dépendaient en partie d'elle-même, qu'il y avait bel et bien des conventions qu'il fallait respecter, au risque de tout perdre, au risque de mourir. Chaque jour, elle devait penser aux autres avant de penser à elle-même. Et, chaque nuit, lorsqu'elle se rendormait, cela lui piquait chaque fois plus fort, de penser à ce contraste entre désir et réalité. Mais c'était ainsi.
Alors la vie de solitaire était souvent connue comme la vie libérée, sans foi ni loi, comme si on était réellement capitaine de nos âmes. Mais tout de même. Ça ne devait pas être si rose que l'on s'imaginait; sinon, beaucoup de chats auraient tenté l'aventure aujourd'hui. Peut-être étaient-ils trop lâches pour oser, certes. Mais peut-être que la solitude n'était pas si belle, après tout.

· J'imagine que ce n'est pas le paradis, oui. Elle disait cela sans vraiment peser ses mots. Après tout, à quoi bon. Chacun avait sa conception de la liberté, mais les deux-là paraissaient avoir la même. La liberté oui, mais seulement dans ton enclos. Je suis désolée pour ceux que tu as perdus. Tu ne les as pas revus depuis ? demanda-t-elle également, s'intéressant plutôt à la femelle qu'aux autres compagnons de Serres d'Aigle. On s'attache, et on souffre. C'était toujours comme ça que ça se passait, semblait-il. Je suis désolée si je t'importune de mes questions. Ce ne sont pas mes affaires, après tout, finit-elle brusquement, se levant sans plus attendre, comme si, honteuse de ses questions, elle s'apprêtait à partir, à mettre un terme à la discussion, sans attendre les réponses qu'elle avait provoquées. Quant à moi, je n'ai rien à te raconter d'intéressant. Je ne suis pas du genre à faire confiance aux autres. Une façon de dire qu'elle n'avait pas vraiment d'amis, et encore moins un compagnon.


Dernière édition par Poussière de Roche le Dim 12 Mai - 12:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Ven 17 Mai - 19:56

« Pamplemousse »



Être solitaire est un choix. La solitude ne l'est pas.

Le mâle n'imaginait rien de plus beau que la mer, et même lorsqu'il l'avait vue il s'était dit qu'il s'agissait bien du plus beau spectacle qu'il ait jamais vu. Un spectacle, une simple représentation ephémère qui un jour changerait. Déjà il voyait des Bipèdes, au loin sur la plage qui construisait des sortes de cabane en bois où ils s'installaient provisoirement. Certains y étaient déjà. C'était la saison des feuilles vertes, l'été et tous se prelaissaient au soleil. Le soir de la tempête alors, ils avaient été surpris et Serres d'Aigle en avait presque rit. Cependant la moquerie fut de courte durée. Devant cette mer déchaînée, il se sentait face au Clan des Etoiles, tribu des ancêtres furieuse de le voir renié ainsi ses origines. Il avait crié, s'époumonant en racontant qu'il avait été banni, et non qu'il était partit. Ce fut une lutte entre lui et l'océan, une lutte qu'il gagna de peu, fatigué d'avoir hurlé comme un forcené. Oui il avait beaucoup perdu, et il avait un peu apprit. Mais la perte est grande, alors il peut dire que la récompense est bien maigre comparé à un amour perdu, oublié...

Alors certes on est libre, oui on fait ce qu'on veut quand on le souhaite. Mais que laisse-t-on derrière nous ? Bien plus de choses qu'on ne le croit, alors pour le solitaire, la vie qu'il mène actuellement es un piège fait de drogues envoûantes. Il est seul, seul contre tous, rejeté par les Clans et leurs guerriers comme un lépreux des villes. Ne voit-on que le mal dans des chats comme lui ? Sans doute parce que d'autres ont entâché ce nom. Solitaire solidaire. Balivernes. Personne ne l'aidait, et Poussière de Roche était la première à qui il parlait depuis longtemps...

J'imagine que ce n'est pas le paradis, oui.

Et elle n'imaginait pas à quel point ! Perdre mais également, oublier. A ses yeux c'était bien le pire dans cette soit-disant liberté. Un peu comme un prisonnier il était en liberté conditionnelle. Enfin, de son point de vue étrange qu'il ne parvenait pas à expliquer.

Je suis désolée pour ceux que tu as perdus. Tu ne les as pas revus depuis ?

Son coeur manqua un battement. S'il les avait revus ? Il n'avait même pas pris le risque de retourner sur les terres du Tonnerre, de crainte d'être taillés en pièces. Qui sait ce que sa famille d'origine pensait de lui désormais. Peut-être le voyait-on comme un fourbe et un meurtrier, et peut-être qu'au fond il était devenu comme ça, à son insu finalement... Il n'en savait trop rien et, les yeux dans le vague écouta la lieutenante de l'Ombre parler.

Je suis désolée si je t'importune de mes questions. Ce ne sont pas mes affaires, après tout. Quant à moi, je n'ai rien à te raconter d'intéressant. Je ne suis pas du genre à faire confiance aux autres.

La minette tigrée s'était levée, comme si en effet elle se sentait gênante, de trop. Enfin, il ne savait pas ce qu'il y avait dans l'esprit de la femelle et ne cherchait même pas à le savoir. Ce n'était pas ses affaires en plus.
Ainsi elle ne faisait pas confiance aux autres ? Un euphemisme pour dire qu'elle n'avait aucune relation plus que connaissance avec ceux de son Clan, ou même en dehors de sa tribu ? Seule elle aussi. En fait ils étaient un peu pareil. Un peu, juste un tout petit peu. Pas grand chose, mais déjà une grande force de caractère que de pouvoir faire face à la solitude, même quand on ne la veut pas.

- Non. Je ne les ai jamais revus. Ni eux ni personne. Je suis resté seul.

Il leva alors les yeux sur elle. Il se fichait un peu de revoir tous ceux de son Clan d'avant, il n'y en avait qu'une qu'il rêvait de rencontrer au détour d'un chemin dans la forêt, quitte à lui foncer dedans pour que cela se fasse. Un amour ne s'oublie pas comme ça, d'un claquement de doigt. Car même s'il en a perdu l'image, l'odeur et le son de la voix, il se souvient encore du goût de l'amour sur la langue lorsqu'il la voyait naguère. Rien n'a changé dans son esprit alors que dans la réalités les choses sont tant différentes de la donnée intiale !
Un sourire dansa à nouveau sur ses lèvres, malicieux comme s'il n'avait jamais eu à regrette ses actions passées, bien que ce soit presque le cas.

- C'est toi qui ne leur fait pas confiance ? Ou c'est eux qui ne font pas confiance à une lieutenante née à la Rivière ? Te font-ils tous confiance, Poussière de Roche ?

Même en espèrant une réponse, il était presque persuadé qu'elle éviterait la question, ou bien répondrait par une autre ou quoi que ce soit qui lui permettrait de passer à côté de l'interrogation du solitaire.
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MessageSujet: Re: Pamplemousse   Dim 3 Nov - 19:00

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